DERNIÈRE SÉANCE
loyauine, jemploierai tout ce que j'ai reçu par elle de forces et de moyens pour assurer aux lois le respect et Tobéissance qui leur sont dus.
J'ai notifié aux puissances étrangères mon acceptation de cette constitution (vifs applaudissements), et je m'occupe et m'occuperai constamment de toutes les mesures qui peuvent garantir au dehors la sûreté et la tranquillité du royaume. Je ne mettrai pas moins de vigilance et de fermeté à faire exécuter la constitution au dedans, et à empêcher qu'elle soit altérée. (Applaudissements, cris de Vive le roil)
Pour vous, messieurs, qui avez montré un zèle infatigable dans vos travaux, il vous reste encore un devoir à remplir, lorsque vous serez dispersés sur la surface de cet empire : c'est d'éclairer vos concitoyens sur le véritable esprit des lois que vous avez formées pour eux (nouveaux cris, nouveaux applaudissements) ; d'y rappeler ceux qui les méconnaissent (applaudissements) ; d'assurer, de réunir toutes les opinions par l'exemple que vous donnerez de l'amour de l'ordre et de la soumission aux lois. (Nouveaux cris et applaudissements.)
En retournant dans vos foyers , messieurs , vous serez les interprètes de mes sentiments auprès de vos concitoyens. Dites-leur bien à tous que le roi sera toujours leur premier et leur plus fidèle ami (cris, applaudissements) ; qu'il a besoin d'être aimé d'eux (cris, applaudissements) ; qu'il ne peut être heureux qu'avec eux et par eux, et que l'espoir de contribuer à leur bonheur soutiendra mon courage, comme la satisfaction d'y avoir réussi sera ma plus douce récompense. (Les applaudissements continuent pendant plusieurs minutes.)
M. le président répond au roi. Il termine ainsi :
Et vous, sire, déjà vous avez presque tout fait. Votre Majesté a fixé la révolution par son acceptation si loyale et si franche de la constitution. Elle a porté au dehors le découragement, ramené au dedans la cuntiance, rétabli par elle le principal nerf du gouvernement, et préparé l'utile activité de l'administration.
Votre cœur, sire, en a déjà reçu le prix : il a joui du touchant spectacle de l'allégresse publique, et des ardents témoignages de la reconnaissance et de l'amour des Français. Ces sentiments nécessaires à la félicité d'un bon roi vous sont dus, sire ; ils se perpétueront pour vous, et leur énergie s'accroîtra à mesun; que la nation jouira des efforts constants de Votre Majesté |)Our assurer le bonheur commun par le maintien de la constitution. (On applaudit à plusieurs reprises.)
540 (juillet 1701) ASSEMBLÉE NATIONALE.
Le roi sorl de la salle au milieu des applaudissciiients et des eris de Vive le roi !
M. Target, secrétaire, fait lecture du procès-verbal de la séance. L'assemblée en adopte le contenu.
M. le président. L'asseniblée nationale constituante déclare qu'elle a rempli sa mission, et que toutes ses séances sont teiminées.
Il est quatre heures.
CiiAP. IV. — Situation diplomatique. — Circulaire de Tempcreur aux souverains et traité préliminaire entre l'Autriche et la Prusse. — Traité de Pavie relatil' au partage de la France. — Projets d'invasion. — La reine s'y oppose. — Sa lettre à l'empereur; — à M. de Mercy. — Conclusum de la diète de Ratisbnnne. — Conférence et déclaration de Pilnitz. — Manifeste des princes. — Louis XVI l'improuve et donne de nouveaux pouvoirs au baron de Breteuil. — Nouvelle circulaire de l'empereur.
Pendant que la constituante rendait à Louis XYI la plénitude de son autorité constitutionnelle et se préparait à céder la place à une nouvelle législature, la situation diplomatique était loin de s'améliorer. Les dispositions des cabinets de l'Europe devenaient de plus en plus hostiles.
Ce fut en Italie que l'empereur apprit la malheureuse issue du voyage de Yarennes. Aussitôt il écrivit, de Padoue, une circulaire datée du G juillet et adressée aux cours de Russie, de Prusse, d'Angleterre, d'Espagne, de Naples et de Sardaigne. Il invitait les souA'erains à se concerter avec lui pour déclarer à la France : « Qu'ils regardaient tous la cause du roi très-chrétien comme la leur propre ; qu'ils demandaient que ce prince et sa famille fussent mis sur-le-champ en liberté entière, en leur accordant de pouvoir se porter partout où le roi très-chrétien le croirait convenable; réclamant pour toutes ces personnes royales l'inviolabilité et le respect auxquels le droit de nature et des gens oblige les sujets envers leurs princes; qu'ils se réuniraient pour venger, avec le plus grand éclat, tous les attentats ultérieurs quelcon(|ues qui seraient commis ou qu'on se permettrait de commettre contre la liberté, l'honneur et la sûreté du roi, de la reine et de la famille royale; qu'enlin ils ne reconnaitraient comme lois constitutionnelles légitimement établies en France, que celles qui seraient munies du consentement volontaire du roi, jouissant d'une liberté parfaite; mais qu'au contraire ils emploieraient tous les moyens qui étaient en leur puissance pour faire cesser le scandale d'une usuriuttion de pouvoir qui porterait le caractère d'une révolte ouverte cl dont il ini-