COLLISION AIX TUILERIES. ÔTÎ
un jeune homme cria la fatale nouvelle. Les premiers qui l'enleuilirent refusaient île la croire et se jetèrent sur le malheuieux orateur; on allait le précipiter dans un des bassins, lorscpi'un député du tiers, qui se fit connaître, vint rarracher à ces fin ieux, en conlirmant tout ce qu'il avait dit. La nouvelle vola en un iiislanl d'une extrémité du jardin ù l'autre. Hii ce uiomeut, il était midi, et le canon du palais vint à tonner. Je ne puis rendre, dit rAmi du lioi, le sombre sentiment de terreur dont ce bruit pénétra toutes les âmes. A cet instant, Camille Desmuulins monte sur une table, crie aux armes, tire l'épée, montre un pistolet, arrache une feuille d'arbre et se la met pour cocarde au chapeau. On lui répond par d'alTreux hurlements. Plusieurs milliers d'hommes, à son imitation, se parent de la cocarde qu'il vient d'improviser. On décide que les jeux, les spectacles seront fermés, les danses défendues, et des pelotons s'échappent porter cet ordre qui fut suivi. Un autre peloton court chez Curtius (1), y prend les bustes de Necker et du duc d'Orléans, on les couvre de crêpes et on les porte dans les rues, au milieu d'un cortège nombreux d'hommes armés de bâtons, d'épées, de pistolets ou de haches, et Ton va ainsi promener la fatale nouvelle et l'exemple de l'insurrection. Le cortège délila de la rue de Richelieu, par le boulevard, par les rues Saint-iMarlin, Grenétat, Saint-Denis, la Ferronnerie, Saint-Honoié, et vint se présenter sur la place Vendôme : il était alors composé de cinq ou six mille individus déguenillés, disent les royalistes. Là il fut attaqué et dissipé par un détachement de dragmis qui était sur cette place. Le buste de Necker fut brisé ; un garde française sans armes fut tué, et quelques personnes blessées.
En même temps, divers engagements avaient lieu dans Pari?. Dans quelques lieux, on jeta des pierres aux soldats. Dans d'autres il y eut des coups de fusil tirés et quelques victimes (2).
Aux barrières, les troubles de la veille recommençaient. Aux Porcherons, un détachement de Royal-Allemand lit feu sur le peuple, il y eut un homme tué et plusieurs blessés par cette décharge (ô); mais comme il n'y avait pas assez d'honnnes pour garder toutes les barrières, ailleurs le peuple put sans obstacle poursuivre leur destruction qui continua presque toute la nuit.
Cependant, M. de Bezenval, commandant la force armée, avait donné ordre à toutes les troupes qu'il avait dispersées dans Paris, et qu'il avait laissées sans ordre toute la journée, de se réunir sur
(1) Qui tenait un cabinet de figures en cire. (2", L'Ami du Roi, troisième cahier, page 51. '31 Idem.
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la place Louis XV. Ce mouvement de concentration s'achevait au moment oîi une population nombreuse, revenant des Champs-Elysées, remplissait le jardin des Tuileries. Il lui prit envie (c'est son expression devant le Châtelet) de repousser tout ce peuple ; il donna donc l'ordre à M. Lambesc de charger à la tête de ses dragons. Celui-ci pénétra au pas dans les Tuileries. Sa marche fut arrr'lée par une barricade de chaises; de derrière, on lançait sur son peloton, des pierres, des bouteilles et des chaises. Quelques coups de feu furent tirés en l'air, dit la relation royaliste; le peuple n'en fut pas efiVayé; et comme l'on criait derrière : Fermez le pont tournant, et que quelques citoyens y travaillaient, le peloton fit demi-tour et sortit précipitamment du jardin. Là un homme fut blessé d'un coup de sabre.
Après cette expédition, le cri aux armes courut dans tout Paris, porté par cette population effrayée qui venait des Tuileries. On commença à sonner le tocsin ; ou enfonça les boutiques d'armuriers, on força les portes de l'hûlel de ville. Des gardes françaises, échappés de leurs casernes , accoururent avec leurs armes au Palais- Royal; là ils s'organisèrent et marchèrent sur uiï détachement de Royal-Allemand qui stationnait devant l'hôtel Montmorency sur le boulevard. Ce détachement, qui était sans ordre, se retira après avoir essuyé une décharge qui lui tua trois hommes, et se replia sur le corps réuni sur la place Louis XV.
Les gardes françaises, après s'être grossis d'une masse de peuple armé, marchèrent vers cette place; mais elle était évacuée.
La nuit qui succéda à cette journée fut encore plus agitée; elle vit les premières patrouilles bourgeoises. On éclaira la ville en illununant les croisées ; des détachements de soldats du guet, de gardes françaises et de citoyens armés, se croisaient dans les rues. De temps en temps, on entendait des coups de fusil, on poussait des cris d'alarme ; par intervalle on entendait le bruit du tocsin. Kniiu, l'incendie des barrières continuait.
Paris semblait abandonné à lui-même. Cependant, déjà un nouveau pouvoir naissait de l'insurrection.
A six heures du soir, les électeurs s'étaient rendus à l'hôtel de ville qui était occiq)é par le peuple. Ils prirent place dans la grande salle, qu'une bariièie séparait eu deux parties, l'une consacrée aux ma|.jistrals, l'autre destinée au public. Us occupèrent l'enceinte réservée. Avant d'être réiuiis en nombre sidlisant pour délibérer, ils furent ohligijs, par les cris et les menaces de la foule qui remplissait la salle, et qui s'élevaient de la place même de l'hôlel de ville, de faire ouvrir les nuigasins d'aiiues (pii se trouvaient dans la maison
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communo. Sur lus on/e heures du soir, se trouvant en nombre suffisant, après de longs débals, ils arrêtent ce (|ui suit : « Sur les demandes pressantes de nombre de citoyens armés qui se sont rendus à riiôtel de ville, pour tâcher de prévenir le tumulte, les électeurs ont arrêté que les districts seront sur-le-champ convo(|ués, et que les électeurs seront envoyés aux postes des citoyens armés, pour les prier de supercéder, au nom de la patrie, à toute espèce d'attroupement et de voies de fait. »
Ensuite les électeurs conllrmèrent par acclamation la nomination du prévôt des marchands, des échevins, et des autres ofliciers composant le bureau ordinaire de l'hôtel de ville.
Sur la proposition d'un électeur, on créa un comité permanent dont le service ne devait cesser ni jour ni nuit, et Ton en nonnna les membres.
Versailles, ï-2 juillet. — Le départ de M. Necker fut connu à sept heures du malin. Quelques députés du tiers état et du clergé accoururent à la salle des états généraux ; mais, se trouvant sans président, et en très-petite minorité, ils se dispersèrent.
Au château, on commença à délibérer dès le matin. On voyait aller et venir les chefs de troupes. Cependant, au fur et à mesure (lue la journée avançait, et que les nouvelles de Paris arrivaient, l'incertitude gagnait tous les cœurs. Les courriers que dépêchaient les dilït-renls officiers de la garnison de la capitale se succédaient rapidement. On huit par croire que la population de Paris pourrait bien se porter sur Versailles; c'était une des mille menaces que l'exagération de la colère avait fait retentir au Palais-Royal. Des ordres furent alors donnés pour rompre toutes les communications; les avenues de la résidence royale furent garnies de troupes; les barrières, fermées. Les ponts de Sèvres et de Sainl-Cloud furent également occupés par de Tartillerie et des troupes, et la circulation des voyageurs fut empêchée; en sorte que sur le déclin du jour, toute communication, toute correspoadance entre Paris et Versailles était rompue.
SÉANCE DU LUNDI 13 JUILLET. — Uu membre se lève pour annoncer à l'assemblée le changement survenu dans le ministère, le renvoi de M. Necker, son exil hors du royaume, la disgrâce des autres ministres qui avaient mérité la confiance publique. Il peint les troubles qui ont agité la ville de Paris, le désordre qui y règne encore. 11 finit par inviter l'assemblée à prendre à ce sujet une réhohilion telle que sa sagesse la lui prescrira.
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Diver"? inoinlucs foiil lerdiic dos avis qui leur ont été envoyés de Paris, avec les détails de tout ce qui s'est passé depuis le départ sccrel et précipilé de M. Necker.
Tous les citoyens ont pris les armes; des troupes étrangères sont en préseniîe, et semblent les menacer; elles n'attendent que le premier ordre pour taire un carnage aiïreux; le sang des citoyens a déjà coulé; en un mot tout semble présager les événements les plus all'reux.
On fait successivement diverses propositions. Les uns veulent qu'il soit fait une députation au roi, pour lui représenter les dangers qui menacent la capitale, la nécessité de faire retirer les troupes dont la présence est un aliment à la fermentation du peuple. U'aulres veulent qu'il soit l'ait une députation vers la ville de Paris, pour porter à cttle ville désolée des paroles de consolation et de paix.
M. le comte de Cuatine, député do la noblesse de Lorraine. Je n'adopte pas l'avis qui jusqu'ici paraît l'emporter. La députation au roi me semble au contraire un moyen d'augmenter la fermentation, et iusuflisant pnui' arrêter l'effusion du sang. Le meilleur remt'de que l'on peut employer est de s'occuper sur-le-champ de la constitution ; c'est ainsi qu'il faut prévenir les funestes etïets de l'éloignenient du [tlus (idèle et du plus vertueux ministre.
.)/. Bimizat. Je regarde l'adresse que l'on projette pour le roi comme inutile et dangereuse; inutile, en ce que le roi est toujours entouré des mêmes ministres. Sa religion est séduite; on ne peut parvenir au roi que par im canal pestiféré. Depuis le commencemenl, l'assemblée n'a cessé d'êlre dupe, et le roi dans l'erreur. C'est de là que vous devez sentir la nécessité de la constitution ; elle arlêtcra sur ce point la responsabilité des ministres; on les rendra comptables de leurs déprédations comme de leur conduite.
M. le curé Gréijoire t'ait un tableau de toutes les entraves dont la Cdur environne l'assemblée; il parle avec ime force et une énergie peu communes, sans s'écarter cependant des bornes de la modération.
Il d»>man(le en outre un comité pour dénoncer tous les ministres coupables. Ions les conseillers perlides du roi.
M. l' archevêque de Vienne se lève et représente que les expressions fortes dont .s'était servi l'orateur ne devaient pas se trouver dans la bouche d'un ministre de paix.
Un nuirmure d'improbation interrompt la remanpie de M. le président.
M, le curé (Wéijoire ié|)(tnd avec fiauchise que s'il lui est échappé
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iK's expressions trop fortes, el qui ne eonvicnneiil pas ;i la majesté ik' rasseaililée, il est prêt à les (.lésavuiur.
AI. de liomi d'Araj. Un général, dont la niriuoire vivra éternellement dans notre histoire, reçoit le eou|i de la mort; les soldats tombent dans rabattement et la douleur, un orateur saeré monte dans la chaire et s'écrie avec vérité : La mort d'un seul homme est une calamité publique. C'est dans ce moment surtout que l'on reconnaît la vérité de cette réflexion.
Je no vous parlerai pas de ce qui s'est passé il y a un an : une bouche plus éloquente vous en a présenté les détails. Il ne restait pas 50(1, (lOt) livres au trésor pid)lic, mais la conliance s'est ranimée, . les alarmes ont cessé, el l'ordre s'est l'Iabii. l'oiir{iuûi l,iut-il que ce moment de tranquillité ait été si rapide?
Aujourd'hui l'on entend de tous côtés des cris d'épouvante et d'horreur. Le despotisme rassemble autour de nous des troupes étrangères, connue .s'il méditait contre la patrie quelque coup dont les troupes nationales ne voudraient pas se rendre les complices.
Hier, messieurs, j'ai entendu le canon tonner; j'ai vu le sanp couler, des cadavres couvrir les plaines, .l'ai vu nos troupes françaises s'entr'égorger mutuellement; j'ai vu le peuple se transporter en foule aux spectacles, en f^ire fermer les portes et annoncer que dans ce jour de deuil et de doideur, l'on devait s'abandonner aux regrets de la perte cnmnnme.
Au milieu de la calamité publique, au milieu dps conseils pervers qui assiègent le trône, que peut-on attendre d'un ministère nouveau, dont rinexpcrience ne pourra qu'augmenter encore les troubles de la patrie.
L'orateur vote pour l'adresse au roi.
M. fiuillotin annonce qu'il est chargé par MM. les électeurs de la capitale de donner lecture de l'arrêté qu'ils ont pris le 12. Le voici eu substance :
« L'assemblée des électeurs de la ville de Paris, sensiblement touchée des émeutes populaires, et voyant avec le plus grand regret que les moyens faits pour rétablir l'ordre sont précisément ceux qui les fomentent, supplie l'assemblée nationale de concourir, autant qu'il est en elle, à établir une milice bourgeoise. "
M. Guillotin termine en priant l'assemblée de prendre l'arrêté en considération, et de le mettre en délibération.
Plusieurs membres pensent que ce n'est pas le moment de délibérer sur une telle motion ; que l'assemblée a déjà décidé ce point en volant la dernière adresse au roi ; qu'on avait rpjranché de l'ar-
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lêlé la partie où l'on (lernandait pour Paris et pour Versailles une
milice bourgeoise.
Mais la plus grande partie de l'assemblée paraît ne pas penser de même: on observe que les circonstances sont cliangées: c'est Paris (jui réclame pour sa sûreté une milice bourgeoise ; c'est Paris qui est assiégé de troupes étrangères et ennemies ; il faut s'empresser d'aller à son secours.
Telles étaient les réllexions particulières que différents membres faisaient entre eux, lorsque M. de Saint-Fargeau prend la parole.
M. de Saint-Fargcau. Je crois que le parti du silence serait trèsdangereux dans ce moment. L'assemblée nationale doit porter ellemême au pied du trône les sentiments dont elle est affectée, et calmer l'agitation du peuple.
Lorsque personne ne représente le peuple, il se représente luimême, et c'est alors qu'il se porte à des excès terribles, qu'on aurait évités en prenant ses intérêts, et en allant ù son secours.
Je crois qu'il est très-important de faire une adresse au roi pour le retour des ministres; qu'on ne doit pas surtout y oublier les principes qui tiennent à la responsabilité des ministres, et que l'on doit présenter au roi les sentiments de douleur dont la nation est alTectée; enlin faire mention de l'arrêté lu par M. Guillolin.
-]f. Chapelier. Vous avez à délibérer d'aboid sur les troupes ennemies et étrangères qui assiègent un peuple bon et fidèle; le sang coule, les propriétés ne sont pas en sûreté ; enlin le scandale des All^iuiands ameutés est à son comble. Il n'y a que la garde bourgeoise qui puisse remédier à tous ces malbeurs : l'expérience nous l'a appris. C'est le peuple qui doit garder le peuple. Vous avez un .second objet de délibération, c'est réioignement des ministres.
Il est de la dignité de l'assemblée de voter des remercîments à ces hommes généreux, victimes de leur innocence et de l'intrigue la plus basse. C'est par des témoignages aussi llatteurs que l'on doit encourager les gens de bien, et tandis qu'ailleurs on récompense le crime, honorons au moins la vertu.
Un coinrier du conuuandanl de Paris est introduit; il remet au lu'ésident une lettre à peu près conçue en ces termes :
« La foule est immense au Palai.s-Uoyal ; plus de dix mille hommes sont armés; ils annoncent i^i'ils vont attaquer les troupes des (^hauips-Klysées, puis de là aller à Saint-Denis .se joindre aux régiments et se rendre à N'er.sailles.
« Toutes les barrières du coté du nord ont été saccagées. Celle du Tiône est en feu.
« l.e.s arnuniers ont été pillés, et chacun prend la cocarde verte.
ARRf.Tft DR L'ASSEMBI.tK NATIONAI.K. 7)A\
« Paris va ôlre en feu dans un instant. Ils disent qu'ils vont ouvrir toutes les prisons. Ils ont été mal instruits à Versailles : on viMit punir les baudils, et non les ;j;arder dans les prisons. »
Ces nouvelles jettent l'épouvante et Tliorreur dans tous lescreurs. La consternaliou et l'ellroi tiennent pendant (piehiues minutes l'assemblée dans le silence de la stupeur. Mais peu à peu les esprits se réveillent; et chacun, en parlant à son voisin, se soulaj^e de ses tristes pensées.
On nomme deux députations; l'une au roi, l'autre pour Paris. La première doit demander au roi l'éloignement des troupes et le retour des minisires, nécessaires pour rétablir le calme et prévenir les malbeurs les plus grands; l'autre doit porter à Paris la réponse du roi, dans le cas où elle serait sage et juste, c'est à-dire conforme à la demande de l'assemblée nationale.
Dans l'intervalle, deux électeurs de la ville de Paris paraissent dans l'assemblée; ils rendent un compte exact et détaillé de ce qu'ils ont vu, de ce que leur assemblée a fait; ils confirment tout ce qui a été déjà rapporté par divers membres.
En ce moment même, la députation envoyée au roi rentre dans la salle.
M. le président. J'ai représenté au roi la situation alarmante où se trouve le royaume; le danger de voir naître bientôt successivement dans les autres villes les mêmes troubles qui existent dans la capitale ; la nécessité de rétablir la tranquillité publique dans la ville de Paris, en éloignant promptement les troupes et en établissant une milice bourgeoise; et j'ai ajouté que l'assemblée nationale reconnaissait le droit qu'avait Sa Majesté de régler la composition de son conseil, mais qu'elle ne pouvait lui déguiser que le changement des ministres était la première cause des mallieurs actuels.
Le président rend compte ensuite de la réponse de Sa Majesté; elle est conçue en ces termes :
« Je vous ai déjà fait connaître mes intentions sur les mesures que les désordres de Paris m'ont forcé de prendre; c'est à moi seul de juger de leur nécessité, et je ne puis, à cet égard, apporter aucun changement. Quelques villes se gardent elles-mêmes; mais l'étendue de cette capitale ne permet pas une surveillance de ce genre. Je ne doute pas de la pureté des motifs qui vous portent à oflrir vos services dans cette affligeante circonstance; mais votre présence à Paris ne ferait aucun bien, elle est nécessaire ici pour l'accélération de vos importants travaux, dont je ne cesse de vous recommander la suite. »
La réponse du roi ne satisfait point l'assemblée; plusieurs mem-
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bres témoignent leur indignation de la tranquillité apparente du roi au milieu du désordre général, et du peu de condescendance (jifil a pour les demandes de rassemblée nationale.
On propose divers projets d'arrêté ; mais on ne se fixe sur aucun.
On propose alors de nommer des commissaires qui seront cliargés de rédiger sur-le-cliamp un projet d'arrêté.
Cette proposition est adoptée.
Les commissaires sont nommés. Ils se retirent un moment, et bientôt ils reviennent apporter le projet d'arrêté qui suit, et qui est unatiimement approuvé :
« L'assemblée, interprète de la nation, déclare que M. Necker, ainsi que les autres ministres qui viennent d'être éloignés, emportent avec eux son estime et ses regrets.
Déclare qu'effrayée des suites funestes que peut entraîner la réponse du roi, elle ne cessera d'insister surl'éloignementdes troupes extraordinairement rassemblées près de Paris et de. Versailles, et sur rétablissement des gardes bourgeoises.
Déclare, de nouveau, qu'il ne peut exister d'intermédiaire entre le roi et l'assemblée nationale.
Déclare que les ministres et les agents civils et militaires de l'autorité sont responsables de toute entreprise contraire aux droits de la nation et aux décrets de cette assemblée.
Déclare que les ministres actuels et les conseils de Sa Majesté, de que!(|ues rang et état qu'ils puissent être, ou quelques fonctions qu'ils puissent avoir, sont personnellement responsables des malheurs présents, et de tous ceux qui peuvent suivre.
Déclare que la dette publique ayant été mise sous la garde de l'Iionneur et de la loyauté française, et la nation ne se refusant pas d'en payer les intérêts, nul pouvoir n'a le droit de prononcer l'infâme mot de banqueroute, nul pouvoir n'a le droit de manquer à la foi publique, sous quelque forme et dénomination ipie ce puisse être. »
Knfin, l'assemblée nationale déclare ([u'elle persiste dans ces précédents arrêtés, et notamment dans ceux du 17, du 20 et du 2r) juin dtirnier.
l'A la présente délibération sera remise au roi par le président de l'assemblée, et publiée par la voie de l'impres-xion.
L'assemblée arrête de plus que iM. le président écrira à M. Necker et aux autres ministres qui ont été éloignés, poiu' les informer de i'airêlé qui les concerne. »
(Jn demande que la séance soit continuée, aliu que l'assemblée