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k'iiiciit et do la cour. Voici coimnent : diins les premiers moments, lorsqu'on croyiiil la vie du roi en danger, madame de Pom[»adoiir fui éloignée et le dauphin appelé ; mais la peur de Louis XV, quoi(jue exagérée, ne put durer longlomps ; alors le dauphin l'ut, de nouveau, éloigné et madame de Ponipaduur rappelée. Celle-ci ne put pardonner aux ministres qui Tavaienl lait écarter : aussi le ministère fut-il changé, MM. de Machaull et d'Argenson renvoyés. Avec le ministère, changea le syslènie : ou .se mit avec les parlementaires contre Tarchevêque, et, par snite, le parlement rentra en grâce ; les dernières ordonnances furent comme non avenues.
On était alors en guerre avec l'Angleterre, quoique Ton eut fait tout ce (pii était poshih'e pour l'éviter. Le gouvernement britannique, depuis la conquête de Guillaume, a fondé sa sécurité sur sa puissance maritime et sa puissance sur sa richesse commerciale. De ce point de vue, il a toujours surveillé la France. Or, celle-ci, qu'il sullit de laisser faire, pour qu'elle répare les fautes de ses chefs, s'était noblement relevée des échecs des dernières années. Ses armateurs couvraient les mers de leurs vaisseaux. Ses colonies étaient magniliques, les plus belles du monde après celles de l'Espagne. Pondicliéry, sous le gouvernement de Dupleix, devenait le centre d'un royaume dans les Indes. Tout annonçait que celte prospérité n'était qu'à son commencement. Encore queUjues années de paix, et il sendjiait qu'elle devait s'élever au point d'être supérieuie à toutes les atlaquos. L".4iigleterre ne vit, contre ce danger, d'autre recours que la guerre; il lui fallait protiter du moment où elle avait encore la supériorité des forces pour écraser sa rivale. Attendre était courir les chances d'une égalité redoutable. Elle chercha donc partout un prétexte d'hostilité. D'abord elle se plaignit de Du|deix ; ce iiouverneur fut rappelé. Les îles Sainte-Lucie, la Dominicpie, Saint- Vincent, etc., étaient depuis longtemps connnunes aux deux peuples; l'Amiiais s'en déclara l'unicpie souverairi; le gouvernement français ne s'en émut point. L'Anglais se mit ensuite à disputer sur lii déliniitalion des frontières du Canada et de la Louisiane. Il voulait, d'un côté, avoir une rive du Saint-Laurent, et de l'autre, couper la comnmiiication entre le Canada et la Louisiane, en s'établissanl sur l'Ohio. Il ne se borna pas à des notes diplomati- (jues, il lit construire un fort précisément siw celte voie de comnnmication. Un ollicier, envoyé en parlementaire à la garnison de ce fort pour en demander l'évacuation, y fut assassiné. On ferma encore les yeux sur cet attentat au droit des gens. Le gouvernement français pensa qu'en augmentant la garnison de ces colonies, il arrêterait les entreprises des colons anglais et empêcherait la ré-
HISTOIRE DU GOrVERNEMENT DE LOLIS XV 157
cidive des crimes de ce genre. En conséquence il lit préparer une expédition deslinée à y porter trois mille hommes de renfort. Sur l'avis de cet armement, le ministère l>rilannii]ue noliliu (|ue ses vaisseaux avaient ordre de saisir tout bâtiment français qui porterait des troupes en Amériqife ; et, comme pour prouver que cet avis n'était pas une vaine menace, il arriva, en elïel, qu'une frégate française amena dans nos ports une frégate anglaise qui l'avait attatpiée, et qui, inoiiis heureuse qu'elle ne Tespérail, avait été prise par ceux qu'elle voulait capturer. Notre ministère ordonna de remettre la ciptive en liberté, et, se croyant racheté par cette marque de longanimité, il fit partir son expédition. Il n'y avait pas de déclaration de guerre, tout notre commerce se croyait en pleine paix; cependant le ministère anglais, exécutant ses menaces, mit une flotte à la poursuite de notre expédition, envoya quatre corps d'armée en Amérique pour surprendre nos colonies et lit attaquer notre commerce partout. Plus de trois cents bâtiments marchands furent ainsi capturés (175.'j). Il n'y avait plus moyen de reculer,iet la guerre fut déclarée.
Cependant l'Angleterre était seule contre la France, et, si le duel fcùt continué, il est probable qu'elle eût chèrement payé son injuste agression; le début de la guerre le prouve : partout elle fut battue. Toutes ses attaques dans nos colonies furent repoussées, quoique la plupart faites à l'improviste (175o). Le maréchal de Richelieu lui enleva Purt-Mahon ; l'amiral Galissonnière, quoique n'ayant à sa disposition qu'un nombre de vaisseaux inférieur, fit éprouver à la flotte anglaise, dans la Méditerranée, un échec considérable qui eût été une défaite complète si les forces eussent été égales. L'Angleterre, pour s'en venger, condamna à mort l'amiral Byiig, qui avait eu le malheur de perdre cette bataille. Elle comprenait d'ailleurs très-bien que son isolement pourrait lui devenir fatal; aussi avait-elle pris des mesures pour qu'il ne durât pas.
Le ministère britannique avait, dès le 10 janvier 17^)0, signé, avec le roi de Prusse un traité, dans le but d'empêcher l'entrée de troupes étrangères en Allemagne. Cette alliance créait une chance de guerre continentale, aussi bien dans le cas oîi la France se laisserait aller à une entreprise sur le Hanovre, que dans celui oîi elle céderait aux efforts de la diplomatie autrichienne pour l'entraîner dans ses projets contre la Prusse. La France pouvait parfaitement s'abstenir et se borner, si une guerre éclatait en Allemagne, à une neutralité armée qui lui eût permis d'employer toutes ses forces contre son véritable ennemi. Mais la France était alors gouvernée par une femm^. Le roi de Prusse s'était beaucoup mo(iué de la Pompadour;iirappelaitordinairement Cotillon IV. L'impératrice, au
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contiairo, la sévère Marie-Thérèse, lui faisait littéralement la cour; elle lui écrivait souvent et l'appelait tantôt sa belle cousine, tantôt sa chcrc amie. Tout dut céder aux affections de madame de Pompadour. On se lia, par un traité avec l'Autriche, et on s'engagea à aider cette puissance, qui avait été toujours notre ennemie; à ruiner la Prusse, (jui était alors notre alliée naturelle. Telle fut l'origine de la fameuse guerre de sept ans, dont les résultats furent aussi tristes (jue la cause en était misérable.
Je passerai sur l'Iiisîoirede celte guerre qui mit la Prusse au rang des. puissances de premier ordre, et qui donna à Frédéric H la réputation du premier général du siècle. La conduite militaire des Français ne fut pas toujours aussi indigne de leur renommée que le ferait supposer la honteuse panique de Rosbach. Leurs armées eurent quelques succès eu Hanovre. L'armée anglo-hanovrienne, conduite par le duc de Cumberland, fut obli:;ée de capituler. Cette convention, connue sous le nom de convention de Closterseven, est devenue fameuse par la mauvaise foi des Anglais. Aussitôt qu'ils furent sortis du mauvais pas où leur armée était engagée, aussitôt qu'ils eurent tiré de la capitulation tous les avantages qu'ils pouvaient en obtenir, ils refu.sèrent de l'exécuter. L'armée française, au reste, dans toutes ces campagnes successives, montra une mollesse et une lenteur qui contrastaient avec le caractère national. Elle n'avait point conliance dans des chefs que la seule faveur appelait à les commander; sauf vis-à-vis des Anglais, elle n'était animée par aucim sentiment moral; elle avait au contraire de l'admiration pour Frédéric. Il fallait que le gouvernement de Louis XV eût, à un haut point, démoralisé la nation; car on vit dans cette guerre ce qu'on n'avait jamais vu, laF'rance indifférente au succès de ses armes, applaudissant presque à ses défaites et n'ayant d'admiration que pour sou habile ennemi. Il n'en était pas ainsi, comme nous venons de le dire, vis-à-vis de l'Angleterre ; aussi les revers de notre marine et les malheurs de nos colonies furent cruellement sentis. Ou ne vit pas que partout nous devions être baltus, parce que partout nous avions l'infériorité du nombre; on ne vil pas la gloire de la résistance, on ne vit que nos défaites. La guerre de sept ans se termina, le 10 février 17(15, par un traité qui ne changea rien à la position do la France sur le continent européen, mais qui lui enleva toutes ses grandes colonies, et enlre autres leCianada et les Indes.
Cttte longue période, cpii s'étend depuis le traité d'Aix-la-Chapelle jus(|u'à la lin de cftle guerre de sept ans, est remarquable, ainsi que nous l'avons déjà dit, par la constitution délinitive du