LA RÉFORME CATHOLIQUE AVANT LCTHER
parles textes, c'est qu'avant lui, les massespopului.es ne l'aient ni lue, ni comprise.
„ Tout ce qu'enseigne la sainte Eglise, dit un bvre de piété antérieur à Luther, la Porte du Cul (1513), doit exciter à lire avec Imuiilité et dévotion les saintes Ecritures, les Bibles qui sonl maintenant traduites et imprimées en langue allemande et partout répandues en grand nombre, soit complètes, soit abrégées, et que tu peux acheter aujourd-hiii pour peu d- argent. . Et après avoir cité ce précieux témoignage, Janssen ajoute : « Le nombre des traductions del'Ancien et du Nouveau Testament, soit complètes, soit en parties séparées, était en effet considérable. On compte onze éditions de psaumes parues avant 1513 ; vingt-cinq, antérieurement à 1518, des Evangiles et des Epi res La même temps, jusqu'au moment de la scission , e 1 Egl.se, il ne parut pas moins de quatorze éditions de la Bible en haut-allemand et cinq en bas-allemand.... Au commencement du xvi« siècle, on se servait déjà d'une sorte de Vulgate eu Allemand, qui servait de type ». » L'éditeur de luue des plus belles traductions en allemand de la Bible la B,(//<! J«Co/o;/"''(l*'70-*4S")'disaitdanssapréfaco: « Tout chrétien doitlire la Bible avec respect et dévotion... Les gens instruits doivent se servir de la traduction latine de saint Jérôme; mais les personnes illettrées, les hommes simples (ecclésiastiques ou laïques), etparUculièrement les moines et les religieuses, doivent se servir de la présente Bible en traduction allemande, pour se préserver des flèches de l'ennemi infernal. » 11 pienait soin d'ajouter d'ailleurs qu'il ne fallait pas juger ce qu'on ne comprenait pas dans la lecture et accepter toujours le ^eu^ généralement entendu par l'Eglise romaine».
Cette Renaissance du catholicisme dans l'Alle.nagn» Ju xV siècle avait été surtout l'œuvre de saints persoo
jAi.»st^ op. cU.. II,». 46.
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nages, tels que Gérard Groote, le fondateur des Frères de la Vie Commune, Denys le Chartreux, Hagen, Busch, Brugmann, et ils la propagèrent par leur action incessante, leurs prédications et surtout l'action considérable, parfois même irrésistible, qu'ils surent prendre sur le peuple. Il ne faudrait pas croire cependant que l'épiscopat soit resté étranger à ce grand mouvement. Si beaucoup de ses membres, appartenant aux grandes familles féodales de l'Allemagne, faisaient trop souvent passer les affaires temporelles avant les spirituelles, d'autres restaient fidèles à leur mission surnaturelle et travaillèrent sérieusement à la réforme de l'Eglise allemande. Signalons dans leur nombre Frédéric de Beichlingen, archevêque de Magdebourg, de 1445 à 14C4; dès son avènement, il s'engagea à réformer églises et monastères, et il y travailla énergiquement, avec l'aide du chanoine Tacke et du prévôt Jean Busch, malgré l'opposition des Ordres mendiants. Une chronique contemporaine dit que, de tous les couvents de l'Allemagne, les plus austères étaient ceux de Magdebourg'.
Les papes, deleurcôté, favorisèrent la réforme religieuse qui se poursuivait au sein de l'Eglise allemande. Ce fut pour la mettre sous le patronage de l'Église romaine et lui donner ainsi une plus grande intensité, que Nicolas V envoya Nicolas de Cusa comme légat en Allemagne, et ce fut au nom du Saint-Siège que le cardinal accomplit la grande œuvre que nous avons rappelée. Le pape Pie II s'intéressa tout particulièrement à la réforme des Ordres religieux, et ce fut lui qui ordonna de réunir à la Congrégation de Bursfeld les Bénédictins qui venaient d'adopter rObservance.il aurait voulu faire plus encore et réunir en une grande famille les Congrégations bénédictines réformées de Bursfeld, Castel et Melk. Pie II donna aussi son appui à la réforme des Préinontrés en Bavière et des