TARIS
donne pour première leçon celle d'obéir aux autorités légitimes! Détracteurs de la religion, soyez témoins de son ouvrage! Et vous, qui cachez la passion qui vous dévore sous l'apparence trompeuse d'une fausse pi'Hé ; qui, cherchant à égarer le zèle religieux pour le tourner à la défense d'intérêts purement temporels, voudriez faire d'un Dieu de paix un Dieu de discorde et de carnage, apprenez enfin à le connaître, ce Dieu que vos sentiments et votre conduite ne pourraient qu'offenser !
Jeunes citoyens, n'oubliez jamais ce que vous venez de prononcer aujourd'hui. Humanité, égalité, tolérance, soumission aux puissances légitimes : voilà le véritable esprit de la religion.
Quel espoir peut rester désormais aux ennemis de la révolution, lorsque la généraiion qui va nous suivre suce, pour ainsi dire, avec le lait, l'amour de la constitution, de la religion et de la vertu; lorsque le feu du patriotisme embrase également tous les âges; qu'il n'existe plus d'enfance quand il s'agit de patrie, et que les glaces de la vieillesse se fondent et s'animent pour la défense de l'empire?
Vous méritez de partager la gloire des fondateurs de la liberté, puisque vous êtes prêts à répandre votre sang pour elle. L'assemblée nationale vous accorde les honneurs de la séance.
(La partie gauche applaudit à plusieurs reprises, demande l'impression du discours des enfants et de la réponse de son président.)
M. FoUeviUè. Personne n'ignore que la cérémonie enfantine dont nous venons d'être les témoins... (La partie gauche murmure et demande l'ordre du jour.) J'ai lu que, dans une assemblée célèbre, et que je respecte infiniment , on avait fait la répétition de la pièce que nous venons de voir... Pour qu'elle soit parfaitement semblable, au lieu de demander l'impression du discours du président de cette assemblée, je demande que vous fassiez imprimer celui du président du club des Jacobins... (Une vive agitation se manifeste dans toutes les parties de la salle. Plusieurs membres de la partie gauche sollicitt^nt à grands cris la parole. — La partie droite rit.)
M. l'abbê Maurij. Je m'oppose à la proposition de M. Folleville; il a eu grand tort de se servir d'une expression que je condamne. Ce n'est point une cérémonie enfantine dont nous venons d'être les témoins, c'est une cérémoriie puérile. (Les rires de la partie droite continuent.)
M. Chabroud. Je ne sais si toute l'assemblée a été h'appée connue moi du ton d'insolence que depuis plusieuis jtiurs... (La partie gauche applaudit. — Cinquante membres de la partie droite s'élancent au milieu de la salle, et menacent du geste la partie gauche.)
196 (juin 1791) ASSEMBLÉE NATIONALE.
M. Verthamont, pendant le tumulte. Ah! c'est ce j... f là
qui...
M. Cliabroud est à la tribune les bras croisés.
M. Foucault. Je demande à M. Chabroud qu'il s'explique, ou bien je déclare que je prends personnellement l'insulte qu'il a faite à ceux qui n'ont pas la même opinion que lui.
Le désordre s'accroît. — M. Alquier et plusieurs autres membi'es de la partie gauche font d'inutiles efforts pour obtenir la parole.
M. Dauchy, président de l'assemblée, arrive. — Il prend le fauteuil.
M. le président. Je rappelle à l'assemblée le silence très-profond que les amis de la liberté gardèrent, à pareil jour, et à quelques heures près, il y a deux ans...
M. Foucault. Les amis de la liberté n'avaient pas sans doute l'insolence de M. Chabroud.
Les membres de la partie droite restent en désordre au milieu de la salle.
M. Malouet. Je demande qu'on fasse justice de l'insulte...
M. le président. Il y a deux ans, à pareil jour, à pareille heure, on discutait dans l'assemblée, dite alors des communes, la proposition faite par M. l'abbé Sieyès de se constituer. Un grand mouvement régnait ; l'opposition était tumultueuse : le profond silence des amis de la liberté en imposa à ses ennemis. J'engage l'assemblée à se rappeler cette honorable époque, et à tenir la même conduite. (La partie gauche est calme. — Les membres de la partie droite se regardent.) On a fait la motion de fermer la discussion, je la mets aux voix.
La discussion est fermée.
M. Foucault. Je demande la question préalable sur l'impression des discours... La démarche dont vous venez d'être les témoins est le fruit de l'intrigue... Il est malheureux que des enfants qui ont été séduits... Je suis très au fait de ce qui s'est passé... Ils ont été séduits le jour de leur première comnmnion... (Un mouvement d'indignation se manifeste dans la partie gauche.) Je demande, pour l'honneur de l'assemblée, que ce qui vient de se passer ne soit pas consigné dans son procès-verbal... Ils ont fait un sacrilège... (Le soulèvement général de la partie gauche interrompt M. Foucault.)
L'assemblée ordonne l'impression du discours des enfants et de la réponse de son président.
L'approche des élections avait ramené la question du cens de l'électorat et de l'éligibilité. L'assemblée nationale recevait de nom-