‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 17 sur 201 · I. ^ yus lerliurrij chap. xiu · texte numérisé non relu

I. ^ yus lerliurrij chap. xiu

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draient établir les sectaires et les primaires ignorants.

C'est surtout sur l'optique qu'ont porté, en physique, les rechercties de Bacon. Pour en déterminer les lois, il a commencé par étudier l'instrument mémo de la vue, l'cei] humain ; et nos savants modernes n'ont eu que peu de chose à ajouter ou à corriger à ce qu'il en a écrit. « Ses idées sur l'auatomie et la physiologie de l'œil, a dit Figuier '. sont en général exactes. » Il a en particulier fort bien défini le rôle et le fonctionnement du nerf optique.

Son étude sur l'œil l'amène ensuite à rechercher et à définir les règles de la réfraction et de la réflexion, c'està-dire les lois fondamentales de l'optique.

Ces lois elles-mêmes une fois établies, il a pu faire la théorie d'un certain nombre d'instruments optiques dont on lui attribue, avec la plus grande vraisemblance, l'invention. « Si un homme, dit-il, regarde des lettres ou d'autres menus objets à travers un cristal, un verre ou tout avitre objet placé au-dessus de ces lettres, et que cet objectif ait la forme d'une portion de sphère dont la convexité soit tournée vers l'œil, cet homme verra beaucoup mieux les lettres et elles lui paraîtront plus grandes ^. » C'est toute la théorie, si féconde en applications, des verres grossissants. Un autre passage de VOpus vwjiis nous donne l'explication du télescope avec une telle pncision qu'un certain nombre de savants n'ont pas hésite à en attribuer l'invention à Roger Bacon. « Il est très certain, dit Cuvier dans son Histoire des scienca nalurelies ', qu'il parle du télescope, même du télescope a réllexion... l'application qu'il Ht de cet instrument h l'observation du ciel le conduisit à demander la réforme du

1. FiGiiER. Vie des savants itluslres du ifoyen-Age, p. 19b. 5. Cilc par Pouchet. op. cit., p. 34o. 3. P. 4i6.

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calendrier ». Ailleurs enfin, il fait la théorie du microscope et des lunettes '.

Bacon ne séparait pas la physique expérimentale des mathématiques, prétendant avec raison que cas sciences doivent se prêter un mutuel concours. Aussi a-t-il appliqué le calcul à un certain nombre de recherches physiques. C'est ainsi qu'il a essayé de mesurer la vitesse de la lumière, qu'il a fait une théorie mathématique de l'arc-en-ciel après en avoir décrit la cause par la réfraction des rayons du soleil à travers les gouttes d'eau. C'est par une proposition d'Euclide qu'il réfute la doctrine de l'atoraisme.

Le génie de Bacon lui a fait même entrevoir des découvertes et des applications scientifiques qui ne devaient se produire que plus tard. Bien avant la Renaissance, il affirme la sphéricité du monde et en particulier de la terre. Dans sa foi aux progrés indéfinis de la science, il a la vision des conquêtes que la science poursuit au cours du xx" siècle, sous nos yeux. C'est ce qui fait l'originalité toute particulière de son Epistola de secretis operilms artis et naturœ ac de mUlitate magiœ où toutes les merveilles que, d'après lui, on demandait à tort à la magie, il déclare les attendre, avec une confiance inébranlable, de la science et de ses progrès continus. Quand il écrit que 1' « on verra des voitures qui pourront marcher avec une incroyable vitesse sans être tirées ni poussées par aucune force animale », ne semble-t-il pas parler des automobiles ? et n'est-ce pas de l'aviation qu'il est question dans ces phrases : « Il est possible de construire une machine pour naviguer dans l'atmosphère. Un homme, assis au milieu de celte machine, pourrait, eu tournant

t Oa a contesté à Bacon l'invention des lunettes. Certains l'at- Iribucnl à un religieux italien contemporain de Bacon, vers ia85 ; en tous cas, les lunettes étaient déjà en usage en Italie à la fin du XIII' siècle.

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un certain mécanisme, faire mouvoir des ailes construites avec soin et voler comme un oiseau. » N'est-ce pas encore les submersibles qu'il prophétise en ces mots : « Il est possible de construire une macliine au moyen de laquelle on pourrait sans aucun danger se promener au fond de la mer et dans le lit des fleuves ». Et voici maintenant les ponts suspendus : « On peut construire au-dessus des fleuves des ponts qui ne soient soutenus, d'une rive h l'autre, ni par des coloimes, ni par des piles, ni par aucune sorte d'appareil ^ »

Quel génie devait avoir ce moine ^ qui, du fond de sa cellule, prévoyait ainsi les découvertes qui devaient se faire sept siècles après lui et qui étonnent ceux-là mêmes qui en sont les témoins ! Et comment peut-on taxer de léthargie intellectuelleetd'incuriosité scientifique l'époque qui l'a produit ?

Sciences chimiques.

La chimie, a écrit Berthelot ', est une science moderne constituée depuis un siècle à peine: mais ses problèmes théoriques ont été agités et ses pratiques mises en œuvre pendant tout le Moyen Age. Dans son domaine comme dans celui des autres sciences, les hommes du Moyen Age ont été les préparateurs industrieux et ingénieux du grand mouvement qui devait réussir à constituer définitivement la science, non pas au temps de la Renaissance, mais à l'époque moderne ou plutôt de nos jours ; et dans ce champ de son activité, comme dans tous les autres, leur

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