TOME V
suivant Ferrières, se composait des enfants trouvés de Paris. Laissons parler le Moniteur,
Séance du jeudi 16 juin au soir. — M. Treilhard préside à la place de M. Dauchy.
Une députation des enfants de la paroisse métropolitaine de la ville de Paris, accompagnée par un détachement des vétérans et d'élèves de la garde nationale parisienne, est admise à la barre.
Vorateur de la députation. A peine sortis des mains de la religion, nous sommes accourus au milieu de vous pour vous l'aire rhommage du patriolisme religieux dont nos âmes sont pénétrées. Combien cette étonnante révolution doit exciter notre reconnaissance! nous qui étions prêts à sortir de cet âge heureux oii l'on ne connaît encore ni distinctions, ni honneurs, ni fortune ; nous qui, jetés dans le monde, allions être condamnés à Tinfamie de l'esclavage, et qui ne pouvions nous élever qu'à force de bassesses! Vous les avez confondus ces hommes orgueilleux et pervers dont l'ambition étudiait tous les moyens d'avilir le plus parfait ouvrage de la Divinité. Nous sommes libres; nous pourrons être vertueux. Grâces vous en soient rendues ! pères de la patrie, créateurs de la liberté ! Nous les conserverons, ces droits imprescriptibles de l'homme, que vous nous avez recouvrés avec tant de courage. Si vous avez eu la gloire de rendre libre la France entière, c'est à la génération naissante, c'est à nous de porter cette conquête jusqu'aux extrémités des deux mondes ; c'est la seule qui soit maintenant digne de nous.
Dieu, Liberté, voilà notre devise; bientôt elle sera celle de toutes les nations.
Jusqu'à ce jour, nous n'avons été que les enfants de la religion : si vous daignez nous adopter, nous allons être les enfants de la patrie; nous serons des hommes, nous serons des citoyens, et, certes, la patrie peut compter sur notre courage.
Jurons donc à la face du ciel et de la terre, par notre religion sainte qui nous prêche l'humanité, l'égalité, la tolérance, entre les mains de nos sages et innnortels législateurs, par ces intrépides vétérans qui nous conduiront à la victoire, en présence des élèves (on applaudit à plusieurs reprises dans la partie gauche) de l'espérance de la patrie, qui nous ont devancés dans la carrière du patriotisme; jurons d'être lidèles à la nation, à la loi et au roi. (Tous les enfants admis à la barre s'écrient : Nous le jurons.)
M. le président. Il est donc arrivé le jour où l'on conipte parmi les premiers devoirs celui de former de bons citoyens, le jour oîi l'on