I. Haag. France protestante, t. III, p
a. Déclaration pour maintenir la vraie fui, pp. 45-46. Ce passage ne manquerait pas d'une certaine élévation dans sa dureté, si Calvin n'avait toujours conrunJu sa propre gloire aveu celle de Dieu.
du sang, et de sacrifier résolument un fils, un père, un mari, une femme, un frère hérétiques, Calvin la développa ilans un trailc écrit après le supplice de Servct. Le titre en résume fort bien le contenu ; c'est la « Déclaration pour maintenir la vraie foi que tiennent tous chrétiens de la Trinité des personnes en un seul Dieu par Jean Calvin, contre les erreurs détestables lio Michel Servet, Espagnol, où il est ainsi montré qu'il est laite de punir les hérétiques et qu'à bon droit ce méchant a été exécuté par justice en la ville de. Genève (24 février 1554) '. » Il ne se contentait pas de pratiquer lui-même celte doctrine, en multipliant, à Genève, les exécutions capitales et les condamnations ; il voulait la faire régner partout. C'est ainsi qu'après l'avènement au trône d'Angleterre du roi protestant Edouard VI, il écrivait au duc de Somerset 2, régent du royaume, pour l'exhorter à punir de mort quiconque s'opposerait à la Réforme.
Les disciples de Calvin n'étaient pas moins intolérants que leur maître. Au lendemain du supplice de Michel Servet, ils lui adressèrent en foule leurs félicitations. Au nom de la ville de Berne, le pasteur Jean Haller lui écrivait : « Nous prions Dieu de vous donner l'esprit de prudence, de sagesse et de courage pour que tout ensemble vous éloigniez de votre église et des autres cette peste (les doctrines maudites de Servet). Le 28 novembre 1553, Bullinger, pasteur de Zurich, lui demandait de raconter en un livre (comme d'ailleurs il le fit dans sa Déclaration) l'histoire de Servet, et il ajoutait : « Vous n'oublierez pas de démontrer qu'il est légitime de punir du dernier supplice les blasphémateurs, comme Servet, et ceux qui lui
I . Ce trailc a été publié à cette date en une édition française et une édition latine clicz l'imprimeur parisien Robert Estienne éd. lat., petit int," de a6i p. ;éd. française, in-So de 356 p.). Cette double édition montre l'importance toute particulière que lui allribuait Calvin.
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ressemblent'. » Calvin n'avait certes pas besoin de cette recommandation! Le 10 décembre, un autre prédicani, Farel, écrivait à son ami Blaarer : « C'eût été le comble de l'iniquité que le crime de Servet (son hérésie) fût resté impuni'. » En effet, au cours du procès, Farel avait attendu la condamnation à mort de Servet avec l'impatience d'une hyène flairant un cadavre. « Servet, disait-il, est digne de la mort.... Je tremble que Calvin soit trop doux. J'ai toujours été prêt à subir tous les supplices s'il était démontré que je détourne les âmes de la vraie foi chrétienne ; comment refuserais-jo pour autrui ce que j'accepte pour moi...? (8 septembre 1553)'. » De toute la Suisse, Calvin reçut des ministres protestants, des lettres de ce genre, glorifiant l'exécution de tous les hérétiques et en particulier celle de Servet. Aussi, après les avoir citées, M. Buisson a pu conclure : « Toutes les églises (protestantes) suisses s'étaient rendus solidaires du supplice de Servet'. »
De tous ces « ministres du saint Évangile » l'un des plus fanatiques fut Théodore de Bèze, le directeur de conscience, avec Calvin, des huguenots français. Un certain Martin Bellius avait prôné la tolérance envers les hérétiques, dans un traité écrit à l'occasion du supplice de Servet. Contre ce livre qu'il appelait « un blasphème », Bèze écrivit une réfutation qu'il intitula Anli-Bellius. 11 commença par réclamer du duc do Wurtemberg, auquel était dédiée la dissertation de BeIHus, une punition exemplaire pour l'auteur. Puis il fit la théorie do l'extermination de tous les hérétiques : « Ces galants, disait-il d'eux, sont bien dignes qu'en leurs personnes, on pratique le point de doctrine que je veux ici soutenir, à savoir, que les blasphémateurs et hérétiques doivent être rcpriiués et punis