TOME VI. 2o
290 (29 NoviiMBHE 1791) assemblée législative.
que toutes nos démarclies tendent à assurer nos succès, et le projet
de décret se rapporte encore à ce but.
En effet, puisqu'il est démontré qu'il nous faut combattre, n'est-il pas de notre intérêt, quels que soient nos ennemis, quelles que soient leurs alliances secrètes, d'entrer dans la lice avec une fierté courageuse? Tout combattant qui montre de la crainte rehausse le courage de son adversaire et s'avoue presque vaincu ; mais celui qui le provoque avec fermeté, impose à l'ennemi, et la victoire, compagne du courage, se plaît à le favoriser.
11 s'agit, dans ce projet de décret, de demander au roi de parlei d'une manière impérieuse à ces petits princes d'outre-Rhin, qui ont la hardiesse téméraire de favoriser des rebelles. Ou les émigrés ne sont soutenus que par les petits princes, ou ils le sont par d'auties puissances. Dans le premier cas, ils sont si faibles qu'il faut faiie cesser bien vite des préparatifs dispendieux; dans le second, notre fermeté obligera enlin nos ennemis à paraître. Il sera plus avantageux de les forcer à se déclarer, que de les laisser paisiblement exécuter le plan (}u'ils méditent, et faire jouer leur mine dans le moment fatal marqué par leur politique. Et qu'on ne me dise pas qu'en réclamant avec fermeté des princes étrangers ce qu'exige le droit des gens, nous pouvons, par cette conduite, indisposer tout le corps germanique et provoquer l'agression des puissances redoutables. Non, ce que nous demandons, étant juste, ne changera rien aux résolutions des auties gouvernements : les résolutions sont indépendantes du décret que vous allez porter ; c'est l'intérêt et la politique qui les a inspirés, parce que ce sont eux qui règlent tout dans les cours.
C'est ainsi que, sous tous les rapports, les mesures pioposées me paraissent utiles; mais si elles sont approuvées par l'intérêt public, elles sont connnandées par la majesté nationale. Le Françîiis va devenir le peuple le plus marquant de l'univers : esclave, il fut intrépide et lier; libre, serait-il timide et faible? Traiter tous les peuples en fières, ne faire aucune insulte, mais n'en soulïrir aucune ; ne tirer le glaive que pour la justice, ne le remettre dans le fourreau qu'après la victoire; enfin, toujours prêt à combattre pour la liberté, toujours prêt à mourir pour elle, et à disparaître tout entier de dessus le globe plutôt que de se laisser réenchaîner, voilà le caractère du peuple français. (On applaudit à plusieurs reprises.)
Ne croyez pas que notre position du moment s'oppose à ce qu'on frappe de ces grands coups ; un peuple en état de révolution est invincible ; rélcndard de la liberté est celui de la victoire; le moment où le peuple s'entlamme pour elle est celui des sacrifices de toutes