I. THÉODO^B DE BÈZE. Hisioire, i, p. igi
a. TuÉODORB DB BÈZE. De hacreUcis a cwUi niagislratu puniendis.
lA HBSP05SABILITÉ DES GDEnRES DE nELIGIO:» 387
El, la mémo année, Calvin, de son côte, éciivail : . Quiconque soutiendra qu'on fait tort aux hérétiques et blasphémateurs, en les punissant, se rendra à son escient cou pable et complice d'un tel crime. On ne nous propose point ici l'autorité des hommes ; c'est Dieu qui parle. »
Une seule raison peut expliquer une pareille glorification de la persécution religieuse de la part de gens qui se disaient persécutés, c'est que, se croyant à la veille do s'emparer du pouvoir, ils se proposaient d'exterminer avec le glaive de la loi civile les catholiques proclamés par eux hérétiques et blasphémateurs.
Les catholiques n'ignoraient donc pas ce qui les attendait le jour où les protestants l'emporteraient en France : ils savaient que toutes les lois seraient dirigéescontre eux, qu'ils seraient mis dans l'obligation absolue d'abandonner leur foi pour la Réforme, el qu'il n'y aurait pas plus de merci pour eux que pour leurs coreligionnaires d'Angleterre, des élats luthériens d'Allemagne, des pays Scandinaves ou même de la petite principauté de Montbéliard. Dans la guerre à mort qui était déclarée à leurs croyances et à leurs personnes, ils étaient vraiment dans le cas de légitime défense.
Pendant do nombreuses années, l'Eglise de France se défendit faiblement. « Il y eut dans son sein des prélats tolérants, zélés et d'esprit ouvert : Jean du Bellay, évêque de Paris, Jean de Monluc, évéque de Valence et bien d'autres.... 11 semble bien que, dans la poursuite des béréliques,la conduite des évèques ait été assee hésitante : tout au moins les ordonnances royales le déclarent-elles i\ plusieurs reprises. Dans le préambule d'un édit de IMO, Henri II rappelle que le roi son père avait trouvé les prélats • trop lenls el retenus en chose de si grande impor- Unce. » Dans l'édit de Compiègne de 1557. il parle de la négUgence des « officiers tant ecclésiastiques que temporels.» Ln 15t8, le procureur général du Parlement de Paris constate qu« « de présent, les hérésies pullulent
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par la négligence des prélats ou de leurs vicaires qui ne fout leur devoir deeuxenquérirde la vie de leurs sujets et diocésains, et de fournir aux frais nécessaires pour l'iustruclion des procès do ceux qui sont trouvés être mai sentants de la foi catholique ^ », et en effet, nous voyons à plusieurs reprises les Parlements taxer d'olïïce certains évêques pour des procédures contre les protestants. Allant encore plus loin dans la voie de la tolérance, certains prélats témoignaient aux calvinistes un peu de cette sympathie que Briçonuet, évoque de Meaux, avait prodiguée aux premiers réformateurs; telsl'évéque de Nîmes, Jean Caracciûli, évêque de Troyes, Spifame, évéque de Nevers et le cardinal de Châtillon, évéque de Beauvais; ces deux derniers d'ailleurs devaient apostasier et passer au protestantisme.
C'est donc au pouvoir civil et aux Parlements qu'il faut attribuer la responsabilité des exécutions de protestants qui se produisirent sous François I*'' et Henri II, et des ordonnances qui furent prises contre eux par ces rois. Les rigueurs du pouvoir royal lui-même étaient intermittentes et n'empêchaient pas la Réforme de s'établir et de s'affirmer publiquement dans un grand nombre de villes; et, le plus souvent, les mesures de répression ordonnées par l'autorité civile étaient provoquées par des troubles suscités par des protestants, soit contre les catholiques, soit contre les rois.
La raison de ces troubles est facile à comprendre. Tant que François I'"' avait subi l'inlluence de leur protectrice, Marguerite de Valois, sa sœur, les protestants avaient espéré gagner le gouvernement royal à leurs doctrines et, par le bras séculier, devenu huguenot, les imposer de force à la France. Mais, dans les dernières années de son règne, soit qu'il cédât au Parlement, gardien dos traditions catholiques et gallicanes du pays, soit qu'il