‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 139 sur 201 · J.\n3SEii, t. II, p. a3i · texte numérisé non relu

J.\n3SEii, t. II, p. a3i

elnon la inieune... Tant que vous vous opposerez à moi, vous ne réussirez à rien, jusqu'à ce que votre front de fer et votre cou d'airain aient été brisés, soit par la miséricorde, soit par la justice'.» Luther était persuadé que sa doctrine était celle de Dieu lui-même et que par conséquent quiconque ne pensait pas en toute chose comme lui, était ennemi de Ditu et possédé du démon. « Quant à moi, écrivait-il en 1530, je suis persuadé que ma doctrine est la parole de Dieu et qu'elle équivaut à l'Évangile ; et c'est de cela que le duc Georges de Saxe enrage, lui l'ennemi mortel de celte doctrine ! aussi doisje croire qu'il agit contre Dieu et contre son Christ. S'il tonne contre Dieu et le Christ, je dois croire, au fond de mon cœur, qu'il est possédé du démon ; s'il est possédé du démon, je dois croire, au fond démon cœur, qu'il nourrit les desseins les plus pervers '. »

Dès lors qu'il se présentait comme la voix infaillible de Dieu et qu'il voyait dans ses adversaires des agents du démon, Luther réclamait l'extermination par la force de ses adversaires et l'interdiction de toute religion, de tout culte, de toute pensée autres que le luthéranisme. Il avait, dans ses sermons et ses écrits, préconisé la destruclion de tous les couvents et de toutes les églises. « C'est, disait-il, la première et la plus utile des réformes.... La doctrine des bonnes œuvres (la doctrine catholique) est si pernicieuse et si funeste que si l'on rasait toutes les églises et toutes les abbayes el si l'incendie les réduisait en cendres, le mal serait moins grand, même si l'incendiaire avait agi par pare malice, que si une seule Ame était entraînée dans une semblable erreur (le catholicisme).... Si le clergé no suit pas la voie que je lui trace, jesouhailo non seulement que ma doctrine amène l'cnlière destruction des couvents cl des abbayes, mais que (/«»!« propres

Ibid., p. î35.

LuTHtR. œuvres complHei, l. XXXI, p. ao.

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yeux, je puisse un jour les voir réduits en un monceau de cendres '. »

Lorsque éclata, en 1525, en Allemagne, la révoliilion sociale, dirigée par MUiizer, et que, de toutes paris, les églises catholiques et les abhayes furent détruites, les prêtres, les religieux et les fidèles massacrés en foule, Luther excitait par ses pamphlets haineux cette rage fanatique : « Quelques-uns, écrivait-il le i"'' janvier 1526, pensent qu'on peut maintenant cesser de railler le papisme et l'état ecclésiastique, et qu'après tant d'écrits, de livres, de pamphlets, ils ont été assez bafoués, chausonnés, lacérés, insultés de toute manière... je ne partage point cet avis. Je pense avec l'Apocalyse qu'il faut continuer à abreuver la prostituée Rouge (ainsi appelait-il l'Église catholique)... et lui compter autant do douleurs et d'amertumes qu'elle a eu jadis de joie et d'honneur, jusqu'à ce qu'elle soit foulée aux pieds dans la rue, comme la boue, et que rien ne soit plus honui, plus vil, en ce monde, que cette Jézabel sanguinaire.... Maudit soit celui qui sera négligent dans ce devoir, puisqu'il sait bien que l'accomplir, c'est servir Dieu qui veut la ruine et l'extermination de cette abomination de la terre 2. » Il écrivait encore, en 1526, à tous les prédicants de Saxe : « Quelques-uns prétendent que nous ne savons faire autre chose que maudire, damner, honnir et injurier le pape et ses serviteurs; cela est vrai, et il ne peut en être autrement ". » Ses dernières paroles furent un cri de liaine et de guerre contre les catholiques. Trois semaines avant sa mort, prêchant à Halle, le 25 janvier 1516, il réclama l'expulsion de tous les religieux : « Je ne puis assez m'étonner, disait-il, de vous voir, vous, les maîtres de Halle, tolérer encore parmi vous des moines abjects et sordides, et alors que vous savez

1 Jahssbn, t. II, pp. 487-488.

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