‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 5)Chapitre 43 sur 132 · TOME V. IS · texte numérisé non relu

TOME V. IS

Desmoulins. Le coinilé des recherches a dans les mains une lettre interceptée du jeune Capet d'Engliien, par laquelle il écrit à un autre écolier, ci-devant comte d'Espinchal, de se rendre à Worms, s'il veut prendre sa part à la grande révoliilion qui va sauver la France à la fin du mois. Si on joint MM. d'Artois, Condé et Bourbon, c'est quatre Capet que nous allons avoir sur les bras. A la vérité, nous avons aussi, aux Jacobins, un quatuor de Capets de la maison d'Orléans, avec lesquels nous pouvons faire face et partie égale... Condé a déjà autour de lui douze mille hommes, etc.. » Cet article était écrit pour prouver qu'il ne fallait pas opérer le licenciement des officiers attachés aux régiments; car « voudriezvous, continue Desmoulins, grossir encore les mécontents de quatre ou cinq mille officiers qu'on vous propose de mettre hors de votre camp? » [Révolutions de France, n° LXXX.)

Le successeur de Joseph II, disaient quelques semaines avant les Révolutions de Paris, a grande envie de reprendre l'Alsace et la Lorraine. — « On lit, continuaient-elles dans un numéro suivant, on lit dans la Gazette universelle une instruction envoyée par le pouvoir exécutif anglais à ses ministres dans les cours étrangères. C'est une boutade anglicane contre la révolution. On s'y plaint de ce que l'exercice de la souveraineté est entre les mains d'une nation qui vient de décréter que les traités faits avec les puissances étrangères seraient exécutés provisoirement, jusqu'à ce qu'elle puisse les modilier. On y prétend que le roi très-chrétien est dépouillé, et qu'il ne sanctionne que par la force les décrets de l'assemblée nationale. » (N° XCI.) Puis (n" XCII) on lisait une note qui annonçait que le roi de Sardaigne venait de demander à Louis XVI passage pour dix mille honuues qu'il fournissait au pape contre Avignon. — Enfin ce journal, qui était toujours celui qui avait le plus de lecteurs, inséra (n° XXVII) un grand article ayant pour litre : De la Guerre entre les peuples et les rois; mais ici il ne semble avoir qu'un but, celui de rassurer les esprits, Les rois, y dit on, détestent la révolution ; mais les peuples l'aiment, les Allemands aussi bien que les Espagnols ; ils y aspirent pour leur propre compte. Les rois prennent le parti de temporiser, en attendant que cette fièvre d'mde/3(?iic/ance soit passée. On n'a donc point à crahidre une guerre ouverte de leur part, mais une guerre de ruses et d'intrigues.

Dans le même teuqjs, on annonçait que le roi d'Espagne venait d'établir sur les frontières un coidon de troupes pour empêcher que la conlagion de l'esprit révolutionnaire ne passât les Pyrénées. Cette nouvelle était certaine, puis(|u'elle était consignée dans une lettre de rambussadeur d'Espagne, qui dénonçait cette mesure au mi-

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