‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 15 sur 201 · LES SCIENCES PHYSIQUES · texte numérisé non relu

LES SCIENCES PHYSIQUES

refusent au Moyen Age tout sens critique, toute saine liberté d'examen : « Sans doute, dit-il dans son Opus majus, il faut respecter les anciens et se montrer reconnaissants envers ceux qui nous ont frayé la route, mais ne pas oublier qu'ils furent hommes, comme nous, et se sont trompés plus d'une fois. Ils ont même commis d'autant plus d'erreurs qu'ils sont plus anciens ; car les plus jeunes sont en réalité les plus vieux. Les générations modernes doivent dépasser sous le rapport des lumières celles d'autrefois puisqu'elles héritent de tous les travaux du passé... » Les saints ne sont pas infaillibles ; ils se sont souvent trompés, témoins saint Augustin, saint Jérôme, Origène ; ils nous ont laissé beaucoup à faire et eux-mêmes conviennent qu'ils ont avancé des propositions contestables. Ne parlons d'eux qu'avec tes- X)ec\,n oublions pas la reconnaissance que nous devons à ces sages de iantiqi(ilé sans lesquels nous ne saurions rien ; mais n'hésilojix pas à les conlredire. Ils n'ont pas été au-dessus de l'humanité et trompés par la faiblesse de l'intelligence humaine, ils n'ont pu arriver, en toute chose, à l'entier discernement de la vérité =. •

Cette absolue liberté d'examen qu'il revendiquait dans le domaine scientifique, s'arrêtait au seuil du dogme. Quand il rejetait l'autorité des savants qui l'avaient précédé, il ajoutait : « Je ne prétends nullement parler de cette autorité solide et vraie que le choix de Dieu a remise aux mains de l'Eglise ou que les saints philosophes et les prophètes infaillibles se sont acquise par l'excellence de leur mérite'. »

I. Voilà une pensée bien juste que devraient méditer ces admirateurs arrogants de la science moderne qui méprisent celle du Moyen Age. Ils devraient savoir que no» grands savants contemporains n'ont fait tours découvertes que grâce à fliéritago sclcntinquc des siècles passés.

5. Bacos. Opus majiis, p. Ç|. Compendium pldhsophiae, li^pars, cap. 2.

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