‹ Histoire parlementaire de la Révolution françaiseChapitre 75 sur 92 · MOUVEMENTS DANS LES PUOVINCI'S · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DANS LES PUOVINCI'S

ment rt'ilért'C lo loïKleiiiaiii.Copciuliuil le poiiplo snulovc' alla biûlor les barrières, et nieiiaoa diverses maisons oii habitaient îles f^ens prévenus iraocaparenient des j^raiiis. Alors, le gouverneur invita la bourgeoisie à se former en milice urbaine, cl à travailler au lelour de l'ordre. Le prix du pain fut baissé, et on arrêta deux individus désignés par la colère du peuple. M. le niarécbal de Broglie, fuyant de Paris, tomba au milieu de celte efl'ervescence. Ce fut avec peine, et grâce à un puissant déploiement de la garnison, qu'il échappa à la vindicte publique {Événements mémorables arrivés à Verdun, au sujet du marécfud Broglie, etc. )

-t Chdtelleraut en Poitou, le peuple s'empara de rhôtel de ville, nomma des échevins, et arrêta les magistrats qui s'opposèrent à ses arrêts. On prescrivit aussitôt des mesures pour aller à la recherche des farines. Le pain fut fixé à 5 sous la livre pour les ouvriers, et à 5 sous pour les nobles.

Ainsi, en tous lieux, les Français se formèrent en gardes nationales; et presque partout aussi ils euiontdes griefs à punir.

CiiAP. III. — Meurtres de Foulon et de Berthier. — Discussion dans l'assemblée sur les mesures à prendre. — Proclamation adressée au peuple.

Les troubles dont nous venons do parler retentirent promptement dans l'assemblée nationale. Lally-Tolendal fil une motion à ce sujet, dans la séance du 20 juillet. Il demanda que l'assemblée s'occupât de ralTermir l'autorité publique, et lui soumit une proclamalion au peuple, destinée à rappeler à celui-ci tout ce qu'avaient fait l'assemblée et le roi pour mériter sa confiance; on y invitait tous les bons citoyens au retour de l'ordre, à la répression des troubles et des exécutions arbitraires, et l'on autorisait la formation des milices bourgeoises sous la surveillance des municipalités. — Cette motion fut longuement débattue, et enfin renvoyée aux bureaux. Parmi les orateurs qui prirent part à cette discussion, nous trouvons, pour la première fois, le nom de Robespierre. Voici les paroles qu'il prononça :

.1/. Robespierre. Il faut airner la paix, mais aussi il faut aimer la liberté. Avant tout, analysons la motion de M. de Lally. Elle présente d'abord une disposition contre ceux qui ont défendu la liberté. Mais y a-t-il rien de plus légitime que de se soulever contre une conjuration horrible, formée pour perdre la nation? L'émeute a été occasionnée à Poissy, sous prétexte d'accaparements ; mais la Bretagne est en paix, les provinces sont tranquilles, la proclamation y répandrait l'alarme, et ferait perdre la confiance. Ne faisons rien

'rli [-l'I Jlll.LET I78".>) ASSKÎIBI.I-K NATIO.NAI.K.

aveo prt'cipitation. Qui nous a dit que les eiiiiemis de KKlat soient h jamais dt'goûtés de rintri{,'ue?

— La nouvelle sinistre de la mort de Foulon et Berthier devait donner, le surlendemain, un intérêt pressant à ces débats.

Paris, 2:2 juiUi't. — Vers cinq heures du matin, on amène M. Foulon, qui avait éti' arrêté près de Fontainebleau, à Viry, par les habitants du lieu. Cet homme sansdoute se croyait bien coupable envers le peuple, puisfiu'il avait fait répandre le bruit de sa mort; et, pour le confirmer, il avait fait enterrer pompeusement un de ses domestiques, sous son nom. Il s'était ensuite caché dans une terre de M. de Sartines, où il fut aperçu et saisi.

M. Foulon fut conduit à riiùtel de vide, où on le fit attendre. Vers neuf heures, le comité assemblé décida qu'il serait enfermé à l'Ahbaye. On chercha M. Lal'ayette, pour qu'il fil exécuter cet ordre. 11 était à parcourir les districts; on ne le trouva point. Pendant ce temps, un rassemblement se formait sur la place, et demandait à voir Foulon. Il était midi. M. BaiUy descendit; on l'écoula parler, mais on persista. Enfin, le peuple pénétra dans la grande salle de l'hôtel de ville; il voulut voir Foulon, qu'on cherchait, disait-il, à dérober à la justice. On le lui présenta. Alors commença ce remarquable dialogue. — M. de la Poize, électeur. Messieurs, tout coupable doit être jugé. — Oui, répondit-on, jugé de suite et pendu. — Messieurs, dit IM. Osselin, pour juger il faut des juges ; renvoyons donc M. Foulon aux tribunaux. — Non, non, répliqua-t-on, jugez de suite. — Puisque vous ne voulez pas des juges ordinaires, continua M. Osselin, il est indispensable d'en nommer d'autres. — Eh bien 1 jugez vous-mêmes. — Nous n'avons le droit ni de juger, ni de créer des juges; nommez-les vous-mêmes. — Eh bien ! cria le peuple, M. le curé de Saint-Étienne-du-Mont, "SX. le curé de Saint- André-des- Arts. — Deux juges ne suffisent pas, s'écria M. Osselin, il en faut sept. — Alors le peuple nomma M.M. Qualremère, Varangue, etc. — Voilà bien sept juges, dit alors M. Osselin; il faut maintenant un greffier. — Que ce soit vous-même. — Un procureur du roi. — Que ce soit M. Duveyrier. — De quel crime accuse-t-on M. Foulon? dit M. Duveyrier. — Il a voulu vexer le peuple... Il a dit qu'il lui ferait manger de l'herbe... Il était dans le projet (I)... Il a voulu faire la banqueroute... Il a accaparé des

(1) Foiilon avait présenté deux plans à la cour : l'un où il conseillait au roi de se mettre à la tétc de la révolution ; l'autre proposait des mesures violentes, l'arrestation du duc d'Orléans et de plusieurs autres députés. [Mémoires de madame de C'ampan.)

MKl IITRK np. KOI I.OX. 42'»

hit's. — Alors li's doux prêlres se lovôrent, et dt^claivreiit qu'ils se récMisaieiit, atltMulii que les lois de TÉglise dcfendeni, de verser du sang. — Us oui raison, disaient les uns ; ils nous anuisenl , disaient les autres, et le prisonnier s'échappe. A ces mots, un tumulte elTioyable s'éleva dans la salle. — .Mpssieurs, dit un électeur, nomme/ quatre d'entre vous pour legariUr. Eu elVet, quatre lionnnes entrèrent d;His une pièce voisine où l'on avait retenu Foulon. — Mais jugez donc! criait-on alois. — Messieurs, il nous manque deux juges, dit un électeur. — Nous nommons .MM. Bailly et Lafayette. — Mais M. Lafayette est absent, répondit-on, il faut ou l'attendre, ou nommer cpielqu'un à sa place. — Kli bien! nommez vite, et nommez vous-même.

Enlin les ('lecteurs se déterminèrent à procéder au jugement; on lit revenir M. Foulon. Des hommes du peuple entrelacèrent leurs bras, et formèrent une chaîne épaisse de plusieurs rangs, au milieu de laquelle fut reçu le coupable. En ce moment, M. Lafayette entra, et alla se placer au bureau parmi les électeurs ; il adressa au peuple un discours sur lequel diffèrent l'Ami du Roi et le procès-verbal de la commune, dont nous extrayons ces récits. « .Messieurs, dit-il (suivant la version de l'Ami du Roi), messieurs, certes je ne puis blâmer votre colère et votre indignation contre cet homme; je ne l'ai jamais estimé; je l'ai toujours regardé comme un grand scélérat, et il n'est aucun supplice trop rigoureux pour lui. Vous voulez qu'il soit puni, nous le voulons aussi, et il le sera; mais il a des complices, il faut que nous les connaissions. Je vais le faire conduire à YAbbai/e: là, nous instruirons son procès, et il sera condamné, selon les lois, à la mort in''amante qu'il n'a que trop méritée. » Suivant le procès-verbal, M. Lafayette dit : « Je suis connu de vous tous; vous m'avez nommé votre général, et ce choix qui m'honore m'impose le devoir de vous parler avec la liberté et la franchise qui sont la base de mon caractère. Vous voulez faire périr sans jugement cet homme qui est là devant vous : c'est tine injustice qui vous déshonorerait, qui me flétrirait moi-même... Ce que je dis en faveur des formes de la loi ne doit pas être interprété en faveur de M. Foulon. Je ne suis pas suspect à son égard, et peut-être même la manière dont je me suis exprimé sur son compte en plusieurs occasions suflirait seule pour m'empêcher de le juger. ^Mais plus ii est coupable, plus il est important que les formes s'observent à son égard, soit pour rendre sa punition plus éclatante, soit pour avoir de sa bouche la révélation de ses complices. Ainsi, je vais le faire conduire à l'Abbaye. » (Ces deux versions s'accordent cependant dans un fait important, c'est que M. Lafavette empêcha le jugement

ôfi.

42G (22 JUILLET 1780) assemblée nationale.

d'être continué à riiôtel de ville, et le récit de l'Ami du lioi avait

été évidemment arrangé pour luire tort à M. Lafayetle.)

Oui, oui, en prison! A bas! à bas! cria le peuple dans la salle. En ce moment on entendit une grande clameur sur la place. — C'est le Palais-Royal, c'est le l'aiibourg Saint-Antoine qui arrivent, dit-on. — Alors un homme bien mis s'avança vers le bureau. Vous vous moquez, dit-il; qu'est-il besoin de jugement pour un homme jugé depuis trente ans! Sur ces mots. Foulon fut saisi, porté jusque sur la place , et enfin attaché au cordon fatal qui pendait au coin de la rue de la Vannerie. On coupa ensuite la corde, et la tête du malheureux fut mise au bout d'une pique.

A peine ce drame était-il terminé, qu'un autre commença. M. Berthier, ex-intendant de Paris, avait été arrêté à Compiègne, et on l'amenait à Paris. Son voyage de Compiègne à Paris fut déjà un affreux supplice. Sa personne fut respectée ; mais les populations accouraient pour le voir et le maudire ; on dressait devant lui des écriteaux chargés d'épithètes infamantes. En un lieu, on jeta dans sa voilure des morceaux d'un pain noir et dur, et on lui cria : Tiens, malheureux, le voilà ce pain que tu nous faisais manger !

Dès son entrée dans Paris, il trouva un terrible cortège qui l'attendait et ne cessa de le précéder. C'étaient des hommes portant de grandes perches, à chacune desquelles était un écriteau contenant l'une de ces phrases : Il a volé le roi et la France. — Il a dévoré la substance du peuple. — Il a été Cesclave des riches et le tyran des pauvres. — Ha bu le sang de la veuve et de l'orphelin. — Il a trompé le roi. — Il a trahi sa patrie. — A ces écriteaux menaçants vint s'en joindre un plus menaçant encore, la tête de Foulon, son beau-père. Ainsi accompagné, il arriva à l'Iiôlel de ville ; il y fut introduit. Là, il subit un interrogatoire insignifiant, et l'ordre fut donné de le conduire à VAbbaye. Cet ordre s'exécutait, mais à peine Berthier fut-il arrivé sur la place, qu'il fut arraché à son escorte, et traîné vers la rue de la Vannerie. Sa résistance fut désespérée. Il fut tué d'un coup de sabre.

La terreur qu'inspirèrent ces deux événements provoqua la première émigration.

MM. Lafayetle et Bailly offrirent leur démission ;i la comnnme et aux distiicts; mais sur les vives prières des électeurs el des disputés de 2") districts, ils consentirent à garder leurs fonctions, et finent de nouveau proclamés.

Il ne faut pas croire cependant que la majorité de la population et de la bourgeoisie accueillit ces exécutions avec les sentiments de répugnance nt de Icin'ui- consignés dans les écrits de la plupart

MEURTRF DK nFnTlIirW. Ail

ilos historions. On no voyait alors dans ces l'a ils (|ne dos ados d'une colôro oxoossivo sans doiile, mais passafj;ôre. Les yeux ôlaionl liabiliiôs fi des speelacles bien aulreineiil. alïrciix. Nous donnerons [ilus Uird la preuve que la lorlure et le supplice de la roue étaient encore usités, sous le rè^ne môme de rassemblée nationale. Kn principe, d'ailleurs, on était embarrassé pour dire que ce ne fiit pas là de la justice, puisqu'il élail enseigné que toute justice émane du peuple, et que c'était à lui à nommer les juges. Au re.ste, la preuve que les exécutions de Foulon et de Bertliier, et celles qui suivirent la prise de la Bastille, furent envisagées sans la répugnance qui se fût attachée inévitablement à dos violences réputées criminelles, ce sont les caricatures de l'éporpie. Nous en citerons quelques-unes parmi un grand nombre que nous avons vues.

L'une a pour épigraphe : le CaU ulatcur patriote. Klle représente un homme assis devant un bureau, et tenant des tablettes à la main. Sur le bureau sont six têtes, celles de Foulon, Berlhier, de Launay, etc. Le calculateur huit d'écrire sur ses tablettes, qui Je vùujt pat/e six, rexte quatorze. Dans la chambre du calculateur, on voit pendus au mur un fusil et une giberne de garde national, et une gravure représentant la prise de la Bastille. Pour comprendre ce qui de vingt ptnje .</./•, etc., il faut se rappeler que les motionnaires du Palais-Royal avaient, un mois auparavant, condamné le comte d'Artois, le prince de Condé, le maréchal de Broglie, etc. Nous avons vu quatre formats de cette caricature. L'un est d'une gravure assez belle ; un autre est colorié et évidemment destiné aux enfants.

Dans une autre séiie de caricatures, dont les exemplaires furent très-nombreux, l'on voit des troupes composées, lanlùt d'hommes habillés en paysans, tantôt de bourgeois, tantôt de soldats. Ils marchent processionnellernent, portant des piques au bout desquelles sont lichées des tètes. Toutes ces caricatures portent uniformément pour épigraphe ces mots : C'est ainsi quon se venge des traîtres.

AsSr.MliLÉK > ATIONALK. — SÉ.V.NCK DL" JEl 1)1 23 JL'ILLET. — Un

membre rend compte à l'assemblée des scènes tragiques qui se sont renouvelées hier à Paris, dont MM. Foulon et Berthier ont été les malheureuses victimes. De nouveaux troubles agitent la capitale ; les divers districts sont divisés entre eux d'opinions et d'inté-rèts.

M. de Lally-Tolendbl saisit cette occasion pour reproduire le projet de proclamation qu'il avait déjà présenté'. On se rappelle que et' projet avait éié renvoyé aux bureaux; il n'est pas plus favorablnment accueilli aujourd'hui, malgré les différents amendements

-i:2S \-2T, jih.i.kt 17.S!t) ASSf:>n«i.i-E natkinai.e.

propos)'.'?, tanl par Lally-Tolciidal liii-inr-me que par plusimirs

autres membres.

M.Moimier appuie le projet de M. Lally.

M. le ctjmte de Mirabeau attiibue les désordres de Paris à l'absence d'une autorité reconiuie, au dissentiment marqué qui s'établit entre les districts et les électeurs. Ceux-ci ont rendu de grands services, sans doute, mais comme ils ne sont en réalité que de simples particuliers sans délégation, sans conliance, leur autorité est nulle, et c'est l'anarcliie qui règne.' De là il résulte qu'il faut au plus tôt réunir les districts, qu'on le fera aisément par l'intervention de quelques députés conciliateurs, que la commune nommera un conseil provisoire et que ce conseil provisoire s'occupera d'im plan de municipalité, dont l'établissement assurera la subordination et la paix.

M. deLally-Tolendal. Les coups terribles portés par un ministère coupable ont amené ces catastroplies effrayantes. Il ne faut pas s'abuser : le peuple demande vengeance, mais il faut de la subordination; autrement on n'aurait (juitté le joug et la tyrannie du ministère que pour retomber sous le glaive de l'arbitralité, etc. On peut avoir beaucoup d'esprit, de grandes idées, et être un tyran. ( L'orateur parait lixer M. de ^lirabeau... On murmure.) Par exemple, Tibère pensait, et pensait profondément ; Louis XI sentait, et sentait vivement.

M. Gouy d'Arcy. Les premiers coups frappés par le peuple sont dus à l'effervescence qu'inspirent nécessairement l'anéantissement du despotisme et la naissance de la libellé. Il n'iUait guère possible qu'un |)euple ([ui venait de briser le joug sous lequel il gémissait depuis longtemps, n'immolât à sa fureur ces premières viol i mes.

I.e gouverneur d'un fort pris d'assaut, d'un fort, gouffre de la liberté, ne pouvait guère avoir un autre sort ; tombé entre les mains des défenseurs de la liberté, d'un peuple nombreux qu'il avait voulu sacrifier au despotisme, il a eu ce qu'il méritait.

Maisaujourd'bui, messieurs, rien ne peut justifier la fureur où l'on vient de se porter contre deux individus : ils étaient coupables, sans doute; mais il fallait les juger légalement.

Ne croyez pas, messieurs, que ce soit seulement cette classe d'boiumes ([u'ou qualilie de peuple, (jui s'est portée à ces excès : un nombre infini de citoyens accompagnait la populace, l'encourageait, l'animait, et plusieurs n'ont pas craint de se laver les mains dans le sang bumain.

•le frisscimie lorsque j'cnvi.sage les suites funestes de ces excès atroces. Le peuple peut .s'accoutumera ces spectacles sanglants, se

MOTION i)i: i.vr.i.Y. i±i

lairo lin joii du réiviudre du sang. La Iurbaric pouldcvonir iiuo liahiliidi'; les proscriptions sont élernellos; des liaines purlioulirres peuvent servir de prétexte, etc.

Je n'entends pas ici vous elTrayer ; mais, messieurs, je dois vous dire ce que je sais; il existe une liste de proscrits : soixante personnes y sont coucliées, et plusieurs des lionorables lueiubies de oetie assemblée sont du nombre.

Plusieurs membres continuent de discuter les motions de It. de ^lirabeau et de M. Lally.

.1/. /<■ curé Grégoire. En adoptant la proclamation, je jiropose qu'on ajoute un moyen (|ui, autrefois, a réussi : celui d'engai^LM- tous les pasteurs de toutes les provinces du royaume à tranquilliser les peuples au nom de la relif^ion, en leur envoyant directement cette adresse. Qui de vous ne voudrait pas être, dans ce moment, au milieu de ses paroissiens, pour leur faire entendre des paroles de paix et de confiance dans les travaux de rassemblée nationale?

Les mois de liste de proscription, prononcés par un des préopinants, font impression sur beaucoup de membres. Plusieurs, et même on pourrait dire le plus grand nombre, sont d'avis d'établir un tribunal quelconque, capable de mettre un frein au désordre.

.1/. Barnare. 11 ne faut pas se laisser trop alarmer par les orages, inséparables des mouvements d'une révolution. L'objet princijtal est de faire la constitution, et d'assurer la liberté; pour cela, deux institutions sont d'abord nécessaires, les gardes bourgeoises et des municipalités bien organisées; ensuite il faut assurer une justice légale pour les crimes d'État ; alors le peuple s'apaisera et rentrera de lui-même dans l'ordre (I).

— On fait lecture d'un arrêté pris par les électeurs de Paris, le 2ii juillet, qui ordonne que toutes personnes arrêtées sur le soupçon de crime de lèse-nation seront conduites à la prison de l'Abbaye Saint-Germain ; que deux électeurs seront chargés de faire part à l'assemblée nationale de cette disposition, et de l'engager à prononcer sur le tribunal qui devra juger.

M. Dufresnoy, suppléant de Paris, député d'un des districts de cette ville, est introduit; il dit qu'il est chargé de demander que l'assemblée nationale autorise l'érection d'un tribunal formé de soixante jurés, pris dans les soixante districts, qui, après avoir prêté serment entre les mains de MM. Bailly et Lafayette, procéderaient contre les accusés par une instruction publique, conformément à l'arrêté qu'd a laissé sur le bureau.

1) On accusa Barnave d'avoir dit à cette occasion : O' sang clait-il donc si , ur ! Nous avons donné le compte rendu du Moniteur.

Page 1