‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 4)Chapitre 48 sur 88 · PARIS · texte numérisé non relu

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ne les faire rentrer qu'au moment où la disette était à son comble, proflter de ces instants de crise, pour les vendre à très-haut prix, et se faire encore un mérite de leurs manœuvres criminelles.

(( Seront-ce les corps administratifs, la municipalité? En général, l'intervention des corps dans les approvisionnements des subsistances est dangereuse ; ils ne peuvent tout au plus que les surveiller, venir au secours des approvisionnements, et jamais s'intéresser dans les actions. C'est à l'administration municipale des blés et farines que nous devons aujourd'hui l'embarras où nous sommes. Nos marchés déserts, l'état pitoyable de nos magasins qui ne recèlent plus que des farines avariées, tout nous atteste l'impéritie ou la mauvaise foi de ceux qui se sont arrogé le droit d'administrer cette partie.

« Qui pourra donc se charger des approvisionnements? Qui? Ceux que leur état y appelle naturellement : les agriculteurs et les boulangers. Qu'aux boulangers seuls il soit permis d'avoir des magasins; que les magasins soient limités et surveillés, de peur que les approvisionnements ne dégénèrent en accaparements, et qu'on exerce à leur égard une police sévère et éclairée. Les boulangers sont trèsnombreux à Paris ; il est donc moralement impossible qu'ils s'entendent pour opérer le mal. La manipulation des farines ainsi divisée en rend l'accaparement presque impossible et la circulation plus aisée. Si, dans le nombre, il se trouve des malveillants, ils seront dénoncés par leurs confrères, ne fût-ce que par ceux qui ont intérêt de se ménager la confiance du public : leur rivalité nous préservera du monopole, et, pour cette fois, nous aurons fait servir les passions des hommes à leur intérêt commun. Mais, dira-t-on, la plupart des boulangers ne possèdent ni numéraire, ni petit papier, et, supposé que l'approvisionnement leur fût conlié, ils ne pourraient pas y travailler; ceux qui possèdent les premières ressources achèteront toujours des blés, ils voudront faire valoir leur capital, et nous Serons toujours en proie aux deux fléaux du peuple : le monopole et l'accaparement. On peut encore remédier à cet inconvénient : que les fonds destinés par les corps administratifs pour les approvisionnements soient prêtés à ceux des boulangers qui manquent de crédit et d'argent : par exemple, qu'il soit confié à chacun d'eux mille livres ; qu'ils soient tenus à en rendre la moitié tous les huit jours : cette somme rentrant à des époques fixes, pourra servir à aider d'autres boulangers. Munis de ces secours, ils iront acheter des blés de meilleure qualité. Soumettez vos débiteurs à une comptabilité rigoureuse, et que, dans ce cas seulement, le prix de leur pain soit fixé de manière à ce qu'ils puissent y gagner, sans qu'il leur

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