I. UsikT Di Li TotB. Ut nnginctde la Héforme, \, p
2G( msToinn paiitiai.e, riisroiRE vbaie
des autres. La convention finie, les familles se séparaient comme les patrimoines *.
Ces terres, que les roturiers achetaient ou louaient pour les exploiter avec leurs nombreuses familles ou leurs associés, ils les rendaient plus productives par lo défrichement.
La forêt d'Orléans avait 60.000 hectares au xv» siècle; elle n'en a que 20.000 au xvi= ; les deux tiers de sa superficie ont été mis alors en culture. Dans un passage de son GarganUa, écrit en 1533, Rabelais constatait que les déboisements des régions du Centre et du Nord-Est étaient déjà fort avancés.à cette époque, et qu'en particulier . en Beauce, il n'y a nul bois ». D'une enquéle faile, en 1545, dans la paroisse d'Auzon (Yonne), il ressort que,« depuis quarante ans, on a commencé à labourer cer. tains terrains qui, de mémoire d'homme, ne l'avaient jamais été • ; quatre cent quarante arpents, « jadis en forêts de haute futaie et repaire de bêtes fauves, venaient d'être ainsi défrichés en une seule localité' ». « En 1487, les documents nous mentionnent les défrichements faits dans la forêt dePerseigne ; en 1405. ceux de la forêt d'Orléans ; dans la première, ce senties moines de Tiron, dans la seconde, les chanoines de Jargeau qui établissent des cultivateurs et partagent le sol.... En Bourgogne, non moins remarquable fut cette conquête du sol. Dès 1466. Saint-Marien a donné une partie de ses terres à défricher. En 1492.ce sont les religieux de Quincy qui concèdent aux habitants de ïichey six cents à sept cents arpents de terres incultes à charge de b;Uir. En 149G, c'est Saint- Rémi qui partage ses domaines de Valdouvres.t pour édifier, les défricher et mettre en nature de labeur... »; par suite, vingt-cinq familles s'établissent dans le pays» ..
1 . Imbart db li Tour, op. cil., p. 48S. a. n'ATBSBt., op. ett., I, pp. J74-»75. 3. Imbahï de la Tour, op. cil., p. 317.
LE5 CAMPAGNES AU SV» ET AU XVI' SIECLE 2ba
M. Imbart de la Tour, auquel nous empruntons tous ces renseignements, nous donne encore toute une liste de défrichemenls accomplis, de 1460 à 1520, en Champagne et Bourgogne (Echarlis, PonUgiiy, Saint-Germain, Vauluisant, Saint.Pierre-Le-Vit et Sainte- Colombe de Sens, Saint-Micliel de Tonnerre, Lignières) ; en Provence. (Mandolieu,Biot,Auribeau,Vallauris,Pégomas,Valbonne, Grasse, Barjols, Saint-Remi, Saint-Paul de Fogassières, Manos.iuc) ; en Languedoc, (Toulouse, Nimes); en Daupliinc, (Lioncel); en Guienne et Saiutonge, (Eutre-deux- Mers, Mareunes, Arverl); dans le Limousin et la Marche, (Solignac et Aubepierre). Dès le commencement du XVI» "siècle, l'historien de Louis XII, Claude de Seyssel, signalait ces grands travaux de défrichements dont il était le témoin : « Plusieurs lieux et grandes contrées, écrivait-il, qui soûlaient (avaient coutume) être incultes et en friche ou en bois, à présent, sont tous cultivés et habités de villaiges et maisons, telkment que la tierce part du royaume... est réduite en culture depuis trente ans, mais plus de ce règne que de l'autre temps K .
Grâce à ces grands travaux, la culture de la vigne prit une réello extension et la France devint, au xvf siècle, le plus grand pays producteur de vin de l'Europe. Le Languedoc, l'Agcuais.la Guienne, le Mcdoc tiraient déjà de la vigne leur principale richesse ; en Bourgogne, les abbayes donnaient un grand développement à leurs vignobles; ce fut en l.iill que fut plantée la région de Volnay Alors aussi, s'étendent les vignobles de Champagne et d'Ile-de-France • l'abbaye de Saint-Gerraain-des" Prés plante ses possessions de Grenelle, de Vaugirard. d'Issy La culture de la vigne pénètre jusqu'en Picardie et en Normandie, essayant ainsi de conquérir des positions qu'elle n'a pas pu conserver.En Provence, se développaient, vers le même temps,les ctillures maraîchères et,
I. CLAi,DBDESErs8EL. Uittoirc de Loiiis XII, id.Godettoy.p. ij8.
pour les favoriser, on irriguait, dès 1511, le pays, avec les eaux de la Duiance. En Languedoc, ou propageait l'olivier elle mûrier; les pruniers, les poiriers et les pommiers se multipliaient en Noruiandie.
Ue toutes les productions, ce fut celle du blé et des autres céréales ((ui prit alors la plus gramle extension. M. Devinât prétend que le blé ne rapportait pas alors plus de six pour un et qu'il laissait dans la misère celui qui le cultivait. Les textes nous prouvent, au contraire, que cette culture fit alors les plus grands progrès et que le rendement du blé ne cessa d'augmenter au commencement du xvi= siècle. « Telle métairie de l'Orléanais qui, au xV siècle, rapporte dix muids de blé, en vaut quatorze en 1507. Telle paroisse de Bourgogne qui rend cinq luuids et demi en 14Ci), est alTermée à treize muids en 1409, à dix-huit en 1516. Tel autre domaine de Normandie loué pour vingt-sept muids de blé, deux muids et vingt mines d'avoine en 148S, est baillé, dix ans plus tard, pour trentetrois muids de blé et quatorze muids d'avoine. Ce progrès du rendement est général et continu.
» Dans celte culture, ce fut surtout celle du froment qui l'emporta. Nous trouvons dans une seigneurie du lierry quelques cliiffres qui permettent do la comparer aux autres. En HS:i, elle est égale à celle du seigle ; en 1495, elle lui devient supérieure; en 1507, elle la dépasse des deux tiers.... Au début du xvi» siècle, dans certaines localités de Bourgogne et rile-de-Fraucc, la culture du seigle a à peu près disparu, (remplacée par celle du blé). En Normandie, un grand nombre de rentes se constituent en froment; c'est que le froment est devenu le plus gros rendement du soP • C'était surtout dans la Beauce. l'ilede-france, le Poitou, la vallée de la Saône, le Languedoc que les céréales étaient produites avec abondance.
Ce qui prouve mieux qu
tous les raisonnements, les
iiE n TogR, op '■il; I, p. aaa-aaS.
LES CAMPAGNES AD XV* ET AU XVl" SIÈCLE 271
progrès de Tagricullure et de son rendement au xvi* siècle, c'est le taux auquel étaient vendus les produits agricoles. II serait oiseux de les étudier tous; qu'il nous suffise de noter les prix auxquels furent alors cotés les plus importants d'entre eux, le blé et le vin. « Avec le milieu du XV" siècle, dit M. d'Avenel, commeuce cette ère de prospérité matérielle — les sept vaches grasses de notre histoire — qui durera jusqu'à la première partie du règne de François !"■. En 14.51-1475, le blé baissa de moitié par rapport à la période antérieure : de 6 fr. 70 il tomba à 3fr. 25*. 11 ne dépassa pas en général 4 fr. de 1476 à 1525 pour l'ensemble du royaume. Le calme politique dont on jouissait alors ne garantissait pas le paysan de l'inclémence des saisons et des disettes de grains qui eu résultaient. Pour que la moyenne des mercuriales n'ait pas dépassé 3 fr. ->â (19 fr. 50) et 4 fr. (24 fr.) pendant ces soixante-quinze ans, il faut que certaines provinces aient compensé par un bon marché inouï l'élévation passagère des cours dans certaines autres. En effet, l'Ile-de-France ne paya l'hectolitre que 3 fr. (ISfr.), le Languedoc que 4 fr. (24), la Normandie que 2 fr. (12).
« L'année de la plus abondante récolte peut-être — à en juger par les cours — des six siècles qui ont précédé le nôtre, en 1464, l'hectolitre de froment se vendit 1 fr. 75 (10 fr. 50) à Strasbourg; 1 f r. 25 (7 fr. 50) à Amiens, 1 fr. 10 (6 fr. 601 à Albi, 0 fr. 85 (5 fr. 10) à Paris ; 0 fr. C5 (3fr. 90) dans l'Eure et la Seine Inférieure, 0 fr. 56 (3 fr. 36) à Soissons'. »
Ce qui avait causé, au Moyen Age, les disettes que nous signalent parfois les documents, c'était moins la rareté de la production que l'inégale répartition des produits entre
1 . Il faut miiltiplier par six pour avoir la valeur actuelle de ces sommes; le blé tomba donc de 4o tr. ao (prix de (aminé de la puerre de Cent Ans) k 19 fr. 5o.
a. D AvE.NLL, op. cil., 111, p. igS.
les consommateurs. Par suite des difficultés de communicaliou, tel pays était dans l'abondance el le blé s'y vendait à vil prix; tel autre était dans la disette et le blé y atteignait un taux inabordable. Au xv» et au xvi" siècle, au contraire, les prix deviennent uniformes dans la France entière, et c'est une preuve que le commerce avait fait de grands progrès et que les transactions étaient devenues plus faciles, grâce à la commodité et à la sécurité des communications. « Il n'est pas très rare que le blé vaille, comme en 1492, 2 fr. 30 (7 fr. 80) dans le Midi, 2 fr. 20 (7 fr. 20) dans le Centre et 2 fr. 40 (8 fr. 40) dans leNord^. En 1.500, il n'y a entre Bruxelles où le blé coûte 4 fr. 25 (25 fr. 50) et Orléans où il coûte 4 fr. 90 (28 fr. 50) qu'une marge insignifiante ; il est vrai qu'à Paris, il se vend eu ce moment 1 fr. 90 (10 fr. 50; '. »
Cette baisse de prix généralisa dans la France entière la consommation du blé. Tandis que, au Moyeu Age, le paysan se nourrissait surtout soit de pain de seigle, soit d'un mélange de froment et de seigle, au xV et au xvi» siècle, il emploie le pur froment; et ainsi, le pain blanc est aussi fréquent sur la table des paysans que sur celle des citadins et des bourgeois. Nous en avons pour preuve la décadence de la culture du seigle que nous mentionnent les documents du xvi» siècle ; car il est évident que si la production du seigle décline rapidement au cours de ce siècle, c'est parce que la consommation du froment s'est substituée à celle du seigle.
Le blé était produit alors en une telle abondance qu'il pouvait alimenter non seulement la France, mais encore un grand nombre de pays étrangers ; il figurait eu effet pour une large part dans le commerce d'exportation du royaume.
Une pareille abondance s'expliquerait-eile si, comme le prétend sans preuves M. Devinât le blè, au xvi» siècle, n'avait donné que six pour un?