‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 5)Chapitre 27 sur 132 · SCISSION DANS LA GAUCHE · texte numérisé non relu

SCISSION DANS LA GAUCHE

:ulté d'être réélus à la législature suivante ; car, nul doute que le peuple, plein de confiance en eux, ne les eût nommés de préférence 1 des hommes nouveaux dans les affaires, et qu'alors leur influence sur leurs collègues n'eût maintenu les choses dans l'état où ils les ivaient placées. C'est ce que sentaient parfaitement les jacobins et es aristocrates : ils voyaient la constitution s'affermir si la réélec- .ion avait lieu ; ils redoutaient les talents et la popularité des conititutionnels, et jusqu'à l'habitude du respect dont on les entourait. -,es aristocrates savaient que les députés à la nouvelle législature «eraient nommés par les jacobins, et choisis dans la classe unique 3es démocrates les plus fougueux. Ils jugeaient que, privés de la considération personnelle dont jouissaient les membres de l'assemblée constituante, ils n'auraient ni les mêmes moyens pour faire narcher le gouvernement, ni la même force pour déjouer leurs inrigues. Les jacobins, par des motifs différents, avaient un égal inérêt à la non-réélection : ils étaient assurés des nouvelles nominaions. Déjà quatre à cinq de leurs plus chauds partisans réunissaient ;outes les voix. Ces hommes s'étaient ouvertement déclarés pour la

république Mais le succès de cette grande entreprise exigeait

[ju'on éloignât les membres de l'assemblée actuelle... Aussi les jacobins travaillaient-ils avec beaucoup d'activité à discréditer, dans l'opinion publique, Thouret, Chapelier, Desmeuiiiers, Duport, Dan- Jré, Bailly, Lafayette ; à quoi les aristocrates les aidaient avec un ^rand zèle, se flattant que, débarrassés des constitutionnels, ils auaient bon marché des jacobins.

« Thouret et les constitutionnels s'aperçurent de cet accord si Dcu vraisemblable des aristocrates et des jacobins. Ils le dénoncè- ■ent comme une alliance monstrueuse. Les uns et les autres ne irent que rire de cette dénonciation. Rewbel et Chapelier tentèrent ainement d'obtenir la parole... Le décret fatal fut emporté comme 'avait annoncé Beaumetz (par un mouvement). Les constitution- K'is, n'ayant pu empêcher le décret, cherchèrent à en diminuer les nconvénients en proposant des modifications dans la constitution le la future législature. » [Mémoires de Ferrieres, t. II, p. 280, 28o.) >jmme on le verra plus bas, les constitutionnels éprouvèrent encore un échec sur ce point.

Auisi, d'après le député de la constituante que nous venons de ;iter, le but du côté gauche, en volant la non-réélection, fut d'é- ■arter les constitutionnels, afin d'assurer la candidature des honines de son opinion ; et le but du côté droit fut de pousser la révoution à des excès, en ouvrant la porte de la législature aux ennemis Je la constitution. Il est probable aussi que quelques déiiutés vo-

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