‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 4)Chapitre 63 sur 88 · TOME VI · texte numérisé non relu

TOME VI

314 (décembrk 1791) assemblée législative.

nous imposeni,; ce qu'ils regarderont comme le résultat de noire anarchie. Maintenant quel que doive être Teffet de cette guerre, il faut nous venger ou nous résoudre à être Topprobre de toutes les nations; il faut nous venger en détruisant cette horde de brigands, ou consentir à voir perpétuer les factions, les conjurations, les incendies, et devenir plus audacieuse que jamais Tinsolence de nos aristocrates. Ils croient à rarmée de Goblentz ; c'est de là que vient l'opiniâtreté de nos fanatiques. Voulez-vous détruire d'un seul coiq) Taristocratie, les réfraclaires, les mécontents; détruisez Goblentz : le chef de la nation sera forcé de régner par la constitution, de ne voir son salut que dans rattachement à la constitution, de ne diriger sa marche que d'après elle. »

On demande l'impression du discours de M. Brissot ; M. Robespierre propose l'ajournement de l'impression jusqu'à la fin de la discussion ; après une assez longue discussion l'impression est ordonnée.

M. Danton. « Vous avez ordonné l'impression de l'excellent discours de M. Brissot, de cet athlète vigoureux de la liberté, de cet homme de qui nous attendons de si grands services et qui ne trompera pas nos espérances. Si la question était de savoir si en définitive nous aurons la guerre, je dirais : Oui, les clairons de la guerre sonneront; oui, l'ange exterminateur delà liberté fera tomber les satellites du despotisme. Ce n'est point contre l'énergie que je viens parler. Mais, messieurs, quand devons-nous avoir la guerre? N'est-ce pas après avoir bien jugé notre situation, après avoir tout pesé? n'est-ce pas surtout après avoir bien scruté les intentions du pouvoir exécutif qui vient nous proposer la guerre? Mais qu'il me soit permis, avant d'entrer en discussion, de dire que je soutiendrai mes principes. Le peuple m'a nommé pour défendre la constitution, et quelles qu'aient pu être mes opinions contre ceux qui en ont empêché l'étendue, je déclare maintenant que je ne défendrai le peuple, que je ne tracasserai ses. ennemis qu'avec la massue de la raison et le glaive de la loi.

« Qu'il me soit permis d'examiner la situation dans laquelle se trouve l'empire. M. Brissot paraît penser que toutes les puissances de l'Europe veulent se conduire d'après la combinaison sage qu'il leur prête ; il croit que les rois et leurs agents peuvent être philosophes. Si on eût dit avant la révolution que le ministère français, en allant toujours d'absurdités en absurdités, forcerait la liberté, vous auriez pu croire d'autres combinaisons à des hommes qui paraissent exercés dans l'art du gouvernement. Par cela seul que la combinaison défend la guerre aux rois, leur orgueil l'ordonne. Oui, nous

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