‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 5)Chapitre 49 sur 132 · PARIS · texte numérisé non relu

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lements. Il n'y avait pas de jour qu'on ne reçût d'un lieu ou d'un autre la nouvelle de quelque tentative ou de quelque désordre provoqué par la question religieuse.' En général, les insermentés attaquaient l'opinion par des mandements et des brochures. Quelquefois ils prêchaient, lorsqu'ils avaient trouvé quelque asile où ils pussent réunir leur troupeau de fidèles. Le parti révolutionnaire procédait par des émeutes qui se terminaient souvent par des saisies et des autoda-fé de brochures, d'autres fois par des violences plus coupables. Ce fut dans cette période qu'eut lieu à Paris la seconde affaire des Théatins, que nous avons racontée page 35. 11 y en eut de semblables dans quelques autres villes. Les sœurs de charité, qui avaient conservé leur costume, furent insultées dans beaucoup de lieux. Ce fut à ce point que le ministre de l'intérieur écrivit une circulaire pour appeler sur elles la protection des autorités, et l'on trouve en effet un grand nombre de proclamations des départements, où ces attentats à la liberté individuelle et religieuse sont frappés d'un blâme énergique. Ces scandales faisaient craindre que l'assentiment des masses, dans beaucoup de provinces, ne se détournât des hommes révolutionnaires et n'envoyât à la législature des représentants mal disposés à maintenir l'œuvre de la constituante.

Par une coïncidence singulière, ce fut dans cette époque si peu favorable à la liberté religieuse des catholiques, que les juifs de Paris demandèrent à la municipalité l'autorisation de consacrer un local public à leur culte. (Voyez Moniteur du 11 juin.) Et, d'un autre côté, le peuple parisien, si intolérant pour les insermentés, se prêta parfaitement à une sorte de représentation préparée par l'abbé Gobel,dans laquelle celui-ci préluda, en quelque sorte, au rôle qu'il devait jouer plus tard.

Le 15, le 14 et le 15, il fit promener dans Paris une troupe d'enfants qui venaient de faire leur première communion. Ils marchaient dans un certain ordre sous la conduite de l'abbé Baudin, vicaire de l'évêque. On les mena au club des Jacobins. L'abbé Baudin monta à la tribune du club et parla en leur nom : « C'est, dit-il, à la lumière de votre philosophie que le Français catholique doit le bonheur de reconnaître un frère dans le Français d'un culte différent ; et, malgré les efforts des séditieuv intéressés à perpétuer l'erreur, vous avez mis au grand jour cette vérité sublime répétée tant de fois, mais en vain, par Voltaire, sous le règne des despotes :

« La vertu des humains n'est pas dans leur croyance. » [Journal des Débats des Jacobins, n° X.)

Enfin, pour terminer cette exhibition, le vicaire deGobel alla piéseuler à l'assemblée nationale son réjjimcnt de conununiants, qui,

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