LA REFORME CATHOLIQUE AVANT HTHEB
mœurs parfois scandaleuses, tels que Iiinoceul VIII et Alexandre VI; Tinnuence moralisatrice de la papauté subit alors une éclipse.
Le mouvement réformateur n'en fut pas arrête pour autant: ce que ne firent alors ni les conciles généraux ni le Saint-Siège, on le dut au zèle des saints. 11 est juste d'ailleurs de reconuaitre que, si le Saint-Siège ne prit pas lui-même l'iniliative des réformes, il encouragea ceux qui les entreprirent, les protégeant de son autorité et les défendant contre leurs adversaires.
Commencée au xiV siècle, la réforme des Ordres religieux sepoursui vil à travers tout le .xv^.Cellc desPrécheurs avait été inaugurée, vers 1380, par Conrad de Trusse et le bienheureux Raymond de Capoue. Un Français, Barthélémy Texier, général de l'Ordre, rélahlil en Aragon ou il fonda une congrégation dominicaine de l'Observance. Une des plus considérables réformes fut celle de Lombardie qui fut commencée, vers 1418, par Mathieu Boniparti de Novare, plus tard évêque de Mantoue. En Hollande, se forma, vers le milieu du xV siècle, une nouvelle congrégation de l'Observance qui comprenait, vers 1500, vingthuit maisons'. , ■ . ,
L'Ordre de saint Augustin, auquel se rattachaient les Prêcheurs, se réforma aussi, de la même manière, au cours du XV siècle. Élu général en i:«5, Ptolémée de Venise avait établi l'Observance régulière dans l'un de ses couvents, celui d'illiceto, autour duquel se créa, vers U15 une congrégation d'Observants. Sur ce modèle d'autres familles de couvents auguslins réformés furent consUtuées, l'une dans le royaume de Naples par Simon de Crémone, avec pour centre le couvent de Saint Jeau de Carbonara de Naples; une seconde, eu 1419. par le P Augustin, en Ombrie, autour de Pérouse; une troisième vers 1435. en Lombardie, par Porzio de Pavie. Jeaa
302 HISTOinE P.inTfAI.K, HISTOinE VRAIl
de Novare et Grégoire de Crémone; à la fin du siècle, elle comprenait nn nombre considérable de maisons. En 1470, Baptiste Poggi créa la congrégation des Auguslins réformés de Gênes qui vivaient dans la plus grande austérité et la plus stricte pauvreté. < Simon de Canierino ayant fondé les monastères de Murano proche de Venise, de Sainte-Marie de Campo-Santo a Padoue et de Monte- Ortano, en forma une congrégation avec quelques autres couvents qui s'unirent à ses trois premiers en 1436. Il y introduisit des observances auslères, qui diiïeraieut de celles que l'on pratiquait dans les autres couvents do l'Ordre.... Une autre congrégation fut fondée dans la Fouille par Félix de Corsano, en 14'J2, sous une observance très étroite, et l'année suivante (1493), il en parut une autre en Allemagne, parles soins de Simon Lindmer et d'André Proies, qui réunirent les principaux couvents d'Allemagne et douze autres en Bavière en une seule congrégation qu'ils appelèrent de Saxe*. » Quoique donnant personnellement le spectacle d'une vie peu austère, Jules II favorisa cette réforme des Augustins allemands. En 1430, Jean d'Alarcon réforma de la même manière les Augustins deCastille ; en lo03, François de Zampana établit l'Observance augustine en Calabre.
L'Observance franciscaine n'avait que vingt-trois maisons, en 1390, lorsque mourut son initiateur Paul de Trinci. A partir de 1421, elle prit une rapide extension sous la direction du grand prédicateur italien, saint Bernardin de Sienne '. Attaqué par les conventuels qui regardaient les observantins comme des schismatiques de leur Ordre; accusé même d'hérésie parce qu'il propageait le culte du saint Nom de Jésus, Bernardin de Sienne fut soutenu dans son œuvre par le pape Martin V et surtout par Eugène