‹ Histoire parlementaire de la Révolution françaiseChapitre 63 sur 92 · JUIN 1781») ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

JUIN 1781») ASSEMBLÉE NATIONALE

« J'ai riionnfiur de vous envoyer, monsieur, une lellrc que le roi m'a oitlonnôde vous faire tenir. ;Je vous prie de vouloir hiiii inon accuser la rrceplion.

« Je suis avec respect, M. le pri'sidenl, votre, etc.

« Signé, le marquis de Bunzf;. »

Réponse de M. Bailly.

« J'ai reçu, monsieur, la lettre du roi qui m'est adressée, et que Sa Majesté vous a chargé de me faire tenir. « J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre, etc.

« Signé, Bailly. »

On lit le procès-verbal de la séance tenue le samedi 20 juin, dans la salle du Jeu de Paume. Cette lecture faite, on admet au serment ceux des meudires de l'assemblée nationale qui, pour cause d'absence ou de maladie, n'avaient pu se trouver à la séance de samedi. Plusieurs de MM. les suppléants s'étant aus.>«i présentés, et ayant demandé à adhérer à l'anêlé par leur sij^nature, l'assemblée le leur accorde.

Vers midi et demi, M. Bailly annonce qu'il vient d'être prévenu que la majoiité du clergé doit se rendre dans rassend)lée à une lieure; que MM. les ecclésiastiques qui s'y trouvent sont priés de se rendre clu'z M. l'archevêque de Bordeaux.

Aussitôt les membres de l'assemblée nationale qui occupaient les sièges vers le haut de la nef, près du sanctuaire, s'empressent de céder leurs places comme les plus distinguées.

Quelques moments après, M. Lallon de Ladebat, au nom des opposants au mandat et à l'élection des députés nobles de la sénéchaussée d(! Bordeaux, demande à être admis avec ses codépulés, et que la ((intestation soit jugée par l'assemlilée nationale.

L'assemblée donne acte à M. de Ladebat de sa (K-mande, et renvoie le jugement de la contestation sur les pouvoirs de ces députés au comité de véiilication.

Vers deux heures, le clergé s'assend)le dans le c! (cur de l'église Saint Louis, pour fjire, à liauie voix, l'appel des cent quaranteneuf dépulés du clergé qui (int signé la déclaration du vendredi l!» juin, pour la vérilication conunune.

Pendant l'appel, îles ap|)laudissements s'élèvent, lorsqu'ori entend nununer MM. l'archevêque de Boideaux, l'évêfpie de (Ihartres, l'archevêque de Vienne, révêcpie de Bhode/, Thdjault, curé de Souppes, Grégoire, curé d'Kmberménil et trois autres curés, députés du Poitou, (pii les premiers (ml dunné l'exemple patriotique

RfinKPTiON Di' riF.ur.fi. :>2'.l

(11' la irmiion. L'appol liiii, lo clorgô (Mivoio uno (it'p\ilalion, fi la l.'ti' (lo hKiiiolIt' t'sl M. rôvôquo de Chartres, qui aiiiionce que la luajonlé lie Tordre du clorijé ayanl pris la délibéralion de se rt'unir pour la vérilicatioii couiuiuiie dos pouvoirs, il est cliarfjé dVu prévenir rasseudilée, et de deuiaudor sa place dans la salle nationale.

M. le président répond t]ne MM. les dé|>ulés de Vienne et Tordre du clorf^é serorit reçus avec tout Tempresseiuent et le respect qui leur est dû, et que leur place ordinaire de prési'ance est libre pour les recevoir.

Un moment après, M. de l'ompiguan, arclievèipie de Vienne, entre suivi de trois autres prélats et de tous les ecclésiastiiiues formant la majorité; ils prennent la place qui leur est dei^tint'e.

Le silence qui régnait lorsque les portes du chœur se sont ouvertes est bientôt interrompu par des applaudissements et des acclamations universelles. Au mdieu de cette scène attendrissante, M. Tarchevèque de Vienne prend la parole, et dit :

Messieurs, nous venons avec joie exécuter Tarrêté pris par la majorité des députés de Tordre du clerf^'i' aux états généraux. Cette 1 éunion , qui n"a aujourd'hui pour objet ([ue la vérilication commune des pouvoirs, est le signal, et je puis dire, le prélude de l'union cou>laute qu'ils désirent avec tous les ordres, et particulièrement avec celui de messieurs les député's des communes.

M. le président. Messieurs, vous voyez la joie et les acclamations que votre présence fait naître dans Tassemblée. C'est Teffet d'un sontiment bien pur : Tamour de Tunion et du bien public. Vous sortez du sanctuaire, messieurs, pour vous rendre dans celte assemblée nationale, où nous vous attendions avec tant d'impatience. Par une délibération où a présidé l'esprit de justice et de paix, vous avez voté cette réunion désirée. La France bénira ce jour mémorable ; elle inscrira vos noms dans les fastes de la patrie, et elle ifoubliera point surtout ceux des dignes pasteurs ([ui vous ont précédés, et qui vous avaient annoncés et promis à notre empressement. Quelle satisfaction pour nous, messieurs! Le bien dont le dé>ir est dans nos cœurs, le bien auquel nous allons travailler avec courage et avec perst'vérance, nous le ferons avec vous, nous le ftrons en votre présence : il sera l'ouvrage de la paix et de Tamour fraternel.

I nous reste encore des vœ;ix à former : je vois avec peine que des frères d'un autre ordre manquent à cette auguste fauiille; mais co jour est un jour de bonheur pour l'assemblée nationale; et s'd uTesl permis d'exprimer un sentiment personnel, le plus beau jour de ma vie sera celui où j'ai vu s'opérer cette réunion, où j'ai eu

Page 1