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Ou ne saurait mieux faire lo départ entre la liberté qui doit présider aux recherches scientifiques et la soumission que tout chrétien doit aux enseignements de la foi. Voilà le vrai sens critique, celui qui s'exerce dans le domaine des sciences humaines qui lui est propre. Celui-là les vrais catholiques l'admettent et l'exercent et leurs adversaires sont de mauvaise foi quand ils le leur dénient. La Renaissance n'a rien fait pour propager ce libre examen de bon aloi que Bacon définissait si bien avant elle.
En même temps qu'il a l'esprit de la science, Bacon en a les méthodes. Il indique les trois manières do connaître qu'a l'htimanité : l'autorité en matière de foi, le raisonnement et l'expérience en matière scientifique. Il proclame que celte dernière est nécessaire dans les sciences pliysiqiies et naturelles et, à ce propos, il établit une juste distinction entre l'observation et l'expérimentation. « Il y a, dit-il, une expérience naturelle et imparfaite (c'est ce que nos logiciens appellent l'observation) qui n'a pas conscience de sa puissance, qui ne ss rend pas compte de ses procédés et qui peut être à l'usage des artisans et non des savants. Au-dessus d'elle, audessus de toutes les sciences spéculatives et des arts, il y a la science de faire des expériences, qui ne soient pas débiles et incomplètes'. » Cette dernière, c'est l'expérimentation scientifique.
En lisant ces paroles, ne les croirait-on pas tirées des œuvres de nos modernes logiciens, anglais ou français? Ne croirait-on pas entendre un Stuart Mill ou un Claude Bernard? et quand on pense qu'elles sortent do l'humble cellule d'un franciscain du xiii" siècle, on ne peut s'empêcher de trouver bien faible la distance qui sépare nos grands esprits de ceux du Moyen Age ; il n'y a pas entre eux la brutale solution de continuité que vou-