TOMB VI
242 (novembre 1791) assemblée législative.
sôit possible de faire loiiriier ce bienfait au détriment du peuple : alors nous jouirons du bénéfice de l'administralion papale sur les grains. C'est avec ce moyen que les préfets de Home sont venus à bout de s'opposer à la progression du prix du pain. Le peuple s'en épouvante, la terreur double les fantômes; de là des troubles, des séditions, qui arrêtent toute communication; alors il faut avoir recours aux moyens extrêmes ; il faut faire des incursions, et rappelons-nous que ces démarches, coûteuses en elles-mêmes, ont contribué beaucoup, en 1789, à nous faire payer le blé une fois au double de sa valeur. » {Révolutions de Paris, n» CXVI.)
VOrateur du Peuple consacre la majeure partie de ses nuniéros de septembre, d'octobre et de novembre, à exciter les sections et à harceler Bailly. Il le peint au désespoir, réduit à se pendre avec son écharpe, afin d'éviter une reddition de comptes dont il sera sommé chaque jour plus catégoriquement, jusqu'à ce qu'il y ait fait droit ou jusqu'à ce qu'il se soit pendu. Dans le numéro XXI de son huitième volume, il prétend que « effrayée des suites funestes des délibération« des sections, la municipalité se prépare à rassembler dans une chambre de la ville tous les papiers relatifs à la comptabilité,, et, au moyen d'une insurrection, qui aura lieu à point nommé, elle se propose, aidée de cinq à six cents mouchards qui prendront les devants du peuple, et qui grimperont à la maison commune, de brûler tous ces papiers , après avoir repoussé ces mouchards qui auront l'air de fuir et d'effrayer le peuple. Ensuite, la réserve donnera et achèvera de le disperser. — ^ Voilà les comptes rendus et toutes les sections de la capitale jouées! Alors Bailly dira : Comment voulez-vous que nous rendions nos comptes? le peuple, injustement irrité, a brillé tous nos papiers. »
Au moment où Bailly donna sa démission, il fut nommé, par les électeurs, mefubre du directoire du département. Or, c'était au département à vérifier et à apurer les comptes de la municipalilé. Aussi Labenette se déchaina-t-il alors avec une véritable colère contre Siilvain Bailly, maire, qui rendra ses comptes à Sylvain Bailly, membre du directoire. Prudhomme lui-même, dans le ri° CXXII des Révolutions de Paris, commente ce texte, et y trouve une cause de nullité décisive pour l'élection de Bailly. On verra à quoi s'en tenu à l'égard de ces querelles, par un article de Peuchet que nous allons transcrire.
Cet article est une analyse du discours que Bailly prononça devant le corps municipal en donnant sa démission. L'apologie qu'il y fit de Vespionnage donna lieu dans ce temps à des commentaires de tout genre et aux insinnations les plus malveillantes sur les sommes con-