TOME I
^(> HISTdIRK 1)F. FRANCE
liieiix voyage au loinheau de Jésus- Christ. Les Français apprirent ainsi la roule de lUrienl.
D'aliord les pèlerins normands vinrent établir une station dans le midi de Tllalie. Selon le droit du temps, celle terre était à eux, car elle tHait habitée par des Grecs scliismatiques et par des Sarrasins. Ils (irent leur premier établissement en Pouilie, en 1010, sous le règne du roi Robert. Puis de là, chassant et soumettant Grecs et musulmans, ils s'étendirent dans tout le midi de l'Italie et conquirent même la Sicile.
Sous le règne de Philippe V, en I09o, dans un concile tenu à (Mermont en Auvergne par le pape Urbain II et composé de treize archevêciues et de deux cent cinq prélats, un pèlerin vint raconter les misères de la terre sainle : c'était un chevalier picard , nommé Pierre l'Ilermite. La croisade fut décrétée aux cris, Dieu le veut ! hiex d volt ! En un instant, deux armées furent prêtes, l'une composée de peuple, l'autre de soldais. La première, n'ayant d'autre guide que l'euthousiasuie religieux de Pierre l'Ilermite, prit la roule d'Allemagne, et périt ou fut dispersée avant d'avoir atteint son but. La seconde, conduite avec autant de prudence que de piété, se divisa en deux corps; l'un pas-sa par l'Italie et par Rome, où il rétablit le pape sur le trône pontifical. Il s'embarqua en Pouilie et vint rejoindre à Constanlino[)le le second c(»rps, qui avait suivi la voie de terre. En lU'l'j, cette armé-e était maîtresse de Jérusalem, elle en avait fait un royaume qu'elle avait donné à Godefroy de Bouillon.
La puissance guerrière de la nation n'était pas cependant dirigée tout entière vers l'Orient. Elle suffisait encore à d'autres conquêtes. A ces guerres décidément religieuses, il faut ajouter les expéditions qui prirent le même prétexte.
D'abord, à diverses fois, les Français allèrent faire des excursions contre les Sarrasins d'Espagne. Le besoin d'activité militaire, n'étant plus occupé à la guerre civile, s'épanchait au dehors, et la France allait semer au Midi des germes de civilisation catholique, semblables à ceux qu'elle avait répandus dans le Nord.
Enlin, en 10(1(1, cinquante mille Français, conduits par Guillaume de Normandie, allèrent arracher l'Angleterre aux Saxons et la soumettre à leurs lois, à leur langage, et la rattacher enlin aux destinées de la civilisation moderne de l'Europe.
Telles furent les grandes actions militaires où se dépensa l'énergie de la France du onzième siècle. Toutes, on le voit, étaienl encore conduites par la croyance callioli(]ue, car nous tenons compte surtout de l'oiiinioii des masses. Il nous importe peu de rechercher relie \\r:i chefs. Cepeinhul il faut dire que, dans l'expédilion de