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LES CAMPAHMES AU XV» ET AU XVI

et les marchands, les paysans achètent autour d'eux les vignes, prés, champs qui viennent ainsi arrondir leur patrimoine. Les textes nous citent de grosdomaines possédés par eux... à Esmans, une des terres de Saint-Germain. sur 80 censitaires, un occupe plus de deux cents arpents, deux détiennent plus de cent arpents, onze de cinquante à cent arpents (148S). L'année suivante, un simple laboureur prend à bail, à Valenton, un hôtel avec cour, grange, étables et bergeries, quatre-vingts arpents de terre" en labour ou en friche et quatorze arpents de pré, pour quinze livres tournois et deux setiers de blé. En Picardie, de 1440 à 1520, nous voyons des familles de paysans acquérir plusieurs champs, vignes et prés de leur voisinage». » . . „

Pour cultiver ces terres qu'ils enlevaient ainsi à 1 exploitation directe du seigneur, les paysans formaient souvent entre eux des associations, qui sont la preuve de leur esprit d'initiative et de leur degré déjà avancé de civilisaUon. Nous les trouvons un peu partout, en Provence, en Languedoc, en Quercy, en Orléanais, en Anjou, Maine, Touraine. en Nivernais, où les dernières ont survécu jusqu'au xix» siècle. Ces contrats de . frairage » ou « d'alTrairement . se faisaient entre étrangers : deux familles s'unissaient pour cultiver une terre. Plus souvent, ils groupaient les membres d'une même famille, époux ei épouse, père, enfants, neveux, cousins. Leur durée était variable . dans les terres affermées, elle s'étendait souvent aux termes mêmes de l'exploitation ; dans les censives et les emphytéoses, à une période fixée d'avance ou parfois indéfinie Mais la loi qui les régissait était unique. C'était l'indivision des biens comme la communauté de vie. Même habitation, même table, confusion des meubles ou immeubles du travail, de» gains, de* pertes, nul na pouvant acheter, vendre disposer sans 1« consentement

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