FUITE DU ROI. — JUIN
Chap. I. — Derniers préparatifs de la famille royale. — État de l'opinion publique. — Police secrète. — Départ du roi. — Effet produit par cette nouvelle à Paris. — Séance de rassemblée du 21 juin. — Courriers envoyés dans les départements. — Proclamation au peuple. — Ministres mandés. — Décrets déclarés exécutoires sans avoir besoin de sanction'. — Explications données par Lafayette et Bailly. — Proclamation du roi. — Nouveau serment des ofaciers. — Gardes nationales mises en activité. — Séance des Jacobins du même jour. .— Accusation contre Lafayette.
CepenJant Louis XVI éprouvait chaque jour davantage le désir de rentrer dans le libre exercice de son autorité royale. En conséquence, il se préparait à quitter Paris pour se rendre au milieu de l'armée que le marquis de Bouille était chargé de réunir sous son conmiandement. La correspondance secrète, dont nous avons pu donner quelques extraits, était régulièrement entretenue, ainsi que nous l'apprend le général dans ses Mémoires. Il parait que les communications avec le baron de Breteuil et avec les cours étrangères n'étaient pas moins fréquentes que nous l'avons vu précédemment. Or, on savait par là, on savait d'un autre côté par l'ambassadeur d'Autriche, que tout était arrangé. Les rois d'Europe avaient promis leur appui pour soutenir une cause qui était aussi la leur, dès que le monarque pourrait le réclamer librement. Les troupes autrichiennes qui étaient dans le Luxembourg avaient reçu l'ordre de marcher à la première réquisition. Le roi de Suède, qui passait pour l'un des généraux les plus habiles de l'Europe et pour l'homme le plus exercé à manier les esprits dans les circonstances difficiles, était en route pour se rendre à Aix-la-Chapelle, où il devait attendre les événements. [Mém. de Bouille, p. 275.) La cour enfin se croyait si assurée du succès, que déjà on calculait (juelles seraient les exigences de la noblesse, et qu'on regrettait presque que le prince de Coudé efd. réuni autour de lui un corps assez considérable d'émigrés, dont on croyait pouvoir se passer et dont on craignait de payer trop cher le dévouement. Souvent la reine disait, assure