‹ Histoire parlementaire de la Seconde République: suivie d'une petite histoire du Second EmpireChapitre 6 sur 19 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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penchent. La démocratie de notre temps, comme celle d'il y a quarante ans, prompte à se laisser séduire par un faux radicalisme, incline toujours vers les solutions absolues : il faut lui dire et lui redire sans cesse que la politique ne comporte pas de solutions de ce genre, et qu'à vouloir les poursuivre, au nom des préceptes de la logique abstraite et pour satisfaire à la pureté de prétendus principes, elle risquerait d*aboutir aux précipices où la seconde République devait nécessairement sombrer.

Il y a, dans la génération de 1848, à distinguer, comme en toutes choses, ce qui est*bon de ce qui est mauvais. Ce qui est bon, c'est l'inspiration si profondément honnête et si noblement élevée des républicains de cette époque. Ce qui est mauvais, c'est leur défaut de sens politique. Non pas certes que la politique, surtout celle de la démocratie, puisse se passer des ardentes et généreuses inspirations du cœur : sans ces inspirations, on ne fera jamais rien avec des chances sérieuses d'attirer et de retenir la France. Mais la démocratie peut encore moins se passer de sage raison dans la direction de nos affaires. La démocratie est maintenant souveraine dans notre pays. Elle y règne et gouverne. Elle a, ne nous lassons pas de le répéter, la responsabilité des destinées de la France, ayant la direction de son action dans le monde. Elle aura des comptes redoutables à rendre un jour devant Thistoire. Elle ne peut plus, elle ne doit plus se conduire comme autrefois, d'après les seules inspirations de son cœur ou d'après les règles d'une méthode abstraite, absolue, exclusivement logique, toute hérissée de ces fameux principes trop souvent forgés pour les circonstances et qui ne servent qu'à masquer des passions d'un moment. Il faut à la démocratie de Tesprit politique, de Tesprit de gou-

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veraement. C'est là ce qui a manqué à la R(*piil)lir|U(* de 1848, et c'est par où elle a péri.

Qu'est-ce donc que l'esprit politi([U(î?

C'est cet esprit de lumière, qui nous porter à voir Itîs choses non pas comme nous les désirons, mais conimtî elles sont; c'est en outre cet esprit de fortci H prudente conduite, qui nous porte à ))nMi(inî dans i*^ gouvernement de la société la part d'action rfui nous nous revient à nous et aux nôtres, sans jamais nous emporter, sans jamais nous décourafi:(îr, sous |)rét(»xt(î que les alïaires ne vont pas au jçié de nos passions ou de notre volonté, mais en travaillant toujours au succès de notre cause par la discussion puhlicfuts par l'instruction générale et en dehors do tout recours à la violence.

Ainsi, avec l'esprit politique, un homme public, un grand parti voient ce qui est, et no voien t quo co q ui est : c'est le premier pas, et non pas le moins difficilo- pour n'entreprendre que ce qui est possible. LVsprit |)olitique, c'est le contraire d(î Tospril do chimènî. Avec l'esprit de chimère, on se trompe soi-même avant (h^ tromper les autres ; on oonmioncc^ l)ar se forgor un idéal, et plus cet idéal est inaccessible, incompréhensible, plus on le juge digne dVtrci proposé à l'admiration des simples, à (|ui tout semble facile. L'esprit politique, au contraire, enstîigne que tout est difficile, dans uncî société aussi e()ni|)liquée ([ue la nôtre; que la moindn^ mesure, pour nt^ pas dire la plus petite réforme, impose ch» grands ménagements, comporte de longs relards; ([u'il convient d'y ai)porter beaucoup de circonspection (ît de pa tience, et que le temps est, en politiciue, un facteur d'une importances au moins égale à la bonne volonté des hommes. L'esprit politique est sobre de promesses. Il ne remmce pas à se donner un haut et

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