‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 4)Chapitre 31 sur 88 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

i94, (4 DÉCEMBRE 4 791) ASSEMBLÉE LÉGISLATIVE.

si ces exclamations n'étaient pas de véritables attentats contre la constitution, qui consacre et le droit de pétition, et le droit de censure des actes de législation et de gouvernement.

« M. Quatremère n'a gardé aucun ménagement, et, insultant à la fois, et aux pétitionnaires et à l'assemblée qui les avait applaudis, il a osé traiter leurs adresses d'adresses mendiées et dictées par l'aveugle esprit de parti, et les sentiments patriotiques qu'elles renferment d'encens et de tournures iwr fi des ; il a demandé la radiation de toutes les mentions honorables faites hier et avant-hier.

« M. Lacroix n'a pu contenir sa juste indignation; il s'est élevé avec force contre l'audace avec laquelle on voulait renverser ce qui avait été fait par une majorité si grande, que ceux qui réclamaient la question préalable n'osèrent se lever pour l'appuyer. « Une petite coalition, s'est-il écrié, espérerait-elle avoir aujourd'hui un succès qu'elle n'a pu obtenir hier? »

« La conscience de M. Chéron, l'un des chefs de cette iielite coalilion, lui a fait sur-le-cham[) à lui-même l'application de ces paroles, et il a demandé, mais en vain, que \\. Lacroix fut rappelé à l'ordre.

« Enfin, après de nouvelles déclamations «outre les adresses et leurs auteurs, la cabale a forcé l'assemblée de décréter que le secrétaire elTacerait du procès-verbal tout ce qui était relatif au veto.

« Mais ce succès ne remplissait pas les vues de la coalition, et elle s'en promettait un plus complet sur le procès-verbal d'hier.

« M. Grangeneuve en a fait lecture. Il était rédigé avec tant de réserve, que la chicane attentive et la mauvaise foi, déterminées à critiquer à quelque prix que ce fût, ont été obligées de se rabattre sur une observation dont nous avons même vu rougir plus d'un front ministériel. Le secrétaire disait qu'un grand nombre de citoyens des sections de Paris avaient réclamé contre la pétition du directoire. Le puriste M. Chéron a observé, avec une sagacité infinie, que l'expression n'était pas exacte; que le terme grand nombre était relatif; que cent personnes étaient un grand nombre dans un village, et que deux mille personnes étaient un petit nombre à Paris. 11 a judicieusement demandé que le secrétaire notât le nombre précis des pétitionnaires.

(( En applaudissant à ces importantes réflexions, M. Ramond a encore enchéri sur la proposition de son collègue, et il voulait que les noms des pétitionnaires fussent inscrits au procès-verbal.

« Ces deux motions, et surtout la dernière, ont excité un violent tumulte; on a sagement réclamé Tordre du jour. Mais ce n'était

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