‹ Histoire parlementaire de la Révolution françaiseChapitre 67 sur 92 · H JUILLET 1789) ASSEMBLÉ!-: NATIONALE · texte numérisé non relu

H JUILLET 1789) ASSEMBLÉ!-: NATIONALE

3" Tenir une séance royale où le roi apportera (|ualro déclarations : rniie établissant des états provinciaux et des états gémiraux do trois ans en trois ans ; les dépenses des niinislèies lixées selon le taux de leurs dépenses actuelles, etc.

La seconde déclaration contiendra la suppression de la gabelle remplacée par Timpùt territorial.

La troisième, un eni[)runt d'un milliard pour payer et rembourser les dettes.

4" Une déclaration qui dissout au moment même les états généraux.

Si ces projets doivent être réalisés, ce que sans doute la clairvoyance et la force du peuple préviendront, on peut conjecturer les plus borribles calamités.

Voilà ce que dit le Moniti'ur, n. 17; voici ce que nous ajoutons à ces renseignements :

Le régiment Royal-Allernand, cavalerie, commandé par le prince de Lambesc, vint camper, le C, dans le jardin de la Muette. Le 7, il reçut l'ordre d'envoyer un détacbement pour survcdler une troupe nombreuse d'ouvriers, qui étaient occupés à des travaux de terrassement à Montmartre, et parmi laquelle on apercevait de la fermentation. On disait, en effet, que ces travaux étaient dirigés contre Paris, et qu'ils devaient servir à l'établissement d'une batterie de canons. Le 8, il y eut une espèce d'engagement; l'attrou- [lemeul tenta de brûler la barrière ; il fut repoussé , et l'on arrêta un ouvrier (pii portait une espèce de drapeau formé d'un linge blanc attaclié au liant d'une perche. Cet bouune fut remis à la marécha\issée, arraché de ses mains par le peuple, et porté en triomphe au Palais-Royal.

Le 10, on colporta dans Paris, et l'on jeta sous les portes, un petit écrit ayant pour titre : Lcltre Je M... à son ami..., ce 9 juillet. Celte petite brochure est une pièce imiiorlanle pour l'histoire du comnuMicement de la révolution; non-seulement elle ne contient pas un seul mol qui ait été démenti; mais les écrivains royalistes eux-mêmes se rendent garants du plus giand nombre des faits qu'elle rapporte. Il est probable, au reste, iiu'elle émanait du club bretun. Kn voici un extrait :

« Un nous assure que It; roi tiendra une séance royale huuli prochain (15 juillet) ; que là il prononcera (lu'il n'a jamais entendu rétractei- ses déclarations, et (pi'il entend (pi'elles soient exécutées; il ajoultîra qu'il voit avec piaisir la réunion de sa lidèle noblesse aux autres paities des états généraux... Le roi ordonnera (pic, pour donner le temps aux députés qui ont des mandats inqiéralifs.

(ONSriRATlON l)i: I.A CUIR. T)G\)

d'aller les faire changer, il proroge les états généraux à un mois...

J'tsitère, disait un homme assez facile à reconnaître au ton de ce pi opos , /(■>■/)(■,'■(' tjur sous jicii de juins nous chasserons ce coquin de .WcÂcr, et (jue nous nous déb(trrasser(»is de ces polissons.

Vous avez dû être étonné d'apprendre que les membres de la niaiiirilë (la noblesse), après avoir annoncé un voyage dans leurs bailliages rospeclifs, n'ont pourtant point quitté Versailles. Tel est le bilU't que l'on colporte , adressé à M. le duc de Luxembourg : « Je voris préviens, mon cher, de ne point aller oi Poitou, ni vous, ni vos citdéputès ; il se passera hieiitôt tel événement qui vous dispensera du voijage. »

Trouvez-vous rien de plus ridicule que la garde que M. d'Autichamp monte, toutes les nuits, au pont de Sèvres et de Saiut- Cloud? Vous savez qu'il y a huit canons à Sèvres, et que les passants y sont reçus la nuit comme dans un camp ennemi... Avant-hier, il y avait une noce dans une guinguette de Vaugirard ; aussi l'armée de Sèvres passa la nuit dans des alarmes continuelles... »

— Réponse de M... à son ami... (Elle fait partie de la même brochure.)

« Les aristocrates, dans l'ivresse de leur joie, n'ont pu se contenir; ils ont répandu que le roi avait dit expressément de ne pas s'éluigner... Que dans peu tout serait fini. Les gens sensés n'osent croire à la vérité du propos; mais ce qu'il y a de certain , c'est qu'un des jours de la semaine passée, on est parvenu, à force de vins et de liqueur, à mettre l'abbé de Vermond (le lecteur de la reine) en gaieté ; en cet état, on a parlé des alîaires du jour : on lui a demandé quelles pouvaient être les vues du ministère. « Ce n'es! rien, a-t-il répondu, ce n'est rien : on n'a d'autre dessein que (le dissoudre les états généraux , et de demander de nouvelles élections. » Vous voyez que le billet adressé à M. le duc de Luxembourg se rapporte parfaitement avec les propos de l'abbé de Vermond... On n'attendait que les troupes, qui doivent toutes être arrivées pour le i2 : autre concordance avec le bruit d'une séance royale. Ces troupes , suivant l'état levé au bureau de la guerre, montent à 20, 400 hommes, non comprises les troupes qui sont ordinairement à Paris et à Versailles...

Depuis longtemps, il est question d'armer la bourgeoisie de Paris : le moment est phis pressant que jamais , et je m'étonne de l'insouciance de nos habitants. Seront-ils mieux défendus par des étrangers que par eux-mêmes? N'ont-ils pas une propriété, une femme, des enfants, des parents à conserver ? Eh bien ! tout cela

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