‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 14 sur 201 · LES SCIENCES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES PHYSIQUES

;ous rinnuence de Jourdain de Saxe, le successeur de ,aint Dominique dans la direction des Prêcheurs il se ru dominicain en 1222. Il enseigna la théologie dans le couvent de Cologne jusqu'à ce qu'il fut appelé à Pans, en ^•)4S au couvent dominicain de Saint-Jacques. Son ensei- Kuement, à Cologne comme à Paris, eut le plus grand succès et parmi ses nombreux élèves, il compta le plus crand génie Ihéologique du Moyen Age. saint Thomas d-\quiu, comme lui la gloire des Prêcheurs. De retour en Allemagne, il fut élu, en 1254. provincial de celte nation; mais en 1255, il fut appelé à Rome par le pape Alexandre l'v qui le nomma maître du sacré palais. Elu maigre lui évéque de Ratisbonne en 1260, il se démit de celte charge en 126.3 pour pouvoir enseigner; ce qu il lit a Hildesbeim et à Strasbourg. Il mourut à Cologne le 5 novembre 1-2S0. Grégoire XV l'a béatilié en 1662 >.

L'œuvre scientifique qu'il a laissée est immense ; elle n'occupe pas moins de vingt-el-un gros volumes dans lédition qu'en a faite le dominicain Jammy en 1651.

Théologien, physicien, botaniste, naturaliste, orateur. Albert le Grand a été, comme tous les grands scolasliques cl aussi comme les génies de la Renaissance, un homme universel A l'exemple de son mailre Anstote, il composa huit livres de physique sous ce titre de natura loconun. Un mailre émincnt de celte science, le célèbre Ilumboldt, a porté ce jugement sur cet ouvrage : « Je me suis occupé beaucoup à Paris de ce grand homme lorsque je travaillais à mon histoire d'une vue générale du monde; el dernièrement, dans l'examen critique de la géographie du xV siècle, j'ai montré comment son ouvrage de natura locoram renferme les germes d'une

, Sa science produisit une telle impression sur rimagination populaire qu'on lui prila un pouvoir magique. De là les noms de Grand Albert et de f-etU Mberl qu'on a donné, à des livres de n.ag.e que l'on trouve encore dans certaines campagnes.

2S iiisToinn paiitiaix, histoire vraie

excellente description physique de la terre, comment Albert le Grand connaissait ingénieusement l'inlluence qu'exerce su ries climats, non seulement la latitude, mais encore la disposition des surfaces pour modifier le rayonnement de la chaleur ' ». Dans ce même ouvrage, il donne des eaux thermales une explication qu'a ratifiée la science moderne ; elles sont, dit-il, le résultat de courants aqueux souterrains qui, échauffés par l'action de la chaleur centrale du globe, viennent enfin s'épancher à la surface du sol. Lorsque Kircher, dans son mundus subterraneus, donna, au xvu° siècle, la même explication, on crut qu'il faisait une magnifique découverte alors qu'il répétait ce qu'avait dit, cinq cents ans plus tôt, le célèbre dominicain allemand.

Ailleurs, Albert le Grand parle des propriétés de l'aimant et de la boussole.

Quelque grand qu'il fût, celui que l'on appelait « le docteur universel », fut dépassé dans ses recherches de pliysique par son disciple Roger Bacon.

Né en 1214, en Angleterre, dans le comté de Somerset, Bacon fit ses premières études à Oxford ; mais il fut attiré par la réputation dont jouissait l'Université de Paris et il vint s'y perfectionner dans les sciences. Bientôt après, il fit profession de vie religieuse dans l'Ordre de Saint-François et se fixa à Oxford. Luiaussi fut un génie universel ; car la théologie, les mathématiques, la physique, la chimie, les sciences naturelles, la médecine, le droit, la grammaire, les lettres furent leschamps variés de ses recherches et de ses spéculations.

Ce qui a fait la supériorité incontestable de Bacon, c'est que, deux siècles avant cette Renaissance qui aurait inventé le libre examen et l'esprit scientifique, il les a eus au plus haut degré l'un et l'autre. Nous ne résistons pas au plaisir do signaler ses paroles aux ignorants qui

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