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LES CAMPAGNES AU XV* ET AO XVI» SIÈCLE

eu 15G0, un contemporain de Charles IX, on avait tous les jours de la viande ; les mets étaient abondants, on engouffrait le vin comme si c'eut été de l'eau'. »

Une pareille abondance et d'aussi bas prix, s'ils sont agréables au consommateur, peuvent aussi être une cause de ruine pour le producteur ; la mévente des denrées que la surproduction fait tomber à un prix dérisoire a été parfois une cause de ruine pour le cultivateur. L'abondance qui régna au xvi» siècle ne provint pas de cette cause et ne produisit pas de pareils résultats; si elle rendit plus facile la vie de tous, ce ne fut pas au détriment du producteur. Nous en voyons la preuve dans ce fait que la valeur de la.terre s'accrut dans des proportions considérables pendant cette période ; ce qui n'aurait pas eu lieu si la culture n'avait pas enrichi propriétaires et fermiers. Par des exemples empruntés aux documents d'archives, M. Imbart de la Tour a démontré que, dans les dernières années du xv» siècle et les premières du xvi", les baux et les fermages — c'est-à-dire la rente de la terre — augmentèrent rapidement. « Dans le Maine, dit-il, une métairiede douze journaux, louée soixaoto-troisdeniers tournois en li.51, vaut louze livres de ferme en 1510 ». c'est-à-dire quarante fois plus, les douze livres équivalant à 2.8-SO deniers. « Une autre métairie affermée soixantequinze sols parisis en 14S6 monte à sept livres en 1511, doublant ainsi de valeur * A Louviers, la vergée déterre qui rapporte cinq sols tournois, en 1476, rend treize sols six deniers en U% La ferme d'une acre de terre, dans la même période, sélève de vingt et un sols à trente-sept sols six deniers. En Champagne, sur les terres de l'évûchéi de Troyes. la fauchée de prés qui se loue on movennf* huit sol? tournois en 1486-87. se donne à donz« »olf lournoî» en 1601-1.508 Tl ««rait facile de mnltiplier le= exemples qui «otis montrent avec quelle

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C7fl HISTOIRE PAnriALE, HISTOIRE VRAIE

liiliklité le revenu foncier s'accroit de 1460 à 1520.

« Celte hausse ne fait que traduire la plus-value du c.ipital. Celui-ci progresse aussi bien dans les campagnes •jue dans les villes ; sur les terres labourables, prés, V igues, connue sur les maisons, le mouvement est général. L'acre de ferre qui vaut en Normandie neuf livres au XV' siècle, monte à onze livres en 1502, à treize livres 111 1513. Même dans les régions les plus pauvres, celles (lu Plateau-Central et du Limousin, l'éniinée de terre qui vaut vingt sols à peine en 14S5, peut dépasser trente sols cil 1505. En Bourgogne, dans le Clialoiniais, le soillon de terre qui vautsi.x à sept gros vers 1480, s'élève progressivement jusqu'à quinze gros en 1518. Dans cette province, connue en Normandie, la plus-value est d'un tiers '. • (Jette plus-value de la terre était signalée, dès le conuiiencoment du xvi' siècle, par l'historien Claude de Seyssel, quand il écrivait sous le règne de Louis XII : « la renie des terres, bénélices et seigneuries a crû généralement ; plusieurs sont de plus grand revenu, par chaque année, (lu'ils ne se vendirent, du temps même de Louis XI, pour une seule fois. »

En même temps que la richesse, le paysan du xvi« siècle ac(|uérait laliberté. Il ne se coutentaitpas d'exploiter une terre plus étendue, plus productive et de plus grande valeur; il la voulait encore do plus en plus lihrn des uiieienncs charges féodales.

Dès le Xlil° siècle, le servage avait disparu do la plu- ]iiiit des provinces de France ;cteu UMK. Louis X l'avait aljùli dans tonte l'étendue du domaine royal. l*ar suite de la guerre de Cent Ans et de l'arrêt qu'elle avait fait subir à l'évolution sociale, il persistait encore, au xv" siècle, en Bourgogne, en Champagne, dans certaines régions du Centre, le Berry, l'Auvergne, le Bourbonnais ; le xv« et

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