I. Cité par Coplet, p
a. Cité par Dut*.l-Arsould, Etienne Dolet, p, i4.
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raison à ces assertions ; et c'est ce qui a trompé Henri Martin.
Mais il ne suffit pas d'attaquer l'Eglise pour devenir le martyr de l'idée philosophique. Un martyr en effet doit tenir tellement à sa foi qu'il la préfère à la mort, même la plus cruelle. En a-t-il été ainsi de Dolet? Au lieu d'affirmer des convictions philosophiques, il s'en défend à tout propos. « Vous dites, écrivait-il à Floridus Sabinus, en réponse à ses accusations, vous dites que Dolet ne croit pas que l'âme survive au corps... il faut que vous prouviez cela, soit par mes écrits, soit par ma vie. Qui peut dire que mon langage est autre que pieux, chaste, rempli du respect de Dieu ' ':■ » Voilà le désaveu, écrit par lui-même, des doctrines philosophiques, athées et matérialistes, qu'on lui prétait — peut-être d'ailleurs avec raison — ; et il l'a fait à un moment où rien ne l'y obligeait, puisqu'il n'était alors sous le coup d'aucune poursuite.
L'un des panégyristes de Dolet, M. Galtier, a été bien plus près de la vérité qu'Henri Martin lorsqu'après avoir défendu son triste héros contre l'accusation d'athéisme et de matérialisme, il a ajouté : « Le spiritualisme de Dolet n'est ni systématique ni mystique. L'absolu et l'infini le tourmentent peu. Pourquoi la vie? pourquoi la douleur et la mort? L'examen de ces questions ne le lente guère et il parait aussi peu attentif aux réponses de la révélation qu'à celles de la philosophie *. •
En réalité, c'est même faire grand honneur à Dolet que de poser à son sujet de pareils problèmes. Cet f esinoucheur » de l'argent des évoques et des prélats, ce forban des lettres, cet homme aux mœurs infâmes, l'as- .sassinde Compaing. n'était pas un homme à convictions. 11 a eu successivement et souvent simultanément lus