‹ Histoire partiale, histoire vraieChapitre 182 sur 201 · I. C'est ce qu'il déclara lui-même · texte numérisé non relu

I. C'est ce qu'il déclara lui-même

a. Ilisloire de France de L.ivissE, t. vi, p. i, pp. SS-Sg (par M. Uahiéjol).

LA nKSrOSSAniLITÉ DES GUEr.RGS DE RELIGION 403

1» Ces scènes de violence ne furent pas prémédilées par le duc de Guise. Il s'en montra môme fort désagréablement surpris ; car, dans lasuite de son récit.il. Manejol montre qu'elles compromettaient des négociations enga- ..ées alors par lui avec des princes protestants allemands. ° 2° Ce « massacre .fut plutôt une échauffourée qui éclata sur un malentendu, les protestants s'élant imaginé que Guise venait les attaquer et Guise croyant que ceux-ci le bravaient et assaillaient par traîtrise son escorte.

30 II n'y eut nas à Vassy un « massacre » de protestants: mais il s'-y produisit une bagarre sanglante, une échauffourée où il y eut des morts et des blessés des deux côtés Guise lui-même étant blessé par les protestants. Si les catholiques furent moins atteints que leurs adversaires c'est qu'ils étaient armés d'arquebuses, tandis que les réformés n'avaient que des pierres et des projectiles. 40 Guise se crut do bonne foi victime d'une agression protestante et il no présenta nullement les événements de Vassy comme une victoire catholique m comme un châtiment infligé par lui aux hérétiques. Ce furent ses pirtisans maladroits qui, plus tard,présentèrent auisi les faits, en les dénaturant et en faisant inconsciemment le ieu des réformés.

On voit, dès lors, ce qu'il faut penser des manuels „ laïques » lorsqu'ils déclarent que le « massacre » de Vassv déchaîna les guerres de reUgion et que ses auteurs, les catholiques, sont seuls responsables des luttes civiles qui désolèrent la Franco à la fin du xvf siècle. Ces affirmalions sont des erreurs si elles proviennent de l'ignorance, des mensonges si elles sont dictées par la mauvaise foi En réalité, l'echauffourée de Vassy ne fut qu'un incident qui tira une certaine importance do la personne du duc de Guise qui s'y trouva engagé : mais ces rixes, meltaut aux prises protestants et catholiques pour la moindre raison, étaient fréquentes alors dans 1» Francs entière.

404 HISTOinE PARTIALE, HISTOIRE VRAIE

D'ailleurs, les guerres de religion étaieut déjà commencées avant le massacre de Vassy. Tous les faits cités par nous dans ce chapitre lui sont antérieurs, comme nous l'avons fait remarquer à mainte reprise ; or ils nous ont montré des bandes ou plus exactement de vraies armées protestantes organisées, dès 1559, 1560, 15GI, c'est-à-dire un an, deux ans, trois ans auparavant, dans toutel'étendue du territoire, occupant de force les églises, saccageant les villes, promenant la dévastation dans les campagnes. Ils nous ont montré encore les catholiques s'armant pour repousser ces attaques, délendre leurs sanctuaires menacés, protéger leur culte, et des collisions éclatant en Languedoc, Guyenne, Berry, Limousin, Normandie, Orléanais, Provence, Dauphiné etc., entre les deux partis. Qu'élaicnt-ce donc que ces émeutes suscitées délibérément par les protestants, ces ri.xes et ces batailles, sinon des guerres de religion? C'est à la suite d'une erreur habilement propagée par les protestants que l'on fait dater olliciellement les guerres de religion du « massacre » de Vassy. Elles lui sont en réalité antérieures de plusieurs années, et le tableau que Ronsard et Mézeray nous ont tiacéde la France en 15C3,nous montre qu'elle était livrée, i!o|)uis déjà longtemps, aux luttes à main armée des factiuns politiques et religieuses.

Cette erreur a été voulue ; et il est facile de voir la raison qui l'a dictée On a essayé — et malheureusement réussi — à faire croire que les protestants attaqués traiheusement à Vassy n'ont fait que se défendre en prenant dos armes et que, dès lors, leurs agresseurs, les catholiques, sont responsables des guerres de religion. Or cette théorie est fausse, parce qu'elle suppose qu'à Vassy, les catholiques ont, de propos délibéré, assailli les huguenots, et nous avons démontré qu'il n'en fut rien, cette algarade ayant été le résultat d'un malentendu. Elle suppose encoi-e que les guerres de religion ont suivi l'affaire de Vassy et noua avons démontré qu'alors elles étaient déjà commencées.

LA RESPONSABIMTE DES GUERRES DE RELIOION 405

En réalité lorsque l'on veut faire peser sur le catholicisme la responsabilité des guerres de religion, on inter verlit les rôles; car ce sont les prolestants et non les catholiques qui les ont provoquées et déclarées: ce sont les catholiques et non les protestants qui se sont trouves daus le cas de légitime défense.

Certes, nous ne prétendons pas niei ou dissimuler les actes de cruauté dont les protestants ont été victimes en un temps qui n'avait pas les mêmes idées que le nôtre sur la tolérance. Nous n'ignorons pas les exécutions qui furent ordonnées, les bûchers qui furent allumés contre les huguenots par les Parlements et les juridictions royales, plutôt que par l'Eglise et ses officialités : mais uous pensons qu'U ne faut pas chercher, dans ces faits isolés la solution du problème qui nous occupe. Elle nous est plutôt fournie par la manière dont le protestantisme a compris, au xvi- siècle, sa propagande et son établissement Ouoi qu'en pensent certains protestants modernes aveu-lé's par l'esprit de parti, - tel le pasteur Viénot leurs^ancétresdu xvi' siècle n'ont pas compté pour triompher sur la seule force de la Parole et de l'Evangile. Partout ils ont voulu iemporter et supprimer le cathohctsme pnr la force d,i pouvoir ciril. Ils ont hautement proclame le devoir pour l'autorité temporelle de mettre à la dispo- «ilion de la Vérité les armes de la vin.licte publique et de Mipprimer, par la rigueur des lois, toute hérésie, toute .li.sidencerehgieuse;de là, chez eux. cette intolér.ince do-matique que nous avons décrite dans un de nos chapitres Puis, ils ont essayé de gagner les princes, les «seigneurs et les rois pour mettre leur force au service de leur secte et proscrire d'un seul trait le catholicisme, leur calcul réussit en Angleterre où Henri VIII, Edouard VI et Elisabeth proscrivirent le catholicisme par la plus terrible des persécutions et firent de l'anghcanisme, tour à tour luthérien ou calviniste, l'unique religion de l'Etat; en Allemagne où, après avoir lancé les princes

4im insToiniî PAnriALE, nisTornE vnAir

à la curée des biens ecclésiastiques, ils leur firent proscrire le catholicisme; dans les paysscandinavesoù Christian de Danemark et Gustave Wasa deSuèdeabolirenllanlique Kglise, lui substituant d'autorité le luthéranisme; eu Ecosse enfin où, avec le gouverncmeut deKnox, le calvinisme s'établit par la force.

En France, ils n'ont pas suivi d'autre tactique. Nous les avons vus s'emparer de l'esprit de certains grands personnages, tels que Marguerite d'Angoulcme, sœur de François I''^ Marguerite de Valois, sneur de Ilcni-i II; le chancelier de l'Hôpital, Jeanne d'Albret, Antoine de Bourbon, les Condé, les Coligny, et essayer par leur entremise de s'emparer du pouvoir ; et c'est ainsi que leur église devint un parti politique. Calvin eut l'espoir de yagner François I"; en 1562, Catherine de Médicis semblait incliner à la Réforme. Dans les deux cas, les protestants se crurent à la veille de réaliser leur coup de force contre les catholiques, et ils saluèrent d'avance dans François I" un nouvel Henri Vni, dans Catherine une nouvelle Elisabeth. Pour préparer leur pouvoir, comptant d'ailleurs sur la complicité des gouvernants, ils organisèrent des armées et des bandes, n'attendant pour anéantir leurs adversaires que le moment propice; ils le crurent arrivé en 15G1. et partout ils, assaillirent les catholiques, déchaînant sur le pays « ces malheurs du temps » que décrit éloqucmment Ronsard.

Devant leur agression, les catholiques se montrèrent désemparés, et aiusi s'explique l'abandon oîi les laissa (Catherine de Médicis, qui inclinait de plus en plus vers la Réforme en apparence triomphante ; ainsi s'explique aussi le terrain que perdit le catholicisme, vers 1561, et la terreur que les huguenots firent alors régner sur la France entière.

Grâce aux Guises, les catholiques se ressaisirent; surpris un moment, ils organisèrent bientôt, eux aussi, des armées, ils repoussèrent la violence par la violence el

e„ somm. .ttl.rm.n.es P»' ' "' "-"f , J, .,„,oli„>e, à ans de guerre civile.

CIIAriTRE XVII

AunHD et Dedidouh. (Cours moyen, p. 77).

Cours supérieur, p. i54. Caligny, homme de grand caraclcre. liitossELETTE (Cours élémentaire, p. 68).

Un chej protesLaïU. l'amiral de Coligny, diercUuU à -efiiire l'union (pendant les guerres de religion). (Cours moyen, p. 58.)

Le Dlus illustredes chefs réformés, l'aminil de Coligny,dem,indnit la fin de toutes ces tueries. Grand patriote, il songeait à réunir tous les Français sans distinction de religion. Calvet (Cours supérieur, p. 87).

Les catholiques (pendant tes guerres de religion) solliciteront le secours de l'Espagne et les protestants s'allieront à la reine d'Angleterre Elisabeth. Les uns et les autres s'inquiétaient peu de sauoir si la France ne périrait pas victime de leurs haines^. IIevinat (Cours élémentaire, p. 107).

L'amiral Coligny, cheJ des protestants, était un bon Français Il gémissait des malheurs de la France. Il voulait réconcilier les cathutigues et les prolfstants et les enirniner tous sous le même drapeau contre notre véritable ennemi, Philippe II, roi d'Espagne^.

I Nous démontrons à la Cn de ce chapitre qu'il n'y a aucune analogie à établir entre ces différentes alliances ; celles que corjtractèrent les protestants avec la reine d'Angleterre Elisabeth, constituaient une trahison.

3. En réalité, si en 157a, Coligny voulait la guerre contre l'Espagne, c'était pour venir en aide aux huguenots des Provinces- Unies, révoltés contre l'Espagne. Il poursuivait dans l'Espagne moins la rivale de la France que la grande puissance catholique; ce qui le prouve c'est que, lorsque l'ennemi de France était protestant, il s'alliait avec lui contre la France (traité d'Hamptoncourt entre Coligny et Elisabeth, reine d'Angleterre).

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