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LES CAMPAONES AU XV' ET AU XVI* SIKCI.E

le XVI" siècle accentuèrent dans ces pays l'œuvre lio libération. « En Bourgogne, elle recommença avec les ducs et se poursuivit sous l'occupation française. Pressy, Islandle-Saussois, Rouelles (1479), Richebourg (1483), Chevigny (1484), Grignon, Lantlies, ïerves (1491), Bussylo-Grand, Arceaux (1494), Couches (1496), Saint-Michel de Tonnerre (1314), Vaurois (1518), Larcon (1523), voilà un certain nombre d'affranchissements collectifs qui nous sont parvenus. Mêmes progrès en Champagne. Dans ce pays où le servage était plus répandu encore et comportait une foule de degrés, les mesures libératrices se succèdent, œuvres de seigneurs laïques ou du clergé. Colaverdy est affranchi en 1470, Marolles eu 1487, Arzillières en 1519 ; quelques années plus tard, Tonnance et Suzannecourt. Dans le Centre, avant la fin du xv* siècle, le seigneur de La Trémoille a accordé la liberté à Sully ; d'un seul coup, 119 personnes, hommes ou femmes, cliangent de condition. A Guéret, les habitants se préteudent libres depuis Charles VUI ; il n'y a plus parmi eux que quelques serfs isolés. Kn 1500, dans toute la Marche, on ne rencontre que des mortaillables, tenanciers perpétuels qui peuvent se marier et disposer de tous leurs biens ; mais le servage a disparu. Ainsi se répètent dans toute la France ces dispositions libérales. Le seigneur a aboli la main-morte, reconnu aux habitants le droit d"acquérir, de succédei-, (le disposer de leur personne ou de leurs biens, supprimé le formariage, le droit de suite, la taille arbitraire, en un mot transformé le serf en personne humaine.

« Les affranchissements individuels ne sont pas [moins nombreux. Nous en trouvons en Bourgogne, eu Bourbonnais, en Berry •. »

Dans les pays où le servage persiste encore, il s'atténue, les charges qui pèsent sur les serfs s'allègent, les chaînes qui entravent la liberté deviennent plus légères.

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Ils ne sont plus « taillables et corvéables à merci », raais la coutume «xe le taux de la taille que le seigneur n'a pas le droit de dépasser. « Partout où lestaxes arbitraires donnèrent lieu à des conflits, la jurisprudence des Parlements contribua à répandre cette idée qu'elles devaient être converties en un droit fixe ou levées seulement» à volonté raisonnal)le ' ». Dans beaucoup de pays, le serl obtient, dans une certaine mesure, le droit de tester, et une partie de ses biens va d'office à ses descendants ; en Champagne, il peut posséder, acquérir et transmettre librement. Ailleurs, l'enfant d'un serf et d'une femme libre, d'une serve ou d'un homme libre est réputé libre. Ainsi, par ces dispositions qu'établissent la coutume ou les lois, le serf tend à se confondre avec le métayer et le fermier.

Ceux-ci, de leur côté, se débarrassent de plus en plus des liens et des redevances qui pèsent sur eux et cherchent à se transformer en propriétaires libres. « Les charges domaniales tendent à se restreindre. Celles qui persistent sont immobiles. Par là, elles ne sont plus véritablement onéreuses au paysan Elles deviennent plus gênantes qu'oppressives, moins contraires à ses intérêts qu'à son amour-propre. Tailles, banalité.», corvées, elles ne représentent plus guère que quinze à vingt sols annuels c'est à-dire sept à huit journées de travail ' Mais il les considère déjà comme inconciliables avec une condition libre Par suite, il les trouve iliégitimes et injustes et, plus d'une fois, s'y dérobe, non par accablement, mais par fierté En Berry, 8P 1490. les nommes df Saint-julien et d'AngibauU refusent une taille en déclarant qu'ils ne sont pas serf» Même prétention des habitants de Salvais

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