‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 5)Chapitre 38 sur 132 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

L'assemblée décide que M. Bureau de Puzy reprendra le fauteuil.

M. Bureau de Puzij, occupant le fauteuil. Ce matin, M. l'abbé Raynal est entré chez moi. Il m'a prié de remettre à l'assemblée, sous forme de pétition ou de toute autre manière, un écrit signé de lui, que je n'ai pas eu le temps de lire alors. (11 s'élève des murmures dans l'extrémité de la partie gauche.) M. l'abbé Raynal, en me remettant la lettre qu'on vous a lue, m'a prévenu que, si elle n'était pas rendue publique dans l'assemblée par la voie qu'il me demandait, elle le serait par l'impression. Lorsqu'il m'a eu quitté, j'ai lu sa lettre : je n"ai pas dissimulé dans le peu de mots que j'ai dits... (Les murmures recommencent.) L'accusation de M. Rœderer, il vient de me le dire, porte sur ce qu'il prétend que j'ai dit à l'assemblée que l'écrit de M. l'abbé Raynal la blâmait des fautes quelle AVAIT commises. Or, j'ai dit, et j'en atteste tous mes voisins, que, dans la liberté de son style, M. l'abbé Raynal ne ménageait point l'assemblée sur les fautes qu' il cno\ ait qu'elle avait commises. Enfin, d'après l'annonce que m'avait faite M. l'abbé Raynal qu'il livrerait à l'impression cet écrit, d'après la réputation dont il jouit, j'ai cru remplir les fonctions que l'assemblée m'avait confiées, et me prêter à sa vraie dignité, en lui donnant connaissance de cet écrit dans toute son étendue. (On applaudit.)

On demande de nouveau à passer à l'ordre du jour.

L'assemblée décide qu'elle passera à l'ordre du jour.

— La lettre de l'abbé Raynal fut accueillie par un toile général de la presse révolutionnaire. Desmoulins en est aux regrets de n'avoir pas publié en son temps une lettre de l'abbé Rivés dans laquelle était démasqué l'auteur de Y Histoire philosophique. Ce mémo abbé Rivés lui écrit une nouvelle lettre à ce sujet, où l'on remarque la phrase suivante : « Thomas Raynal, par les fournitures qu'il a reçues de Diderot, s'est déclaré lui-même un citoyen insociable en biffant le dogme de l'immortalité de l'ànie, qui est le seul lien des sociétés policées. » Clootz, en un style détestable et bien digne du sujet, va jusqu'à accuser Raynal, dans une note du journal de Desmoulins, d'avoir tait le commerce de la féminine denrée : « Toutes les grandes tirades, ajoute-t-il, contre la superstition et le despotisme qui ont fait la fortune de r///>7o(/(; philuscphique, sont de Diderot. La lille de ce philosophe en possède le manuscrit. Bien plus, Diderot, qui craignait que le père putatif ne lui contestât sa paternité, a pris la précaution de faire reconnaître à l'illustre RajTial par-devant notaire la véritable filiation de cet ouvrage. »

On voit comment fut jugée la démarche de Raynal : ciiacuu TaC"

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