‹ Histoire parlementaire de la Révolution française (volume 5)Chapitre 82 sur 132 · FEUILLANTS · texte numérisé non relu

FEUILLANTS

furenl suivis par li^ comilé de correspondance des jacobins presque tout entier : ce comité était composé de trente membres; il n'en resta que trois aux jacobins. Enfin, le journal m^me des jacobins, le Journal de la correspondance des Amis de la Constitution, avec son rédacteur G. B. Feydel, se livra aux feuillants. Il leur appartint depuis le n° XXXV, c'est-à-dire depuis le 26 juillet, jusqu'au n» LI. Ce journal paraissait tous les mardis. On voit que la scission était redoutable et que les feuillants avaient toutes les chances de leur côté. Ils y mirent encore celle de l'activité. Dès le iH juillet, ils adressaient à toutes les sociétés affiliées des Amis de la Constitution, l'adresse suivante :

Adresse de la société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillants, aux sociétés qui lui sont affiliées. — « Frères et amis, une circonstance importante, dont nous avons jugé nécessaire de vous informer sur-le-champ, nous a obligés de prendre hier (15 juillet) l'arrêté dont vous trouverez ci-joint copie. Son objet principal est de ramener la société des Amis de la Constitution de Paris à sa formation originaire et primitive; de lui assurer les avantages que les députés ses fondateurs avaient eus en vue en la formant; de conserver à cette institution la destination utile de préparer les travaux de l'assemblée nationale; de s'y borner h discuter les questions, sans rien arrêter par les suffrages; de propager les lumières; de servir de centre commun aux opinions constitutionnelles; enfin de donner dans la capitale l'exemple, si glorieusement imité depuis dans toutes les parties de l'empire, de la plus entière liberté d'opinion lors de la discussion des projets de loi, mais du plus profond, du plus inaltérable respect pour les lois faites.

« Ces principes ont été religieusement observés aux jacobins, jusqu'au moment où, étant deVbîuie extrêmement nombreuse par l'admission de personnes étrangères, même à l'empire, cédant à des influences exagérées, elle a combattu ouvertement les principes constitutionnels, s'est portée à des actes en opposition directe avec (les décrets rendus, et s'est, par là, entièrement écartée ile l'esprit de son institution.

« Dans ces circonstances, pénibles sans doute, les députés de l'assemblée nationale fondateurs de cette société, n'écoutant que leur devoir, et fidèles au titre d'Amis de la (Constitution, n'ont cru avoir d'autre parti à prendre (pie de se réunir aux F'euillants, auprès de l'assemblée nationale, et de s'y rassembler sous la présidence du même député qui avait obtenu les suffrages dans la société des Amis de la (]onstilulion, séante auv .lacdlmi^^.

idS (JUILLET 1791) ASSEMBLÉE NATIONALE.

« Ils ont conservé pour secrétaires et pour membres du comité de correspondance ceux de leurs collègues qui Tétaient aussi dans la société des jacobins, et les ont cbargés de continuer avec les sociétés des Amis de la Constitution affiliées, les relations fraternelles bf intimes qui ont existé jusqu'à ce moment, et dont l'interruption, ne r?it-elie que momentanée, serait, dans les circonstances actuelles, ti ut à la fois contraire au vœu des vrais amis de la constitution et nuisible à la cbose publique,

« No.is espérons, frères et anîis, que cette communication franche dr/ nos démarches, de nos sentiments, que cette déclaration authe/itique de notre dévouement inaltérable pour une constitution que vous avez si utilement servie, établira entre nous des relations pl^ intimes que jamais, que nous nous ferons un devoir d'entre- .tenir, et qui nous assurera de nos droits à votre estime.

« Signé : Bouche, présid.; Salles, F. P. N. Antoine, secrétaires.

« P. S. Vous voudrez bien nous adresser vos lettres à la société des Amis de la Constitution, séante aux Feuillants, rue Saint- Honoré. »

L'arrêté dont il est parlé dans cette lettre portait qu'il serait fait un scrutin préparatoire pour écarter de la société les étrangers connus pour ne pas professer sa doctrine. Les courriers extraordinaires dépêchés par Delessart pour l'envoi dans les provinces des décrets des 13 et IG juillet, distribuèrent aussi l'adresse des Feuillants. Plusieurs sociétés des départements, notamment celle de Tulle, en instruisirent les jacobins. Elle disait qu'étonnée de cette alliance et soupçonnant au ministre le projet de surprendre les affiliations, non-seulement elle resterait unie aux jacobins, mais qu'elle venait d'écrire à plusieurs sociétés du voisinage, afin de les avertir de ce piège. [Journal des Débats des Jacobins, n° XXXIIL) Nous trouvons dans le n" XXXIV du même journal une raison qui explique pourquoi les feuillants reçurent pendant le mois de juillet plus de lettres que les jacobins. Au commencement de la séance des jacobins du 29 juillet, le secrétaire s'étant plaint que l'on interceptait la correspondance, il n'avait reçu la veille que cinq à six lettres, M. Hyon émit des plaintes semblables, et les justifia ainsi: « La plupart de vos paquets, dit-il, partent sous le couvert de l'assemblée nationale ; comme vous n'avez pas beaucoup d'amis de ce côté, il en résulte (]ue vraisemblablement il n'y a pas une grande exactitude : d'ailleurs les sociétés affiliées ont arrêté de ne pas recevoir de lettres non aflranchios. Souvent des sociétés nous écrivent sous le cdu-

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