‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 175 sur 201 · I. Institution de la religion clirétienne, viu, «8j · texte numérisé non relu

I. Institution de la religion clirétienne, viu, «8j

LA KESroNSABlMlÉ «ES GL'EUKK.S DE RELIGION 3S5

voulait faire du roi. devenu un adepte delà doctriue qu'il lui prêchait, le hras séculier du protestantisme?

Calviu prônait donc en France la tactique qui. dans ces mêmes années, réussissait si bien aux protestants d'An-leterre. d'Allemagne, des pays Scandinaves. Il voulait lancer le gouvernement royal contre l'Eglise catholique avccl'appat alléd.anl des richesses du cierge, et après avoir élevé l'absolutisme royal sur les ruines de la puissance ecclésiaslique.ramener à établir, par langueur des 'ois. ce qu'il croyait la vraie doctrine chrétienne c està-dire k protestantisme. Ce que faisaient eu Angleterre Henri VIII, en Allemagne les princes des maisons Ue Saxe, de Brandebourg et de Brunswick, en Suède et Mrvège lesWasa, Calvin le suggérait, par l'i«4(aî(hoft chrétienne, à François 1". ,„,,.,„is Cette lactique de Calvin fut suivie par les protestants. Lorsqu'ils refu.'^èrent de prendre part au concile de Trente convoqué pour la réforme de l'IIgUse, ils déclarèrent que cette réforme devait se faire, en d.hors du pape et des siens, par le roi. C'est ce qu'ils écrivaient, en lo51, à Henri II : « Le vrai office du roi est de vaquer à la connaissance des différends religieux, comme avaient fait les rois Ezéchias. Josias et autres.... Le vrai et seul remède Sire, est que vous fassiez tenir un saint et libre concile où vous présideriez et non pas le pape et les siens . » Ll lorsque, par des colloques comme celui de Poissy. ou prélats catholiques et prédicants-prolestauls argumen- Uiienl sous la présidence de la société civile, les proles- Unts faisaient de celle-ci l'arbitre des croyances, ils essayaient encore de faire proclamer par des lois civiles la destruction de l'Fslise et l'avènement du protestantisme C'est encore le but qu'ils poursuivaient lorsque, avecle chancelier de l'Hôpital, leur complice inconscent. ils essayaient de faire imposer par l'autorité politique a

I Cncsrn. Ilisloiic des nwrlyrs. vu, p. Ifii.

la France une doctrine commune chrétienne qui, provenant du pouvoir civil et non plus de l'Eglise romaine, ne pouvait être que le protestantisme. Ce fut toujours pour établir en France, comme ailleurs, une théocratie protestante, entre les mains d'un gouvernement devenu protestant, qu'ils essayèrent par la conjuration d'Amboise, de s'emparer de François II pour faire de ce roi, devenu leur prisonnier, l'instrument do leur intolérance, et qu'à plusieurs reprises, par des négociations secrètes, leurs chefs cherchèrent i persuader à Catherine de Médicis do rompre avec l'Eglise catholique et même de s'unir à eux pour fonder en France une théocratie protestante dont elle aurait eu la direction, comme le faisait Elisabeth en Angleterre.

En face des actes de rigueur dont ils étaient parfois victimes de la part des autorités royales ou locales, certains protestants prétendaient bien que le pouvoir civil n'a pas à exercer son pouvoir en matière doctrinale. C'est ce que proclamaient quatre réformés de Beaugency, en 1559. Mais Calvin et tous les chefs autorisés de la Réforme les désavouaient, les accusant d'être t d'un esprit trop pétillant, » et même, en un temps où le pouvoir les accusai t d'hérésie et les poursuivait parfois à ce titre, ils enseignaient que les princes et tous les dépositaires de l'auloritc ont le devoir de poursuivre et de faire périr par !e glaive les hérétiques ^. Le grand réformateur français, Théodore de Bèze, écrivait, en 1554, pour ses coreligionnaires que « l'hérétique est celui qui rompt la paix et le consentement de l'Eglise en ayant une fausse doctrine et en persistant à la propager. » Or l'office du magistrat étant « que la doctrine religieuse soit déclarée fidèlement et étant déclarée, observée de tous, • son devoir était de poursuivre les héritiques, et de les punir même de mort ».

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