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J. BoRBL. llisluire de la ré/orme à Nimet.
392 iiiSToinE PAnTiALE. nisiniRE vraie
du Capilole à Nimes; et ses partisans foulent anx pieds le Saint-Sacrement, brisent les statues, renversent les aulels; quelque temps après, il s'empare, de la même manière, de l'église et du couvent des CorJeliers. En janvier 1560, les protestants de Montauban se saisisssent de l'église de Saint-Louis; et, le 8 février 1560, ceux de Montpellier, conduits par Guillaume Mauger, prennent l'église Saint-Mathieu. A Agen, au mois d'avril de la même année, les églises de Saint-Phébade et des Jacobins sont prises et pillées par les huguenots; en août 1560, l'église de Négrepelisse est profanée et transformée en temple ; le 15 décembre, à Carcassone, les calvinistes renversent et traînent dans la boue, à travers les rues de la ville, une statue de la Sainte Vierge, « la corde au col » ; une procession expiatoire ajant été faite ;\ celte occasion par les catholiques, une émeute a lieu mettant aux prises les deux partis. Bientôt, des bandes protestantes armées parcourent tout le Languedoc, pillant sur leur passage les sanctuaires et les maisons des catholiques; le 13 juillet 1560, six cents huguenots de Montauban marchent sur Saint-Anlonin dont ils brûlent les églises. Après une violente émeute qui éclate le 19 octobre 1561, les protestants de Montpellier s'emparent de la cathédrale Saint-Pierre, de l'église Saint-Firmin, des couvents des Carmes, des Auguslins, de Sainte-Claire, de la Petite Observance, et les dévastent: le culte catholique est aboli daus toute la ville et un prêche est établi dans le palais épiscopal. Des émeutes du même genre font toraberaux mains des calvinistes les villes de Montauban, Nimes, Lunel, Gignac, Sommières, Négrepelisse, Alais, Castres, Rabasteins, Annonay, etc. et partout ils interdisent l'exercice du culte catholique ; à Castres, ils conduisent de force les religieuses clarisses aux prêches des ministres'.
I . Tous Cfs faits sont empruntés à Vllistoire du tunjiifduCj note de J. Uo.MAN, lome xii, pp. 7i-»y.
LA RESPOS?ACII.ITÉ DES GUERRES DE RELIGION .iJ3
Dans ses rapports au roi, M. de Joyeuse, lieutenant général du Languedoc, décrivait la terreur que les bandes protestantes faisaient régner dans toute la province ; le 16 septembre 1501, il signalait qu'elles s'étaient rendues maîtresses de Caslies, de Lavaur, de Rcalmout et que, partout, elles avaient supprimé le culte catholique et imposé aux populations leurs pasteurs. Le 24 octobre, il écrivait : « A Jlontpellier, deux mille hommes armés sont entrés par force dans réglise Saint- Pierre, et après l'avoir pillée, ont tué vingt-cinq à trente personnes dans ladite église et. entre autres, quelques chanoines et deux Prêcheurs qui prêchaient tous les jours, et, ayant fait cela, ils sont allés piller les couvents, jusqu'à tirer hors de la religion (clôture religieuse) les religieuses réformées.... Les soldats (huguenots) se sont mis dans la maison des principaux de la ville n'étant de leur secte et y vivent à .1- ■vélion... Tous les prêtres sont hors de la ville, les istrats se retirent. La plupart du peuple de ce pays r^i désespéré d'être contraint par la force à se réduire a vivre selon la religion nouvelle que je sais qu'il y en a qui se retirent en Espagne pour essayer si le roi d'Espagne les voudrait mettre en sa protection. » Dix jours .iprès. le 2 novembre, il écrivait encore : « Dans ladite ville de Montpellier ne se célèbre aujourd'hui aucune messe non plus qu'à Genève.... les séditieux ont ôté les clefs des villes aux cousuls et se sont faits capitaines. » Ce n'était pas seulement en Languedoc que les huguenots essayaient de détruire parla force le catholicisme ; leurs émeutes, leurs pillages, leurs profanations se répétaient de la même manière, dans toutes les provinces du royaume. Leurs bandes, conduites par les deux sires de Mauvans. ravagèrent la Provence et le Comtat, en 1.5G0 et l.JCi Antoine de Mauvans incendia la cathédrale de Senez, dont il renversa les autels et abattit les images. • Il fit encore la même chose à l'église collégiale de Barjols où il brûla les documents du chapitre, emporta toute l'areen-
terie et ornementa de l'église, tuant jusques à sept clianoines qui se voulaient opposer à ses ravages et continuant ses impiétés et ses sacrilèges il courut par tous les villages voisins des diocèses de Scnez, de Riez, de Glandèves et de Fréjus, démolissant les églises, brûlant les images, emportant les croix et les calices et fit toutes sortes d'indignités et de cruautés tant aux ecclésiastiques qu'aux catholiciues jusques à la ville de Draguignan... A l'imilalion de Mauvans, dansCastellane, beaucoup d'autres chefs Cprotestants) remuèrent dans les villes de Forçai- (juier, de Sisteron, d'Aix, d'Arles, de Marseille et de Salon *. »
L'autre sire de Mauvans alla rejoindre le sieur de Montbrun qui s'était mis à la tète des bandes protestantes du Dauphiné, et en août 1560, ils allèrent ensemble ravager les étals du pape. « Ils entrèrent dans le Cointat, allèrent investir le lieu de Malaussène es Marches du Dauphiné, non guère loin de Montbrun, qu'ils prirent par force, et outrant dans l'église, ils y renversèrent les autels, abattirent les images et y élablirenl l'exercice de leur religion selon la réformalion de Genève.... A l'imilatiou de ce ()ue ces hérétiques firent en Provence, en Dauphiné et au ('omlé de Venaissin, ceux des vallées de Luzerne, d'Angrogne, de la Pérouse, de Pragelas et autres de Piémont, contiguës au Dauphiné et à la Provence, voulurent faire de même, abattirent les temples, les autels el images, introduisirent publiquement les prêches*, a
L'année suivante (1501), les protestants mirent à sac les églises de Saint-Paul-T rois Châteaux, « brûlant les reliques de saint Restitul, évéque de celte ville, ravissant les croix, les calices, les châsses d'argent et autres ornements d'église. A Orange, les églises furent profanées, en septembre 1561 :« Ils convertirent l'église des Jacobins,
1. Boicim. Ilisluirc Je Piuivncc, t. a, p. 6a8. 1. Ihid., pp. 639-03O.
LA. RESPONSABILITÉ DES GUEItnES DE RELIGION 395
puis la grande église de Notre-Dame en des temples, pour y prêcher leurs doctrines, après avoir renversé le» autels, brûlé les crucifix et les images de la Sainte Vierge qui étaient aux coins des rues, ravi les croix, les calices, les cliftsses d'argent des corps des saints Eutrope et Florent, évèques de cette ville, bref, commis toutes sortes d'insolences envers les personnes d'église'. »
Pendant ce temps, Monlbrun, avec ses troupes de huguenots, en faisait autant à Romans. Valence et Montélimar De bonne heure, la Réforme s'était propagée en Berry, grâce à la protection que lui accordèrent les deux princesses qui gouvernèrent tour à tour ce duché, Marguerite d'Angouléme et Marguerite deValois. Cal vin lui-même avait résidé quelque temps à Bourges ^ De bonne heure aussi, les protestants s'étaient enhardis contre les catholiques. A Bourges, en 1536, Charles Bonin, sieur du Corpoy, procureur général au Grand Conseil, était poursuivi et menacé de mort par les huguenots parce que, à l'église, il avait récité tout haut la i)rière de VAve Maria, que rejetaient les protestants». L'inquisiteur Orry, étant de passage à Bourges et prêchant dans la cathédrale, fut obligé de descendre de chaire au milieu d'un tapage effroyable provoqué par les novateurs». • Longtemps contenus, malgré leur nombre de plus en plus grand, les protestantsdu Berry prirent les armes, en 1501, lorsqu'ils crurent (Mie le gouvernement de Catherine de Médicis, sous l'intliience du chancelier de riIôpiLil, se déclarait en leur faveur. Lu juin 15GI, ils mettent à sac la ville de Santerre. « Appuyés par les gens de M. de Monchy, ils