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tilH HISTOIRr. PARTIALE. HISTOIRE VRAIE

papes, les conciles généraux et provinciaux, les ordinaires des diocèses, les chefs d'ordre, les légats, les chapitres diocésains et monastiques pour réformer l'Église. Ce que Calvin et Luther ont oubliéde dire, c'est que, cornpaiée à l'Eglise du grand schisme, celle du xvi' siècle était mieux organisée et plus pure, et que tout, en elle, marquait un réel progrès, religieux et moral.

C'est ce progrès, incomplet encore mais réel, que le protestantisme est venu compromettre, en remplaçant, par la révolution violente, le schisme et les guerres civiles, l'évolution réformatrice de l'Église catholique. Lancés les uns contre les autres, parles excitations fratricides des fondateurs du protestantisme, ks chrétiens auraient perdu de vue la réforme de l'Église sans l'énergie des papes du xvi' siècle, qui l'accomplirent malgré tout, avec l'aide du concile de Trente. On peut donc dire que les succès passagers de Luther et de Calvin ont été un accident malheureux dans l'histoire du Cliristianisme et du progrès de l'humanité, puisque, sans eux, la réforme se serait faite par l'Église, sans les divisions du schisme et les hort reurs d'un siècle de guerres religieuses.

BIBLIOGRAPHIE

BossuET. Histoire des Variations des Églises protestantes (^dilio

diverses).

hiDART de la Toor. Les Origines de la Réforme, tome II. L'Églii

catholique, in 8». Paris, Il.ichette, 190 1. Ouvrages déjà cités de Pastor et de Jasssis».

CITAriTRF. XIV

Les doctrines de la Réforme.

L'Intolérance protestante.

Brossolette (Cours moyen, p. C3).

I.n Ttffiirme habitue les hommes à ne plus accepter sans contrôle les ensci'jnemenls de l'É'jlise, à ne plus croire sans comprendre. Ils apprennent ainsi à faire usnge de leur raison.

GuTHiER et Deschamps (Cours supérieur, p. 69).

l/i né/orme, cette violente protestation contre le loug trop étroit de l'Église pendant le Moyen Age...

CiioTet Mase (Cours moyen, p. lol,).

L'esprit de libre examen facilite le succès des prédications de Luther et de Calvin.

rtociE et Despiques (Cours moyen, p. 7J).

La Déforme, pour mettre la parole de Dieu à la portée de tous, traduisit les livres saints du latin en langue populaire''-. U pasteur sans pouvoir extraordinaire n'avait d'autre mission que de commenter l'Évangile devant les fid!les égaux entre eux (p. 73). La néforme favorisa le progrH politique et social; elle donna à quelques pays, surtout à l'Angleterre, la paix intérieure et legnûi de la liberté; elle est restée pour ces peuples une cause de grandeur matérielle et intellectuelle (p. ■}!>.) La Réforme affranchit les peuples et fit faire de grands progrès à l'humanité.

Cours supérieur, p. igS.

La réforme... donna au monde moderne plus de liberté de vie et de mouvement (p. 197). La néforme, dit Gui:ot,a été m grand élan de liberté de l'esprit humain, an besoin nouveau de penser, de juger librement pour son compte, avec ses faibles forces, des

I. Nous avons démontré dans un chapitre précédent (Cf. chap. XIII, p. 3ii et 3i5j, que, bien avant la néforme, l'Église catholique l'avait fait. C'est faire preuve d'ignorance que d'attribuer CCS imitatioDS i la Réforme.

HISTOIRE PARTIALK, HISTOIRE VRAIB

faiti et des idées que jusque là l'Europe recevait ou était tenue de recevoir des mains de l'autorité. C'est une grande tentatice d'aj- Jranchissement de la pensée humaine... contre le i>ouvoir absolut dans l'ordre spirituel... elle répandit dans le monde le besoin de penser librement; l'esprit critique sorti de la Réforme, ne tarda pas i s'attaquer à toutes les questions (p. 1 98). La Réforme libéra la pensée humaine et elle prépara les esprits à l'examen de tous les problèmes.

SOMMAIRE. — KenselKnement» Incomplets sur les doctrine» protestantes. — Intolérante doctrine de Luther. — se présente comme infaillible. — Cris de haine de Luther contre le catholicisma. — Contre les Juifs. — Contrôles protestants eux-mêmes. — Luther et Carlostadt. — Appel de Luther à l'extermination des hétérodoxes. — Appel à la persécution contre les catholiques. — Appel à la force contre la papauté. — Intolérance du plus modéré des protestants, Mélanchton. — Fanatisme persécuteur de Zwingle et de Bucer. — Négation du libre examen par Luther. — Théocratie luthérienne. — Absolutisme doctrinal de Calvin — Négation du libre examen par Calvin. — Extermination des hérétiques réclamée par Calvin. — Les protestants et Michel Servet. — Glorification de son supplice par les protestants. — Théodore de Bèze et l'écrasement des hérétiques. — Intolérance des calvinistes anglais et écossais. — Le cardinal Sadolet et les Vaudois. — Calvin interdit la traduction et la libre Interprétation des Écritures. — Conclusion.

Si Ton s'en tenait aux manuels scolaires, on ne se douterait même pas que les controverses qui donnèrent naissance à la Réforme furent llicologiques. On n'y parle quefurtpeu des discussions qui s'engagèrent entre Luther elles catholiques sur les indulgences, la valeur des actes humains, le libre et le serf arbitre, la liberté et la gnlce. la foi et les œuvres. Il y est encore moins question de l'Eucharistie, de«rimpanatioa» luthérienne, de la cène calviniste.

de la transsubstantiation catholique, du purgatoire, du culte des Saints, de la vertu satisfactoire de la Messe et des œuvres de pénitence et de charité. Quoique ce soit sur ces points précis que la Réforme s'est élevée contre le catholicisme, et qu'elle-même s'est subdivisée en un grand nombre de sectes, on n'en parle pas aux enfants. Pour comprendre ces questions, ils devraient connaître le catéchisme, il faudrait peut-être le leur expliquer en classe et c'est ce qu'il faut avant tout éviter. Mieux vaut n'avoir que des notions fort vagues et même inexactes sur le protestantisme que d'apprendre le catéchisme. Et puis, nos primaires ont un superbe mépris pour ces questions de la grâce et de la liberté qui out passionné le génie de Leibniz, pour ces questions du phénomène et delasubstance, soulevées par le dogme de l'Eucharistie, qui ont provoqué les méditations de tant de théologiens et de philosophes, de saint Augustin à saint Thomas d'Aquin, de saint Thomas d'Aquin à Kant ; pour le problème de la vie future et de la destinée humaine, que n'ont cessé d'approfondir au cours des siècles les plus grands esprits. Parlet-on de ces choses dans les comités radicaux dont nos primaires sont les lumières et en a-t-on besoin pour être initié à la maçonnerie ?

.le soupçonne d'ailleurs que la plupart de nos jeunes pédagogues laïques seraient gênés pour en parler ; car leurs manuels se trompent lourdement quand ils entrent dans ce domaine religieux qui leur est vraiment bien étranger. Voyez, par exemple, Brossolette ! Il ne voit aucune différence entre le luthéranisme et le calvinisme ! « Calvin, dit-il, introduisit en France les idées de Luther. » Il netaitpasque.sur la hiérarchie ecclésiastique, et surtout l'Eucharistie, il y avait un abimc entre les doctrines de ces deux réformateurs. 11 ne sait pas que, pour Luther, Dieu est réellement présent dans les espèces du pain et du vin au moment de la consécration, tandis que, pour Calvin, il n'y est qu'en souvenir.Il ne sait pas que Luther

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a toléré l'épiscopal dans ses églises, tandis que Calvin l'a radicalement proscrit. 11 ne sait pas qu'en Alleinague et en Angleterre, des divergences profondes de doctrines et d'organisation ont longtemps opposé calvinistes et luthériens. Son esprit simpliste plane dédaigneusement au-dessus de ces nuances dont il ne saisit ni la gravité ni la portée. Hypnotisé par le culte du Bloc, il a fait de tout le protestantisme luthérien, calviniste, presbytérien, anglican, puritain, évangélique, méthodiste, zwinglien un Bloc, comme M. Clemenceau en a fait un de la Révolution. Je laisse aux hommes éclairés le soin de voir si ce procédé sommaire est scientifique et conforme aux saines méthodes pédagogiques.

MM. Guiot et Mane suivent cet exemple. « La Réforme, écrivent-ils, supprime les archevêques, les évoques. C'est un mouvement surtout populaire. » Et ils oublient qu'encore de nos jours, un grand nombre de protestants obéissent à des archevêques et à des évêques, continuateurs de ceux qui ont été maintenus en Allemagne par Luther, en Angleterre par Henri VIll et Ehsabeth, en Suède par les Wasa, en Danemark par le roi Christian. Savent-ils qu'à l'heure actuelle, l'église protestante anglicane compte, dans le Royaume-Uni et ses dépendances, plus de deux cents évêques qui, ces dernières années, se sont réunis en concile sous la présidence de l'archevêque anglican de Cantorbéry : que l'Eglise protestante épiscopalienne d'Amérique comprend, dans les Etats- Unis et ses missions, deux cent dix-huit évêques ' ; que la Suède protestante forme une province ecclésiastique avec un archevêque à Upsal ft douze évêques; que la Norvège et le Danemark protestants comptent la première six évêques et le second sept? Voilà ce qu'ont oublié ou ignoré MM. Guiot et Mane quand ils ont écrit « la Réforme supprime les archevêques... les évêques »;

I, TlieAinuricuna.iTl. ProleslaiUé[jUcopal Churcli,

et cela nous donne une fois de plus l'idée du sérieux et de la science qui ont présidé à la confection de ces manuels laïques, déclarés intangibles et infaillibles par la maçonnerie officielle.

En dissimulant ou en altérant de la sorte la vérité historique, les auteurs « laïques # ont vidé le protestantisme de toute idée religieuse et ils en ont fait un système philosophique et politique. Nous ne contestons pas qu'il tende à le devenir de plus en plus et que, de nos jours, beaucoup de ses adeptes n'aient plus aucune idée théologique et religieuse, tout en se déclarant protestants. Mais vouloir envisager de la sorte les premiers réformés, attribuer au protestantisme du xvi' siècle le caractère qu'une dégradation progressive a imprimé à celui de nos jours, c'est un anachronisme grossier, qu'on ne peut commettre que si l'on est entièrement dépourvu de sens historique.

La plupart des manuels scolaires sont tombés dans ces graves défauts lorsque, pour opposer le protestantisme au catholicisme et le parer des quahtés qu'ils refusaient à l'Eglise, ils l'ont présenté comme une école de libre examen, de tolérance et de liberté de pensée. En cela, il est vrai, ils n'ont fait que reproduire les déclamations de leurs maîtres, Henri Martin, Quinet et surtout Michelet. Ces auteurs avaient déjà fait naître du protestantisme du XVI» siècle la liberté religieuse et l'esprit d'examen, et donné les grands réformateurs de ce temps-là comme les ancêtres de la Révolution et les apôtres de la tolérance. Quoique empruntées à ces écrivains par les primaires, ces idées n'en sont pas moins fausses et il est facile de démontrer :

1° Que les fondateurs du protestantisme ont prêché une doctrine intolérante, et qu'ils n'ont supporté aucune contradiction à leur étroit dogmatisme.

2» Qu'ils n'ont jamais cessé, partout où ils ont eu de l'influence, de faire api)el à l'intervention du gouvernement

pour réduire par la force toute dissidence, et soumettre, par la violence, à leurs doctrines quiconque refusait de l'adopter.

Certes, Luther n'avaitaucun droit d'imposer aux autres ses mauières de voir. Il enseignait que par le baplérne le sacerdoce est communiqué à tout chrétien et que, dès lors, tout baptisé a le droit et le devoir dinlerpréter les Ecritures et de découvrir lui-mèiue, derrière le texte .sacré, les croyances qu'il doit suivre, les pratiques qu'il doit observer. Il appartient par conséquent à chacun de se faire sa propre religion et d'être à sa manière le disciple du Christ. Mais comme Luther s'empressa de couper court à ce libre examen dans le domaine théologique ! Lorsqu'il en eut tiré les conséquences qu'il en attendait, c'est-àdire la destruction do l'autorité du pape et des évoques, il lui substitua le dogmatisme le plus étroit. Il s'érigea luimême en docteur infaillible et prétendit imposer ses enseignements sans souffrir de contradiction. Il s'intitulait, dès 1522, « l'Ecclésiaste de Witlemberg, par la grâce de Dieu, » attribuant ainsi ;\ sa parole un caractère inspiré, et il osait écrire, dans sa réponse à Henri VIII, qu'il voulait être considéré « comme ayant plus d'autorité dans son « petit doigt que mille papes, rois, princes et docteurs.... » « Celui qui enseigne autre chose que ce que j'enseigne, ou me condamne à ce sujet, condamne Dieu même et dcmeui-era pour jamais enfant de l'enfer ' ». — « Ma doctrine, disait-il encore, ne peut-être jugée par personne, même par les anges, car je suis certain de sa vérité ; par elle, je prétends être votre juge et celui des anges eux-mêmes, comme dit saint Paul. J'affirme donc que celui qui ne la rei;oitpas ne peut être sauvé, parce qu'elle vient do Dieu et non de moi et que ma sentence est celle du Seigneur

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