ACCEPTATION DE LA COXSTITITIO.V
d»' la volonté do Louis XVI : ce principe a déjà été reconnu hautement dans cette assemblée. Ce n'est point assez ; il faut encore y croire sincèrement, et l'observer avec iidéiité. Je ne doute pas que Louis XVI ne l'accepte avec transport. Le pouvoir exécutif tout entier, assuré comme un patrimoine à lai et à sa race ; le droit d'arrêter les opérations de plusieurs assemblées nationales CG.^sécutives; la faculté de les diriger par la proposition des lois, qu'il peut rejeter lorsqu'elles sont faites; par l'inlluence de ses ministres, admis au sein du corps législatif; un empire absolu sur tous les corps administratifs devenus ses agents; le pouvoir de régler les intérêts et les rapports de la nation avec les nations étrangères; des armées innombrables dont il dispose; le trésor public, grossi de tous les domaines nationaux, remis en ses mains... (Il s'élève de violents murmures.) Ce ne sont pas là des calomnies, c'est la constitution : (piarante millions destinés à son entrelien et à ses plaisirs personnels, tout m'annonce qu'il n'existe point dansi'Élatde pouvoir qui ne s'éclipse devant le sien; tout me prouve que nous n'avons rien négligé pour rendre la constitution agréable à ses yeux. Cependant, comme il est quelquefois dans le caractère des monarques d'être moins sensibles aux avantages qu'ils ont acquis qu'à ceux qu'ils croient avoir perdus, comme le passé peut nous inspirer quelque défiance pour l'avenir, ce n'est peut-être pas sans raison que nous nous occupons de la manière de lui présenter la constitution. C'est là sans doute le motif qui a déterminé le comité à nous présenter comme le sujet d'un problème une cbose si sinqile au premier coup d'œil. Pour moi, je le résous facilement par les premières notions de la prudence et du bon sens. Tout délai dans ce genre ne serait bon qu'à prolonger de funestes agitations, à nourrir de coupables espérances et à seconder de sinistres projets. .le crois donc que c'est à Paris qu'il faut présenter la constitution à Louis XVI, et qu'il doit s'expliquer sur cet objet dans le plus Court espace de temps possible; je ne vois aucune raison, même spécieuse, qui puisse justilier la proposition de le faire partir pour la lui présenter ailleurs; je ne comprends pas même le mol liberté ou de coutruinte appliqué à cette circonstance; je ne conçois pas comment l'acceptation de Louis XVI pourrait être supposée avoir été forcée; car la présentation de la constitution pourrait être traduite en ces mots : La nation vous offre le trône le plus puissant de l'univers; voici le titre qui vous y appelle, voulez-vous l'accepter? Et la réponse ne Ipeut être que celle-ci : Je le veux, ou je ne'le veux
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aOi (I" SEPTEMBRE 1791) ASSEMBLER NATIONALE.
(lire : Je ne veux pas être roi des Françiiis? Quelle raison de supposer que le peuple ferait, \iolence à un homme pour le forcer à être roi, ou pour le punir de ne vouloir plus l'être. Eh! dans quel Hou de l'empire peut-il être plus en sûreté qu'au milieu de la garde nombreuse et lidèle des citoyens qui l'enviionnent? Le serait-il plus dans une autre partie de la France, sur nos frontières ou dans un royaume étranger? Ou plutôt si ailleurs il se trouvait entouré d'hommes ennemis de la révolution, n'est-ce pas alors que l'on pourrait feindre avec plus de vraisemblance que sa résolution n'aurait pas été libre? Mais que signifient ces bizarres scrupules sur la liberté de l'acceptation d'une couronne? C'est le salut, c'est la sûreté de la nation qui doit être seule consultée. Or, vous permet-elle de désirer que Louis XVI s'éloigne dans ce moment? Avez-vous des garants plus certains de ses dispositions personnelles, de celles des hommes qui l'entourent, qu'avant le 21 juin dernier? Ces rassemblements suspects dont vous êtes les témoins, ce plan de laisser vos frontières dégarnies, de désarmer les citoyens, de semer partout le trouble et la division, les menaces de vos ennemis extérieurs, les manœuvres de vos ennemis intérieurs, leur coalition avec les faux amis de la constitution, qui lèvent ouvertement le masque, tout cela vous invite-t-il à rester dans la profonde sécurité où vous avez paru plongés jusqu'à ce moment? Voulez-vous vous exposer au reproche d'avoir été les auteurs de la ruine de votre pays? Le danger fût-il moins réel qu'il ne le paraît, au moins la nation le craint; les avis, les adresses, qui vous sont envoyés de toutes les parties de l'État, vous le prouvent. Or, ce n'est point assez de ne pas compromettre évidemment le salut de la nation ; il faut respecter jusqu'à ses alarmes; il faut nous rassurer nous-mêmes contre un autre danger qui n'est point douteux; il faut nous prémunir contre tous les pièges qui peuvent nous être tendus, contre toutes les intrigues qui peuvent nous obséder dans ce moment critique de la révolution; il faut les déconcerter toutes, en élevant dès ce moment entre elles et nous une barrière insurmontable, en ùtantaux ennemis de la liberlé toute espérance d'enlamer encore une fois notre constitution. On doit être content, sans doute, de tous les changements essentiels que l'on a obtenus de nous; que l'on nous assure du moins la possession des débris qui nous restent de nos premiers décrets. Si on peut attaquer encore notre constitution, après qu'elle a été arrêtée deux fois, que nous resle-il à faire? Reprendre'ou nos fers ou nos armes. (On applaudit dans l'extrémité de la parlie gauche. — Le reste de la salle murmure.) .le vous prie, monsieur le président, d'ordonner à M. Duport de ne pas m'insnl-