FEUILLANTS
vtM't do l'assemblée naiionalo ; et ces lettres ne parviennent pas exactement, surlont depnls qu'un membre des feuillants a prescrit à la poste de remettre aux Feuillants les lettres adressées aux Feuillants, et aux Jacobins celles adressées aux Jacobins; mais de remettre aux Feuillants, comme à la société-mère, toutes celles adressées simplement aux Amis de la Constitution, sans désignation de local. »
— Grâce à ces manœuvres, grâce surtout à la difficulté de décider entre deux sociétés dont l'une ne contenait plus que six membres du côté gauche de l'assemblée nationale, tandis que liiutre en réunissait la majorité ; les sociétés affiliées appelées à se prononcer et à choisir en quelque sorte le pouvoir qu'elles reconnaîtraient, se partagèrent entre trois avis : la réunion, l'adhésion aux feuillants, l'union avec les jacobins. Beaucoup s'abstinrent tout à fait et attendirent. Parmi celles qui se prononcèrent, la très-grande majorité (quatre-vingt-une) fut pour la réunion des deux clubs, pour l'anéantissement de la scission. Quarantc-ciiiq adhérèrent aux feuillants; vingt et un aux jacobins. Mais ces dispositions ne tardèrent pas à changer. D'abord, les sociétés qui, dans leur hésitation, s'étaient prononcées pour la réunion, retournèrent en détinitive aux jacobins. Puis les feuillants perdirent de leurs adhérents à mesure que leur ligne de conduite s'éloigna davantage de celle de l'ancien club. Ils Unirent par être complètement abandonnés, comme nous le verrons plus tard.
Feydel défendit vivement, dans son journal, le nouveau club. 11 n(»us apprend, dans un de ses articles, que usur deux mille quatre cents membres dont se composait la société des Amis de la Constitution, dix-huit ù dix-neuf cents s'étaient retirés, qu'un tiers d'entre eux avaient passé aux feuillants, et que chez ceux-ci le nombre des récejilions augmente chaque jour. »
Ce résultat cependant était loin d'être satisfaisant, et la majorité du côté gauche n'aurait pas eu sujet de s'en d'applaudir si elle eût dû compter unicpuMuentsur l'appui des sociétés populaires ; mais les corps constitués, les autorités administratives n'hésitèrent point comme celles-ci. Ils envoyèrent de nombreuses adi'esses de félicitation à l'assemblée nationale. Toutes les séances de la lin de juillet commençaient jiar des lectures de ce genre. Brissot soutenait, il est vrai, qu'elles avaient él/; rédigées à Paris et copiées dans les départements. Il insinua même qu'on avait soin de lire seulement celles qui étaient liivorablcs au système suivi. Cette insinuation est peut-êlnî erronéfî; au moins est-il vrai que qutdqnes exceptions furent faites; car on lil Icihiic de plusieurs adresses qui n'élaieul
TOMK V. iO
■170 (JUILLET I7!)l) ASSE.MIîLKE .NATIONALE.
rien moins qu'af^réaijles à entendro pour i'assêiiibli'e: eiilri' aulros de eoUe-oi, la plus éiiergiquo do toutes :
{( Pétition à l'assemblée nationale, par les citoyens libres de la ville de Clermont-Ferrand , cltef-lieii du département du Puy-de-Dôme^ le 19 juillet \-S)\.
« Messieurs, vous avez, l'année dernière, fait espérer à la nation, par votre décret sur les assemblées administratives, de convoquer le nouveau corps législatif à une époque très-rapprocliée.
« Votre comité de constitution annonça, il y a plusieurs mois, dans votre assemblée, que le li juillet la constitution serait finie.
« Enfin, après avoir fixé définitivement, par un décret, au -^juillet la convocation des assemblées électorales, vous les avez depuis suspendues.
« Trois fois Tespoir de la nation a été déçu, et elle ignore le terme où son sort sera fixé; et cependant des factieux menacent d" déchirer leur patrie et de renverser Tédilice de notre liberté.
« Il est temps, messieurs, que le peuple exerce sa souveraineté, et vous fasse connaître sa volonté. Nous avons déclaré la nôtre par deux pétitions du li juillet; nous en réitérons ici les principes, les sentiments et les résolutions.
« Et comme les dangers de la patrie sont encore plus pressants, il est de notre devoir de vous déclarer, messieurs, que si, dans la quinzaine, votre décret qui suspend les assemblées électorales n'est pas révoqué, nous emploierons les moyens que la loi donne à un ])euple souverain pour parvenir à cetle convocation. »
« Délibération des citoyens de la ville de Clet mont-Ferra)ul , du mardi, i9 juillet 1 79 1 .
« Les citoyens de la ville de (llermont-Ferrand, consternés du décret rendu par l'assemblée nationale, le lO du piésent mois d(^ juillet, mais persuadés qu'un respect conslani pour la loi est le seul moyen de préserver la France de fanarcbie et de maintenir la liberlé, déclarent qu'en obéissant provisoirement à ce décret, ils ne cessent d'en réclamer la révocation.
« Ils font des remerciments publics à M.M. Pétion, Robespierre, Grégoire, Buzot, Varnier, Camus, et autres députés qui ont constamment et généreusement soutenu les bons principes ; ils remercient pareillement la société des Amis de la Consjilution séante aux Jacobins i\c Paiis, et les autres sociétés IViilernelles. icmii- rén(Mgii'
DKl'ARTEMii.MS. ÎTl
l'I le [jalriotismc qu'elles ont iiuiuifebU-s (kiiis celte eireuiiitaiice (trayeuse.
« Ils ont iiuiiiîTié M. Bancal Desissard leur dépulé, pour réitérer ces renieicîments, demander la révocation de ce déci'et, suivre l'effet de leurs pétitions, demander et obtenir la convocation prochaine des assend)lées électorales, et faire tout ce que son patriotisme luiinspireia pour le maintien de la liberté et des droits sacrés et inaliénables de la nation l'rançaisc. »
Réflcxtuns de Brissot. « M. Biauzat, député d'Auvergne, en entendant cette adresse, ne pouvant retenir sa colère, a invectivé personnellement M. Bancal Desissard, député extraordinaire, porteur de cette adresse énergique, qu'on avait refusé d'admettre à la barre, (ie procédé, d'antant plus làcbe que M. Desissard ne pouvait se défendre, a été généreusement soutenu par M. Lavigne. Enfin, qui le croira? M. Biauzat a eu le crédit de faire renvoyer cette adresse, comme criminelle, au comité des reclierches.
« Une adresse travestie en crime ! une adresse où l'on réclame les droits du peuple! une adresse qui est accompagnée de dix autres semblables, et de cent autres, peut-être, qu'on ensevelit dans les comités! Et voilà comme on surprend tous les jours l'assemblée ! »
Dandré, dont Brissot ne parle pas, donna aussi, à la tribune, son avis sur ces adresses. 11 déclara que toute rébellion de la minorité contre la majorité étant une fttrfaiture, on devait punir de la décliéance ceux qui s'en étaient rendus coupables. Sa motion fut renvoyée au comité de constitution.
Le lendemain, 2'.), Bancal écrivit une longue apologie à l'assemblée nationale. 11 d(!mandait justice et réparation, poui' ses concitoyens et pour lui, de l'injure que leur avait faite Biauzat. L'assemblée ne s'occupa fias de cet objet. Bancal lit imprimer sa jjétition à un grand nombre d'exemplaires ; et le 51 , à la tiibune des .lacobins, il pria cette société d'en accepter cinq cents pour elh;, cl d'en envoyer cinq cents autres à ses affiliés. Sur les observations de l'abbé Royer, on ajourna la dernière partie de cette demande. {Journal des Débats des Jacobins, no XXXV.)
472 [(JLILLET 17'Jlj AbSJliMBl.Cli ^AilUJNALli.