‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 5)Chapitre 75 sur 132 · MOUVEMENTS POPULAIRES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS POPULAIRES

jin^ièrent à se retirer. La plupart s'éloignèrent en elVel; mais parmi ces six dépiilés se trouvait un sieur Yirchaux, originaire de Neulchâtel. Ce personnage, dont on s'expliquait difficilement rintorvention dans une aiïaire toute française, tut retenu d'abord, puis relâché, et enfin arrêté dans la nuit. Ce fut la participation de cet homme à la manifestation dont il s'agit, qui fit plus tard accuser, ainsi que nous le verrons, les pétitionnaires d'être soudoyés par l'étranger.

La foule fut rapidement instruite de ce qui s'était passé à Fassemliiée. Alors, de son sein, s'élevèrent des cris et des menaces de toute sorte. Les députés furent hués à leur sortie, et s'ils n'eussent été protégés par une haie de garde nationale, les insultes dont on les chargeait se fussent peut-être converties en violence. P'errières dit (pi'un homme, ayant reconnu Ch. Lameth, s'élança sur lui un couteau à la main, et que le coup allait être porté, quand il fut détourné par un garde national.

La foule ensuite se dispersa ; une partie alla au champ de Mars, finis de là, ne sachant qu'y faire, au Palais-Royal ; une autre partie courut de théâtre en théâtre; et, comme si la décision del'assemhlée eiit été une calamité publique, elle intima aux directeurs l'ordre de faire relâche. Partout on lui obéit, partout les théâtres hu'ent fermés ainsi que le constate la pièce suivante :

Séance du corps municipal, ]^ juillet au soir. — a Le corps municipal étant informé par M. le maire et les administrateurs au département de police des mouvements qui se sont manifestés aujourd'hui dans les environs des Tuileries, de l'assemblée nationale et au Palais-Royal ; instruit que quelques particuliers se sont portés aux portes des spectacles, et qu'ils les ont presque tous fait fermer ; a arrêté que le commandant généi'al demanderait et ferait incessamment parvenir au corps municipal les motifs qui ont pu déterminer les conmiandants de chacun des postes à laisser pénétrer dans les spectacles, et à les laisser fermer. »

Pendant que le conseil municipal prenait cette décision, tout était encore en mouvement dans Paris. On délibérait au Palais-Royal ; on délibérait aux Jacobins. Cette société, dès ce jour, devint le point central de la résistance.

Club ('es Jacobins^ smnce du lo. — « Un membre dénonce un citoyen, pour avoir, ce matin, tenu dans une maison [larticulière, des propos grossièrement injurieux contre M. Robespierre. (Jette dénonciation produit un soulèvement général. Le citoyen accusé monte à la tribune et nie une partie de l'accusation. Sur le tout, la société arrête de passer à l'ordre du jour ; mais une partie de ceux

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