‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 123 sur 201 · CHAPITRE XIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIl

Lia r<*forme catholique avant Luther.

Alx«rd ol DEBinoiR (Cours moyen, p. îq).

L'Èillisc étaiil liii corrompue, un moine alUmani, Luther, avait essayé de la réformer, Idoiu, Cours supérieur, p. i30.

Calvkt (Conrs moyen, p. 8j).

Les rroynnts eux mimes se mirenl ù discuter let préteiitiont d'une f.<jlise 7111 se disuil iiif.tilUble et n'avait même pat su réformer les mœurs de ses iirètres... (p.S'î). Ces scandales avaient été signalés déjà par des prêtres eux mêmes, mais sans résultat... on. en vint à se demander si un corps corrompu et dont les scandales étaient manifestes avait qualité pour porter au nom de la religion. Cf. Cours supérieur, p. 90.

KuRiB cl DESiMQtEs (Cours moyen, p. 7^).

La réforme, pour mettre la parole de Dieu à la portée de tous, traduisit les livres suints du lutin en tnnijue populaire... (p. -jl,). Les nluis et les scandales de l'Éjlife rendirent nécessaire, au AT/' siècle, une réforme reli'/K-i's;. Cour* supériour, p. 197.

SOMMAIRE. — L'Église n'a jamais cessé da se réformer.

VIII' siècle : Charles Martel et saint Bouiface. — Au

XI' siècle, Grégoire VII. Au XII", saint Bernard. -

Conciles réformateurs du XIII' siècle. — La Réforme des ordres religieux du XIV'. - Les observances domini. calne et franciscaine. - Conciles réformateurs du XIVo et du XV« siècle. ~ La réforme monastique au XV" siècle,

en Italie, en Allem.agne, en France. — Réforme do

l'Église de France avant Calvin. — Réforme de l'Église d'Allemagne avant Luther. — Nicolas de Cusa. — La réforme protestante n'était pas nécessaire.

C'est surl'ÉgliKe catholique que les manuels scolaires font lûloiuber la ics jonsabiliîé de la Rciorme et dos

LA llÉrOHME CATIIOLIQLE AVANT LlTHEn ^a

troubles qu'elle amena ea Europe. Elle était, disent-ils, corrompue depuis des siècles ; les plus graves abus s'étaient enracinés dans sa vie et dans son administration; et, loin de les extirper, elle les développa, pendant la périodeda la Renaissance. Cette Réforme qui, chaque jour, devenail plus urgente, dut être accomplie, malgré l'Église, par des chrétiens plus soucieux de la morale et de l'idéal du Christ que d'une hiérarchie ecclésiastique en décadence.

Pour peser la valeur de pareilles aflirmations, nous rechercherons si l'Église ne s'était pas réformée elle-même avant Luther et Calvin.

Que l'Église ait eu besoin de réforme, au xv" et au xvi« siècle, c'est ce que ne saurait nier aucun esprit éclairé et sincère ; et qui s'en étonnerait? Surnaturelle dans son principe et dans sa mission, disposant pour ses fidèles de moyens surnaturels, l'Église n'en est pas moins cora posée d'hommes.sujets parleur propre nature à toutes les faiblesses. Le Christ lui-même ne nous l'a-t-il pas enseigné, dès les premières origines du christianisme, lorsqu'il a admis un traître, Judas, au sein du collège apostolique? et en prenant un confesseur attitré, le Souverain Pontife ne proclame-t-il pas que, s'il est infaillible dans son enseignement doctrinal, il est exposé, comme le dernier des fidèles, à toutes les faiblesses humaines? Qu'à travers les siècles, l'histoire du catholicisme nous présente des chrétiens, des prêtres, des religieux, des papes mêmes qui ont scandalisé le monde, au li«u de l'édifier, que le xV siècle ait vu un Borgia sur le trône de saint Pierre, cela peut nous affliger, mais ne doit nullement nous surprendre, puisque c'est d'hommes que se compose l'Église de ce monde et que c'est par des hommes et non par des anges qu'elle est gouvernée.

Vivant elle-même au milieu des nations et des Etats, en conlactquotidien avec louteslesambitionsettoutes les convoitises, il n'est pas étonnant qu'elle ait subi l'influence délétère des sociétés humaines. A maintes reprises, les ri-

mSTOlBE PAUTUIE, HISIOIRE MIAIÏ '^

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chesses qu'elle avait réunies pour faciliter sa mission surnaturelle ont tenté la convoitise des grands et des princes ; pour en disposer eux-mêmes, ils ont envahi les dignités ecclésiastiques auxquelles elles étaient attachées, et ainsi, plue d'une fois, les charges abbatiales ou épiscopales furent occupées par des titulaires indignes. Les principautés séculières, les liofs et les i)éiiéliees qui furent unis aux évêchés, aux abbayes ot aux monastères, furent souvent une tentation pour les princes séculiers qui, par la force, disposèrent de ces biens temporels, soit pour euxmêmes, soit pour leurs familles, soit pour leurs favoris, et, de la sorte, l'Église eut parfois à sa tête des chefs qui dissimulaient à peine sous le costume religieux les pensées et les mœurs les plus frivoles. i\e cherchons pas plus loin la raison des désordres qui désolèrent à plusieurs reprises le catholicisme, mettant ses hautes dignités entre les mains do laïques scandaleux, cumulant sur la tête d'enfants des bénéfices dont ils percevaient les revenus sans en acquitter les charges, at introduisant dans le haut personnel ecclésiastique le luxe, le faste et parfois l'iuconduite.

Les papes eux-mêmes sa laissèrent pénétrer d'ambitions temporelles par la société civile au milieu de laquelle ils vivaient. Si, pour sauvegarder leur indépendance spirituelle, ils se constituèrent des principautés, il faut reconnaître que parfois ces possessions leur donneront des moeurs de princes plutôt que de pontifes. Il en fut surtout ainsi au XV' et au xvi» siècle, avec ces papes aux allures de princes laïques, qui s'appelèrent Innocent VIII Cybo, Alexandre VI Borgia, Julc? II de la Rovère, Léon X Médicis. Si les manuels scolaire» s'étaient contentés de signaler ces faits, nous no les contredirions pas. Mais là où ils mentent, c'est lorsqu'ils prétendent que l'Eglise n'a jamais voulu extirper ces abus et se réformer, ou que U voulant, elle ne l'a jamais pu. De pareilles aiTirnialions faussent l'histoire, car «lie» jettent de parti pris un voiio

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