TOMB VI
38 (octobre 1791) assemblée législative.
vis-à-vis de la royauté, un esprit d'Iiostilité dont la constituante n'avait pas donné d'exemples, ne tarda pas non plus à montrer aux ministres une méliance également excessive.
Le 6, un membre avait demandé que tous les ministres vinssent })résenter des rapports sur la situation de leurs départements à l'assemblée. Ils se présentèrent en efl'et h. la séance du 9, mais Duport- Dutertre, le ministre de la justice, qui portait la parole, demanda un délai de trois semaines pour présenter ces rappoits, les occupations nombreuses des ministres ne leur ayant pas permis jusqu'ici de préparer ce travail. 11 offrait d'ailleurs de donner à l'assemblée tous les renseignements dont elle pourrait avoir besoin. Celle-ci se montra très-peu satisfaite de cet atermoiement, et manifesta son mécontentement par des interpellations bruyantes. Le ministre de la guerre et celui des contributions, qui seuls étaient en mesure jusqu'à un certain point, furent ajournés à court délai. Le premier fut entendu en effet le M, le second le 12. Cotte méliance ne taida pas à engendrer une lutte dans laquelle nous verrons le ministère succondier.
L'assemblée était constituée; mais les grands travaux législatifs, financiers, etc., auxquels elle étaitappelée ne pouvaient être entrepris immédiatement, et ils ne le furent jamais. Les questions d'actualité, les questions de parti et enfin la question révolutionnaire s'emparèrent entièrement de son attention ; elles devinrent déplus en plus instantes pendant la durée de la session, et il ne resta pas de temps pour les travaux d'organisation. Nous résumerons dans une partie spéciale, placée à la fin de l'histoire de l'assemblée législative, les rares débats que l'assemblée consacra à ce travail. Deux grandes questions, celles des mesures à prendre contre les émigrés et contre les prêtres réiractaires, occupèrent la plupart des séances des mois d'octobre et de novembre. Puis vint la question de la guerre, qui pendant quelque temps marcba de front avec les deux premières. Les autres séances furent absorbées par les affaires des colonies, celles d'Avignon, des dénonciations diverses, les luttes ministérielles. De môme que l'assemblée constituante, la législative recevait chaque jour des pétitions, des adresses, defe députations. Bientôt elle fut appelée, comme son aînée, h faire acte de pouvoir exécutif. Au milieu de ces préoccupations, tout travail d'organisation devenait impossible. Les linances seules purent lixer de temps en temps l'assemblée. Mais ses premiers travaux, sous ce rapport, se bornèrent à la vérilicalion des caisses et des comptes des ministres et ;i des émi^sions d'assignats.
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