‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 120 sur 201 · I. Imbaut riE la Tooit, F. p 46F · texte numérisé non relu

I. Imbaut riE la Tooit, F. p 46F

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LES r.AMPAr.NE? AU XV" ET AU XVI* SIECLE 27^

en Auvergne qui, affranchis de la mainmorte, entendent ne plus rien payer. A Guéref, les Iiabitants se disent exempts des banalités : ils affirment que la coutume de la Marche est telle que tout homme libre n'est pas soumis aux monopoles. En 151.5, en Bourgogne, les habitants do Molesme ne consentent à payer cinq sous tournois, pour leur ancien affranchissement, qu'à condition « qu'on ne leur demandera aultre redevance ' ». Et ainsi, les vilains, descendants eux-mêmes des anciens serfs, affirment leur liberté et leur sentiment d'indépendance.

Richesse, indépendance, têts sont les deux mots qui résument le mieux la condition des patjsans français de la guerre de Cent Ans aux guerres de religion, de 1450 à 1560. Biches, ils le sont ; car pendant cette période, ils ont gagné de nouvelles terres à la culture par des défrichements, développé leurs procédés agricoles, et activé la production du sol ; grAce à eux, le sol fertile de la France a fait régner l'abondance même chez les plus humbles.

Indépendants, ils le sont ; car l'aisance au milieu de laquelle ils vivent et les progrès de leur condition matérielle leur ont donné chaque jour plus de fierté et de hardiesse. Serfs, ils veulent être considérés comme des fermiers libres: fermiers, ils veulent devenir les proprié, taires du sol qu'ils cultivent depuis plusieurs générations.

Et ainsi, se poursuivent simultanément les progrès de leur condition matérielle et de leur condition morale.

On voit, dès lors, ce qu'il faut penser des affirmations des manuels scolaires sur ces questions. Lorsque M. Devinât proclamait la misère des paysans du xvi» siècle, il n'avait pas apparemment étudié les nombreux textes cités par M. Imbart de la Tour et prouvant tout lo contraire. Quand il parlait de la culture du blé ne donnant

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