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los forces qui sont en son pouvoir afin J'empêcher que les troupes qui se font la guerre dans le comtat Venaissin ne fassent aucune irruption sur le territoire de France ; 2" de réclamer tous les Français qui ont pris parti dans Tune et l'antre des deux armées, et de publier à cet effet une proclamation qui fixe un délai et accorde une amnistie aux militaires français qui rentreront dans le délai prescrit, et qui déclare déserteurs à l'étranger tous ceux qui ne rentreraient pas; 5" de faire poursuivre et punir comme embaucheur tout homme qui ferait en France des recrues, soit pour un parti, soit pour l'autre; 4° d'envoyer, suivant le vœu connu de toutes les parties intéressées, des médiateurs qui interposent les bons offices de la France entre les Avignonnais et les Comtadins , afin de les amener h la cessation de toute hostilité, comme un provisoire nécessaire avant de prendre aucun parti ultérieur relativement aux droits de la France sur ces pays. »
Voici comment Royou s'exprime sur cette affaire : « Après avoir repris quatre fois en un an l'affaire d'Avignon, après avoir au moins employé dix séances à cette discussion solennelle; après avoir protesté authentiquement la veille que c'était la dernière fois qu'on traiterait cette affaire, qu'on n'y reviendrait plus, qu'on allait la juger définitivement, irrévocablement; voilà qu'on nous ramène au point où nous étions il y a un an, il y a quatre mois : l'affaire est indécise, ajournée. » [L'Ami du Roi du 28 mai.) Royou ajoute en note : « Chaque séance coûte 30,000 livres pour les députés seulement; les frais de bureaux, commis, et autres accessoires qui sont immenses, vont bien à 10,000 livres. Ainsi dix séances employées à l'affaire d'Avignon pour ne rien décider font 400,000 livres volées à la nation. »
— Les affaires de Corse sont importantes. Elles nous apprennent comment la bourgeoisie d'un côté, le peuple de l'autre, comprenaient le rapport de la question révolutionnaire avec la question religieuse. Voici les deux pièces qui furent lues à la séance du 18 juin :
Lettre des administrateurs composant le directoire du département de l'île de Corse.
Porta, le^jjuinilQl. — C'est avec le plus vif regret que nous allons vous faire part de l'insurrection arrivée à Bastia. Les ennemis de la chose publique ont su allumer la torche du fanatisme pour soulever le peuiilc, lecpiel s'est déclaré solennellement rebelle à la loi. Nous avons l'hunneur de vous faire passer un exemplaire du procès-verbal dressé par les habitants de ladite ville, qui est un
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témoignage authentique de leur rébellion. Nous allons vous faire le récit de l'affaire telle qu'elle s'est passée. Les habitants de Bastia, auxquels nous en avions imposé par la force, lors de l'élection du nouvel évoque, avaient, pour quelque temps, caché leur dépit et étaient restes dans un calme apparent. Mercredi dernier au matin, ils prirent prétexte du jour des rogations pour faire une procession. Toute la ville intervint à cet acte apparent de religion : les moines, la corde au cou, les hommes et les femmes généralement allant nu-pieds, quelques-uns traînant des chaînes de fer, d'autres se donnant des coups sur le dos avec des lames de fer, et criant tous: Vive notre rdùjion! Cela suffit pour échauffer tous les es-r prits ; ce fut le signal do la révolte. Le lendemain, 2 du courant, des femmes fanatiques se portèrent dans la cathédrale, et voulaient placer les armoiries de M. Verclos, ci-devant évoque de Mariana et Accia, qu'on avait ôtées après l'élection du nouvel évêque du département. Los mêmes femmes se portèrent ensuite à la maison du nouvel évêque, enfoncèrent les portes pour entrer dans sa maison ; mais elles se retirèrent à la vue de quelques personnes armées qui étaient dans ladite maison. Dans le moment, elles se saisirent du mai qui avait été planté à la porte de l'évêque lors de son élection, le traînèrent à la marine et le brûlèrent. Tous ces actes préliminaires, qu'on peut appeler des fureurs sacrées, nous firent prendre des précautions. Le directoire du département s'assembla, pria la municipalité de s'assembler, lui écrivit et lui remontra que la tranquillité publique était en danger, et lui insinua de prendre des mesures pour arrêter tout désordre, sous peine de responsabilité.
Le corps municipal se rendit à la salle du directoire, et nous assura qu'il n'y avait rien à craindre. Ensuite le peuple se réunit en assemblée à doux heures de relevée. Prévoyant que le fanatisme du peuple allait éclater, nous eûmes recours à M. Roni, commandant les troupes de ligne en Corse, pour que la troupe fût sous les armes, et que les portes de la citadelle fussent fermées. Ce commandant, sous prétexte de se rendre le pacificateur du peuple, différa l'exécution de la demande (jue nous lui avions faite ; le peuple, en attendant, réuni, nous envoya une députation pour nous engager h. envoyer une députation de deux membres à la salle de l'assemblée. Nous nous refusâmes à cette proposition, protestant que nous ne pouvions adhérer à leurs demandes, qui n'étaient rien moins que conformes à la loi. La députation de l'assemblée se retira, et nonobstant nos protestations dressa le procès-verbal des demandes, que vous trouverez consigné dans l'acte de rébellion que nous vous
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adressons. Le peuple, après l'assemblée, se porta en grand nombre à la place de la citadelle. M. Roni, qui avait adhéré à notre demande, de faire mettre la troupe sous les armes, n'avait pas voulu se prêter à faire fermer les portes. Le peuple était par conséquent le maître de la citadelle, et il ne tarda pas à se porter à dos excès. Invité par le trompette, envoyé de la part de la municipalité, à prendre les armes vers les onze heures du soir, il s'attroupa autour de la maison de M. Arena, faisant fonctions de procureur général syndic, tira des coups de fusil aux fenêtres, et après s'être saisi de sa personne et de son fils, les firent embarquer tous les doux par force, sur un bateau, pour les porter en Italie, après leur avoir fait essuyer les insultes les plus outrageantes.
Le lendemain, la fureur populaire se tourna contre M. Panattieri, secrétaire général du département : le peuple, se portant en foule à sa maison, se saisit également de lui, et le fit embarquer avec M. Buonarotti, un dos commis au bureau du département. Nous devions nous attendre à de pareilles insultes ; et, pour les éviter, nous prîmes le parti de prendre la fuite, après en avoir délibéré entre nous, de nous réunir à la Porta, chef-lieu du district de ce nom. Nous primes, deux d'entre nous, le prétexte de nous promener, et sortîmes de la ville, d'un côté, MM. Gentdi et Pietri; de l'autre, M. Mathei s'embarqua, déguisé en habit de marinier. Nos confrères ne nous ont pas encore rejoints ; nous les attendons ici demain. Voilà le récit de la conduite scandaleuse des habitants de Bastia. Le général Paoli se trouve cà Ajaccio, nous l'attendons ici de retour dans peu de jouis. Après que nus confrères se seront réunis à nous, nous délibérerons sur les moyens de venger, tant qu'il dépendra de nous, l'insulte faite à la loi par ce peuple de rebelles. Nous espérons que le feu ne se communiquera pas dans l'intérieur du département; mais, en attendant, c'est le secours de l'assemblée nationale que nous implorons; et c'est à vous, qui êtes les représentants du département, à le solliciter auprès d'elle.
C'est la force de mer qui nous manque, et c'est précisément celte force maritime qui est nécessaire pour s'emparer de la ville. Nous nous Hâtions d'avoir assez de force de terre pour l'attaquer; et de concert avec la force de mer, nous espérons venger l'outrage fait à la loi, et donner en même temps un exemple qui en impose à tout le dépailement. Nous allons écrire par un baleau extraordinaire au directoire du département du Var pour faire changer la direction des bateaux do posie qui partent de Toulon ou d'Antibes, et pour les adresser ii Saint-Florent; nous avons pris même la précaution d'écrire au même direcloiic et au trésorier à Toulon, pour
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faire suspendre l'envoi de la somme de 410,000 livres que vous nous avez annoncée par le dernier courrier.
Les administrateurs composant le directoire du département de
Corse.
Signé, Pompé Paoli , Colonnat , Lacat , Jadei , Mastagli ,
commis-secrétaires.
Procès-verbal de l'assemblée générale des habitants de Bastia, cheflieu du département de Corse, tenue dans l'église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste de Terra vecchia, le 2 juin de Vannée de grâce 1791, et de la deuxième année de la liberté.
« La pluralité des habitants de cette cité, se prévalant des droits accordés par les décrets de rassemblée nationale concernant l'organisation des municipalités, après Tavis donné aux officiers municipaux, s'est rassemblée à l'elTet de délibérer sur diverses demandes à faire à l'assemblée nationale, principalement à l'égard de la détermination manifestée par ce peuple, de vouloir conserver intacte la religion de ses ancêtres, et l'obéissance absolue au saint-siége apostolique romain. Après que l'assemblée a eu de vive voix et provisoirement élu pour président M. Jean-Antoine Vidau, et pour secrétaire, M. Bonaventure Paggioli, plusieurs membres ont observé qu'il manquq^it à cette réunion MM. les officiers municipaux, et particulièrement les membres du directoire de département, alarmés par cette convocation qui n'a d'autre objet que la cause publique et le désir de faire de i-espectueuses remontrances aux législateurs de la patrie. En conséquence, et pour dissiper ces soupçons, il a paru nécessaire d'inviter les membres du directoire, les officiers municipaux et les autres bons citoyens, à se réunir à l'assemblée. Alors l'assemblée a député près d'eux MM. le prévôt Bajctta, le capitaine Aletta, Pierre-Antoine Guerucci, Jean Guaitella, César de Petriconui, etc.
Après le retour des députés, sont venus MM. l'abbé Batlaro, l'un des officiers municipaux, et l'abbé Semidei, procureur de la commune, lesquels ont recommandé à l'assemblée de procéder tranquillement et de manière à n'exciter aucun tumulte. M. César de Pelriconni, l'un des députés, portant la parole, a dit : « Les membres composant le directoire du département et le directoire du district de Baslia, se sont montrés sensibles à la confiance de l'assemblée, qui avait député vers eux pour les inviter à se réunir à elle. Ils ont témoigné le regret d'être en)pêcbés par la loi de se rendre à cette invitation ; mais ils assurent le peuple de Bastia que