DÉMISSION DE LAFAYETTE
Cependant, le 21, on mettait à l'ordre du jour, daris la garde nationale, la démission de M. Lafayelte. Ce général, mécontent de la désobéissance qn'on lui avait témoignée, et plus encore de la conduite du roi dans cette affaire, ne voulait pas garder plus longtemps une position oîi il croyait que Tindiscipline de ses subordonnés ne lui permettait plus de déjouer les tentatives de la cour. Cette démission causa un très-grand mouvement dans Paris, et elle exerça une forte influence sur la bourgeoisie. Les bataillons de la garde nationale s'assemblèrent et décidèrent qu'ils iraient, en corps, solliciter leur commandant général de retirer sa démission. « Les bataillons de la garde nationale se sont assemblés l'après-midi, dit le Moniteur du 23 avril ; vingt-trois bataillons se sont rendus cliez M. de Lafayette ; à neuf heures du soir un grand nombre de bataillons y étaient en armes avec leurs drapeaux; d'autres, comme ils pouvaient, en sortant d'une assemblée. On l'a pressé avec les plus grandes instances, avec les plus touchantes expressions d'intérêt et de dévouement, de retirer sa démission. Un grand nombre de gardes nationales se sont ensuite transportées à la municipalité, accompagnées de flambeaux, et l'ont invitée à joindre ses sollicitations aux leurs. La municipalité, M. Bailly à la tète, est arrivée chez M. de Lafayette à onze heures. Elle s'est renfermée avec lui. Lfes appartements, la cour et une partie de la rue, étaient remplis de gardes nationales. On s'est retiré, il était minuit, et M. de Lafayette n'avait pas donné de réponse. A cette heure, quarantedeux bataillons s'étaient déjà rendus chez lui; hier matin il n'y avait pas encore de réponse positive... »
M. Lafayette, le lendemain, se rendit à l'assemblée de la commune, et après un discours où il déclarait qu'il refuserait toujours une fonction où on ne lui laisserait que la responsabilité sans lui donner le pouvoir de l'accomplir, il retira sa démission.
Pendant ce temps, conformément à l'arrêté de l'administration départementale communiqué à l'assemblée nationale, dans la séance du 19, les sections s'assemblaient et délibéraient. Ce fut celle du Théùtrc-Franrais qui imprima le mouvement à toutes les autres. Elle prit un arrêté qui fut rendu public et adressé aux quarante-sept sections. Les considérations en étaient fort détaillées et fort nettes. 11 y avait, entre autres, celle-ci, que « cette question était captieuse et par consé(juent malséante envers une ou plusieurs sections primaires de la nation, et en cette qualité, portions intégrantes du souverain : en ce que cette question double n'était cependant qu'une seule et même question, puisque l'affirmative ou lii négative, accordée à l'une ou à l'autre, ne tendait qu'à approuver