JACOBINS. 3G
rt au iiiaiiilit'ii île la liltorlé. Je me croirais [leii ili|^iie de i'esliine de.s bons citoyens, si j'avais joué le rôle qu'on m'a prêté dans cet article. Ce qu'il y a de vrai dans ce récit, c'est qu'après un discours de iM. Brissot, sur l'invitation politique de M. Dussault, nous nous sommes embrassés cordialement aux applaudissements de toute lu société; il est vrai aussi que j'ai fait cette démarche avec d'autant plus de plaisir, que la discussion importante où nous avions embrassé des opinions diverses n'avait laissé aucune aigreur dans mon àme ; que je suis loin de regarder comme des querelles particulières, les débats qui intéressent la destinée du peuple, et où je n'ai jamais porté d'autre passion que celle du bien public. Aussi, loin de croire que le sort de la grande question qui occupe toute la Fi'ance, ou que mon opinion particulière peut être subordonnée en aucune manière aux mouvements de ma sensibilité et à mon aiïection personnelle pour M. Brissot, j'ai monté au même instant à la tribune pour manifester ce sentiment de la manière suivante :
« .le viens de remplir un devoir de fraternité et satisfaire mon cœur; il me reste encore une dette plus sacrée à ac(juitter envers la patrie. Le sentiment profond qui m'attache à elle suppose nécessairement l'amour de mes concitoyens et de ceux avec lesquels j'ai des alîeclions plus étroites ; mais toute alTection individuelle doit céder à l'intérêt sacré de la liberté et de l'humanité; je pourrai facilement le concilier ici, avec les égards que j'ai promis à tous ceux qui ont bien servi la patrie, et qui continueront à la bien servir. J'ai embrassé M. Brissot avec ce sentiment et je continuerai de combattre son opinion dans les points qui me paraissent contraires à mes principes, en indiquant ceux où je suis d'accord avec lui. Que noti'e union repose sur la base sacrée du patriotisme et de la vertu ; combattons-nous comme des honunes libres, avec franchise, avec énergie même s'il le faut; mais avec égards, avec amitié. » {Courrier des quatre-uin<jt-trois départements, n" du 25. )
CirAi'. V. — Rapport de Narbonne sur l'état des frontières. — Rétlexions de la l>rc;sKe sur ce rapport. — Rapport de Gensonné au nom du comité diplomatique. — Scène d'enthousiasme. — L'assemblée jure de maintenir la constitution. — Discussion sur le projet du comité. — Discours de Brissot, Dumas, Vergniaud, Ramond. — L'assemb'ée décrète qu'il sera déclaré à l'empereur qu'à défaut par lui de donner satisfaction avant le 1"" mars prochain, son silence sera considéré comme une déclaration de guerre. — Message du roi.
Sêax'.e dl' Il .lAWiKii. —Le ministre de la guerre, parti de Paris, comme nous l'avons dit, le 21 décembre, fut de retour le S janvier; le 11 , il se présenta à la barre et lut le i apport suivant ;
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56!2 (M JANVIER 179^2) assemblée législative.
M. Xarborme. Messieurs, avant de vous parler des résultuts de mon voyage sur Tétat des frontières et des dispositions du Tarniée, j'ai besoin de rendre en présence des représentants de la nation un témoignage éclatant au courage et au patriotisme des garnisons que j'ai visitées, et cette manièie de commencer le compte que je vous dois déjoue déjà bien des espérances.
J'ai été obligé de voyager rapidement ; mais l'empressement quont mis tous les chefs militaires à me donner les éclaircissements dont j'avais besoin a suppléé à l'indispensable célérité de mon voyage. J'ai dû me concerter avec les élus du peuple dans tout ce qui exigeait sa confiance : les corps administratifs m'ont secondé avec une bienveillance dont je ne peux être trop reconnaissant, et j'ai pu remarquer que le ministre du roi de la constitution trouvait dans les agents du pouvoir exécutif les mêmes égards et plus de zèle que dans le temps où la faveur obtenait ce qu'aujourd'hui l'intérêt pu blic commande.
Il m'était ordonné de restreindre l'objet de ma tournée pour la rendre plus utile : les affaires du département qui m'est confié ne me permettaient point de m'en éloigner longtem^is ; le but que je m'étais proposé, et que je crois avoir atteint, était de m'assurer de> dispositions des troupes.
Le roi m'avait permis, m'avait ordonné d'employer son nom (.{<• toutes les manières que je croirais les plus utiles : j'ai ajouté au respect que l'armée doit à l'assemblée nationale et au roi, en protestant de la réunion de leurs intentions et de leurs desseins.
Je vais soumettre à l'assemblée tous les détails qui importent à la connaissance de l'exacte situation de nos forces, et je garantirai I l'authenticité de ceux que je n'ai pu observer moi-même.
Il serait aussi téméraire qu'inutile de vouloir faire sur les fortifi- j cations du royaume un travail différent de celui que Vaubau et 1 après lui les plus grands ingénieurs ont consacré. i
Les fortifications des places dont j'ai pu juger par moi-même, j ainsi que celles dont j'ai recueilli et comparé les états de situation, présentent généralement des dispositions satisfaisantes. Il m'a été précieux de n'avoir sur jcette partie intéressante de nos forces qu';i applaudir aux mesures qui ont été prises, et presque toujours h confirmer celles qui n'étaient que projetées et dont le roi m'avait expressément ordonné de presser l'exécution : j'ai trouvé à cd égai'd de très-grands secours dans le résultat des comptes rendus au i| mois d'octobre dernier par les commissaires inspecteurs de l'artil- ^ lerie et du génie, nommés en vertu des décrets de l'assemblée constituante. Ma confiance a dû se raffermir encore lorsqu'à mon retour