‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 4)Chapitre 69 sur 88 · I.A PRESSE SLR LA GUlînRR · texte numérisé non relu

I.A PRESSE SLR LA GUlînRR

bonds, riiez los autres peu|tler^, osoiuieiil nietfre les pieds sur nolro tiM're sacrée; vous savez... mais non, vous voulez faire triompher la cause des rois; vous voulez, en nous mellant en contradiction avec notre constitution, nous faire détester des peuples qui sont prêts à nous imiter. »

L'Orateur finit ainsi : « Je ne vous estime plus, monsieur Brissot. Dès aujourd'hui, je vous regarde comme un traître; vous avez trop d'esprit pour que je vous i)ardoime. Des hommes comme vous, qui ne marchent pas dans la bonne route, on peut dire hardiment qu'ils sont nés avec toutes les dispositions de mal faire. Vous m'avez trompé, mais vous ne me tromperez plus. Je vous observerai, non plus comme autrefois avec l'indulgence et l'espérance de l'amitié, mais avec l'œil de l'indignation qui me fera voir lous les replis de votre cœur. Pour sauver ma patrie... hélas! je serais moi-même mon propre bourreau! Oui... si je croyais qu'il pût jamais me venir dans l'idée de la trahir, je n'existerais pas deux heures. Tout homme qui aime la liberté doit être vertueux, et tout homme qui ment à sa conscience est un scélérat. Je vous donne la vôtre pour juge, et je vous condamne à la consulter deux fois par jour, si vous préférez l'honneur de vos concitoyens aux frivoles promesses de Louis Sanguinola. » [L'Orateur du Peuple, I. 9, n°XLVIIi.)

Prudhomme publia de longs articles contre la guerre offensive. Il inséra tout entiers quelques discours de Robespierre, et notamment celui prononcé le H janvier au club des jacobins. Il ne garde déjà aucune mesure envers Brissot. A l'occasion d'un débat ouvert h la législative pour savoir si quelques articles, destinés à compléter l'organisation de la haute cour nationale, tombaient sous la sanction, il y eut, le 9 janvier, des rassemblements sur la terrasse des Feuillants, d'où l'on fit entendre le cri : Point de veto! Brissot [Patriote français du 10 janvier) accusa ce mouvement de tenir à la liste civile. Là-dessus Prudhomme s'écrie : « Nous avons lu avec indignation , dans la partie du journal de M. Brissot rédigée par lui, que les patriotes rassemblés sur la terrasse des Feuillants pourraient bien être salariés par la liste civile. Ce langage n'expliquerait-il pas l'obstination du partisan effréné de la guerre? La liste civile dans les mains de ceux qui criaient point de veto! Ah ! monsieur Brissot, ceux qui ne voulaient pas du veto ne veulent pas non plus de la guerre offensive, w [Béimlutions de Paris, M« CXXXl.^

(décembih: 171)1) assembler Ltr.isiATivi:

CiiAP. IV. — Rapports de Montmorin et de Dc'ess.irt sur les réponses des puissances à la notification de l'acceptation de la coni^titution. — Discussion sur la demande de Narbonne. — Discours de Brissot. — Déclaration aux puissances étrangères par Condorcet. — Vote des fonds demandés par le ministre! — Création de trois armées. — Mesures militaires. — Office de l'empereur, du 21 décembre, déclarant que le maréchal de Bcnder a reçu ordre de i)ro'éger l'électeur de Trêves contre toute agression hostile. — Décret d'accusation contre les princes émigrés. — Olfices de l'électeur de Trêves annonçant la dispersion des émigrés. — Discussion entre Brissot et Robespierre à ce sujet. — Récoociliation momentanée.

Lfis questions, ou plutôt les matériaux soumis à l'examen des comités, étaient considérables. Le travail diplomatique exigeait à lui seul l'étude d'un grand nombre de pièces. Cette masse se composait d'abord de toute la correspondance annexée à un rapport de Montmorin du 51 octobre précédent, relative à la notification faite aux puissances étrangères de racceptation de la constitution par le roi. La plupart des cabinets étrangers n'avaient pas encore répondu à cette époque. On n'avait rien reçu de Rome, de Constanlinople, de Naples, de Portugal, de Venise, du Danemark, de Russie, de rélecteur de Mayence, de l'électeur de Cologne, de l'électeur Palatin, de Wurtemberg, de Bade, de Saxe-Gollia, des deux Hesses, de Mecklembourg, d'Anspacb, de Parme, de Florence, de Gènes, des États-Unis, de Malte, de Pologne et de Dantzick. Ce silence eût beaucoup abrégé le travail de la commission, s'il n'eût pas fallu examiner les motifs que Montmorin donnait pour l'expliquer. Évidemment, ce n'était pas une raison semblable qui avait eu accès sur un gouvernement comme celui de Rome et sur un État comme celui de l'Amérique du Nord. A Rome, disait-on, c'était parce qu'on n'avait pas d'agent accrédité ; .à Turin, c'était par suite d'une erreur de protocole; en Suède, on avait refusé de recevoir le paquet, etc. Après avoir étudié le silence, le comité était obligé d'apprécier, avec non moins de soin, les paroles. La réponse de l'Lspagne était seule fort claire. « Le roi catliolique, disait-on, ne sauiait se persuader que les lettres de notitication aient été écrites avec une pleine liberté pbysique et morale d'agir; jusqu'à ce que Sa Majesté puisse se persuader, comme elle le désire bien sincèrement, que le roi son cousin jouit réellement d'une pareille liberté, elle ne répondra pas à ses lettres, ni à aucune autre chose où l'on prendra le nom royal dudit souverain. » — L'empereur avait dit de vive voix à M. de Noailles : « Qu'il souhaitait la satisfaction du roi et de la reine; que tous les liens qui l'unissaient au

RAIM'OUT DIPLOMATIQIE. 553

roi le niollaietil iliins \o cas do dt-sirer l«^ inaiiilion de la bonne iiitelligoncp avoo la Fiance. » — l.a réponse dn roi d'Angleterre prêtait an moins à antani de commentaires que celle de Tempereur : « Nous avons reçu votre lettre ; nous y avons vu avec le plus grand plaisir les assurances de la continuation de votre désir de rendre de plus en plus inaltérables les liens qui existent entre nous, aussi bien que la justice que vous rendez à nos sentiments, et au vit' intérêt que nous ne cesserons jamais de prendre à ce qui vous concerne personnellement et au bonheur de votre maison et de vos sujets. » — Les assurances amicales contenues dans les réponses de la Prusse, de Télecteur de Trêves, de la Saxe, des Deux-Ponls et de Bruxelles étaient, comme celles del'Angleterre etplusencore, uniquement relatives au roi et à sa famille. Il n'y avait que la Hollande, la Suisse et le duc de Brunswick qui eussent envoyé des notes rédigées dans des termes satisfaisants.

Le rapport de Montmorin avait été terminé par des notes relatives au séquestre, apposé en Belgique, sur des biens appartenant à des couvents français, aux réclamations des bénéliciers espagnols possesseurs en France, et enfin aux Allemands possessionnés en Lorraine et en Alsace. Mais, il n'y était nullement question ni des notes circulaires de l'empereur, ni de la convention de Reichembach, ni de la convention de Pilnitz, etc., dont il a été parlé dans cette histoire. Celte omission fut plus tard reprochée à Montmorin comme un acte de trahison.

Delessart, qui avait succédé, ainsi que nous l'avons vu, à Montmorin, vint apporter, le 2i décembre, un supplément au rapport pi'écédent. Il lut les réponses des cabinets de Sardaigne, de Danemark, de Naples, de l'électeur Palatin, de Saxe-Teschen, de Hesse- Cassel, de Mecklembourg, de Wirlemberg, de Baden, de Venise, de Gènes et du Valais. A Texception de la dernière, elles ne contenaient toutes que des vœux pour le bonheur du monarque. Le même jour, Delessart communiqua l'oflice de l'empereur du 5 décembre, et enfin à la séance du 28 décembre, il lut la note de l'électeur de Trêves dont voici le texte :

« Le soussigné, ministre d'État et du cabinet, est chargé de son excellence sérénissime l'électeur de Trêves, de faire connaître à son excellence M. Vergennes, ministre plénipotentiaire du roi de France, que son altesse électorale a vu par les feuilles françaises que Sa Majesté s'est plainte, par un discours prononcé publiquement le U de ce mois, que ses démarches auprès de son altesse n'ont pas eu le même succès que celles qu'il a faites auprès de l'empe- !eur-ioi. Son altesse électorale a employt- toutes les niesmvs pour

"m^ (DfiCEMBRE 1791) ASSKMBLÉK LEGISLATIVE.

[railor los Français ivfumiés dans sps Étals ogalPiiirnl sur les mêmes principes d'après lesquels ils ont été traités dans les États d'Autriche. I/électeur ne croit pas d'après cela devoir être considéré comme un ennemi de la France. On a défendu les exercices militaires; les corps qui pouvaient porter de l'ombrage ont été dispersés et séparés, et il leur a été ordonné de quitter Télectorat ; il leur a été interdit toute communication hostile; ils n'ont ni fusils, ni canons; ils n osent recruter, et ils sont traités comme dans les provinces de Sa Majesté Tempereur-roi. Pour tranquilliser le roi sur les mesures hostiles qu'on pourrait craindre delà part des Français émigrés, son altesse électorale a même cru devoir prendre des mesures pour éloigner de ses États tout ce qui aurait une apparence militaire, afin de donner une nouvelle preuve de son respect et de son atlachement pour la personne du roi. Son altesse électorale prie M. le plénipotentiaire français de faire passer la présente déclaration h sa cour, » — A Coblentz, le 21 décembre 1791. — Si(jné : Le baron de Month. Et pour copie : Vergennes.

Cette communication était de nature à être favorablement accueillie, puisqu'il en résultait que les puissances étrangères s'occupaient de dissiper les attroupements d'émigrés. La législative, au reste, s'était empressée de donner, sous ce rapport, l'exemple des dispositions pacifiques. Par un décret du 21 décembre, elle avait ordonné de dissi[)er des rassemblements de réfugiés belges qui se formaient sur les frontières de France.

IVndant que les comités terminaient leur ti'avail sur les affaires diplomatiques et sur les dernières communications du roi et du ministre de la guerre, un autre projet était mis à l'ordre du jour. La question des émigrés était si immédiatement liée à celle de la guerre et à la situation diplomatique dont tout le monde se préoccupait, que l'assemblée accueillit avec faveur une proposition sévère, qui lui venait cependant du dehors et sous une forme trèsrévolutionnaire. En eflét, quoique le veto du 12 novembre ne permît plus un décret direct contre l'émigration, l'assemblée pouvait prononcer l'accusation individuelle contre les principaux émigrés, et les décrets de mise en accusation n'étaient pas sujets à sanction. Le 25 décembre, J. B. Louvet, parlant à la barre au nom de la section des Lombards, demanda l'accusation contre les princes én\igrés et la guerre contre les ennemis de la France. Isnard convertit cette demande en motion. Elle fut ajournée au 1" janvier. Le 29 décembre, l'assemblée statua sur le discours du roi et la demande de Narbonne.

DISCOURS -t)E BRISSOT. 555

Séance du 20 déce.mbre. — M. Gcnsonné propose, au uoin des comités diplomatique, militaire et do l'ordinaire des linances réunis, d'accorder les 20 millions demandés pour les préparatifs de guerre.

M. Brissot. Il est donc eniin arrivé le moment où la France doit déployer aux yeux de l'Europe le caractère d'une nation libre, qui veut défendre et maintenir sa liberté! De izrandes mesures doivent être prises, mais il faut les faire précéder d'une discussion calme et salutaire. Ileprésentants du peuple français, organes de sa volonté, dépositaires de son bonlieur, vous ne pouvez porter trop d'attention, trop de maturité dans l'examen de ces mesures; vous devez appeler toutes les lumières; vous devez vous en environner. C'est de l'or, c'est du sang des Français que vous allez disposer. Vous allez juger la cause des rois étrangers : montrez-vous dignes de cette auguste fonction; mettez-vous au-dessus d'eux, ou vous seriez au-dessous de la liberté. Vous aviez porté un décret contre les rebelles, le veto du roi en a suspendu retïet. Ces ennemis de h révolution ont continué leurs menaces et leurs rassemblements liostiles. Le pouvoir exécutif a continué son indulgence. Enlin, vous avez adressé un message au roi pour dissiper ces rassemblements. Le roi est venu vous annoncer qu'il allait faire des déclarations aux princes étrangers qui favorisent les rebelles, et prendre les mesures milibiires les plus propres à suppléer à ses déclarations, si elles ne sont point écoutées. Le ministre de la guerre vous a dit que trois armées, composées de loO,ÛOO bommes, seraient nécessaires ; il vous a demandé 20 millions pour les dépenses extraordinaires de cet armement. Voilà donc sur quoi nous avons à délibérer.

Avant d'accorder la somme demandée par le ministre de la guerre, il faut examiner si nous avons besoin d'une force considérable pour repousser les forces qui nous menacent. Il faut avoir sous les yeux le tableau de notre situation politique. Si nous avions la certitude de ne rencontrer sur le cbamp de bataille que nos cbevaliers errants , que les électeurs et quelques petits princes allemands, sans doute l'appareil d'une force imposante serait extravagant; 20,000 bommes suffiraient pour balayer ces attroupements de rebelles. Mais les émigrés ne peuvent-ils pas former une coalition avec les grandes puissances qui nous environnent? Cette coalition ne nous meltra-t-elle pas dans le plus grand danger? no nnvcrsera-t elle pas ntitre constitution? Voyons donc ce que nous avons à craindre des puissances étrangères. La révolution française a bouleversé toute la diplomatie. Quoique les peuples ne soient pas

556 (29 DÉCKMBKK 1791) ASSJiMIiLLE LÉGISLAilvr..

libres encore, les rois sont Ibrcés de conipler leurs vœux pour quelque chose.

Après ce préambule, l'orateur jette les yeux sur la carte de l'Europe, et cherche à i)rouver qu'il n'est pas une seule grande puissance à laquelle son intérêt ne défende d'entreprendre une guerre contre la France. En Angleterre, le gouvernement serait retenu par roi)inion publique, par Ténormité de sa dette et par les embarras des aiïaires de l'Inde. L'empereur est arrêté par les mauvaises dispositions de ses provinces des Pays-Bas et de la Hongrie, et par la gène des finances. La Prusse ne peut oublier ses vieilles rivalités contre la maison d'Autriche. « L'existence de la convention de Pilnitz empèche-t-elle, s'écrie Torateur, des rivalités attachées à la conservation des intérêts les plus chers qui régnent entre ces deux couronnes? » La Suède est sans argent et sans soldats; Gustave est en guerre avec son propre peuple. La- Russie menace, mais sans autre intention que de détourner rallention des autres puissances de l'Europe de ses propres projets.

Le monstre dont on vous menace, conlinue Brissot, a trop de tètes; il ne peut vous faire aucun mal : le guerrier dont l'épée sera teinte du sang d'un Français libre sera un objet d'horreur et d'indignation.

11 n'est peut-être pas un seul gouvernement qui, depuis la révolution française, n'ait cherché à adoucir le soit des peuples. Voyez l'Allemagne, qui a fait plusieurs lois pour soulager la classe indigente et qui n'oblige plus le cultivateur à semer ses grains pour les bètes fauves; voyez l'empereur, le roi de Danemark, le roi de Suède, la Russie, ne chercher qu'à prévenir l'influence de la révolution française, en rendant moins odieux le système féodal. Voyez la révolution qui vient de changer la face de la Pologne; là s'établit un nouveau foyer d'instruction qui propagera dans cette partie de l'Europe les principes de la liberté. Elle éclairera tous les hommes, et déjouera bientôt toutes les inirigues de leurs tyrans. La Pologne est bée, par un intérêt connnun, avec la France. On vend à Varsovie les staroslies sur lesquelles on a hypothéqué un papier semblable à nos assignats. La Pologne a, connue nous, ses révoltés, ses criminels de lèse-nation. Mais plus heureuse que vous, elle n'est point arrêtée par un veto du pouvoir exécutif, qui marche de front avec elle. (Une partie de l'assemblée et les tribunes applaudissent.) Tandis que nous nous occupions de la révolution de Pologne, à Varsovie un membre de la diète disait: « Les Français généreux voleraient au secours d< s Polonais opprimés, s'ils savaient que le mèm.c sentiment de la liberté nous cnnannue. Je manque-

DISLOLUS DK BUFSSOl. .)0/

rais à mon devoir, ajoulail-il, si je ne proposais à la dièle de i)ricr le roi de déclarer aux Ki'ançais qu'ayant le même intérêt à détendre, quoiqu'un immense inteivalle nous sépare, la liberté nous rapprochera. » Oui, sans doute, il se formera une sainte coalition entre les peuples pour conjurei- celle des tyrans.

On cherche en vain sur la carie de l'Europe quelle est la puissance que pouriait encore redouter la France. Voyez le roi d'Espagne (juise refuse aussi à croire à la stabilité des choses en France, ce roi qui a une marine considérable sans matelots, des voiles sans vaisseiux; des mines, mais point d'argent; des colonies, mais point de manufactures; des banques, et point de crédit. Tel estrétat paralytique de l'Espagne. (On applaudit.) Tel est encore Tétat de la Hollande, si grande, lorsqu'en son nom, un simple bourgeois commandait à l'Europe, si petite aujourd'hui qu'elle n'a ni la force de renvoyer les geôliers prussiens et allemands, ni le moyen de les payer. En vain, les plénipotentiaires de Piluitz et de Ualisbonne s'a"nteront-ils pour former un [larli puissant contre la iTance, leurs intrigues seront déjouées; ils ne feront que constater leur impuissance : il faut de l'or pour avoir des soldats, il faut des soldats pour combattre, et il faut un grand concert pour mener un grand nombre de soldats; les peuples ne sont plus disposés à s'épuiser pour des nobles.

Que résulte-t-il de là? qu'aucune puissance considérable no pourra nous attaquer; que, quoique la Suède, la Russie, l'Espagne, favorisent les princes émigrés, cependant elles ne se déclareront pas ouvertement contre nous. Mais s'ensuit-il que n us ne devions pas faire des préparatifs de guerre? Non; il faut montrer une grande force pour faire cesser la comédie que jouent les tètes couronnées. (On applaudit.) Il faut mettre fin aux terreurs dont ces hostilités nous environnent; aux discordes qu'elles favorisent dans l'intérieur du royaume. Enfin, il faut faire respecter partout, et la constitution, et le nom français, et la liberté de nos concitoyens que leurs alïaires appellent au dehors, et la liberté universelle dont vous êtes les dépositaiies. (On applaudit.)

.le le demande à la nation entière : (Juel est le citoyen qui, pour sauver sa vie, consentirait à quelque capitulation? (On applaudit.) Je ne vous parle pas du serment de fidélité que tous ont prêté à la constitution. Un serment n'est rien pour un lâche; mais celui qui sent profondément la dignité de son être, qui s'est élevé à la hauteur de l'homme, qui de cette hauteur a laissé tomber ses regards sur la tourbe des despotes, qui leur a juré une guerre éternelle, cet homme-là est prêt à saciilier sa vie plutôt que de rentrer sous le

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