HISTOIRE 1)1 C.OIVERNEMFNT DE LOI IS XV
pour accroître leur inlUience; c'était un projet où riiitérèt public et l'intérèl de leurs juivilé^'cs paraissaient d"accord. Il ne s'ajj;issait que d'attendre le moment où ils pourraient le f tire partager à tous leurs collè;;ues, et eulin le réaliser : les besoins liuanciers du gouvernement vinrent bientôt leur en oIVrir l'occasion. Les Anglais avaient commencé les liostilités; on avait besoin d'argent pour faire la guerre, et les ressources de Viildt ayant été épuisées, dépassées même en pleine paix, il fallait recouiir à de nouveaux iin[iùts et les faire enregistrer. Le gouvernement convofjua, à cet elfel, un lit de justice à Versailles. Le parlement refusa d'opiner, et, de retour à Paris, il protesta (août 175(1). Lu même temps, il commenra des déniarclies pour se liguer avec les autres parlements du royaume, atin de rendre tout coninum entre eux, l'autorité, les privilèges, la résistance; mais les conséquences de ce projet étaient trop évidentes pour que le gouvernement ne s'y opitosàt pas. Le 15 décembre IToO, dans un nouveau lit de justice, le roi lit enregistrer trois déclarations : par la première, on renouvelait l'injonction de respecter la bulle Unigenitus: par la seconde, on défendait aux chambres de s'assembler sans la permission de la grande chambre ; de recevoir aucune dénonciation, si ce n'était de la bouche du procureur général; de jamais protester contre les édits royaux; et enfin, d'interrompre le cours de la justice. Par la troisième, on su[)primail une partie des chambres des enquêtes et des requêtes, etc. Ces ordonnances jetèrent d'abord la consternation dans le parlement : à la stupeur succéda l'indignation. On se demanda pourquoi tout le parlement n'était pas supprimé. Emportée par un noble moMvement, et aussi dans la pensée de forcer la cour à reculer, la majorité des magistrats donnèrent leur démission : il ne resta (jue trente et un membres dans la grande chambie.
Tous ces faits causèrent une grande fermentation dans le public. Paris était plein de rumeurs et comme prêt à se révolter. Il y avait unanimité, et on ne se cachait guère pour tenir, sur le gouvernement et sur le roi, les propos les plus violents. Le mécontentement, ou plutôt la colère, descendue des classes supérieures et moyennes de la société aux classes inférieures, avait atteint tout le monde. On en eut bientôt la preuve: le o janvier IToT, un homme du peuple, François Damiens, frappa le roi d'un coup de couteau. La blessure n'était pas grave ; mais Damiens, arrêté et interrogé, répondit qu'il n'avait pas voulu tuer le roi, mais seulement l'avertir de mieux gouverner. Damiens fut condamné par les quelques membres du parlement qui restaient, et écartelé en place de Grève. Cependant cet attentat eut un résultat inespéré : il amena la réconciliation du pai-